A PARIS
« En lisant votre Voyage de Paris à Jérusalem, monsieur, j*ai « va, avec une augmentation d*intér6t, la rencontre qne vous avez ff faite 43n père Clément à Bethléem. Je te connais beaucoup : il a été «. mon aumônier avant la révolution. J'ai été en correspondance avec
* Au reste, je ne sais pourquoi je m'attache si sérieusement à me justifier sur quelques points d'érudition : il est très-bon sans doute que je ne me sois pas trompé: mais quand cela me serait arrivé , on n'aurait encore rien à me dire : j*a! déclaré que je n'avais aucune -prétention , ni comme savant, ni même comme voyageur. Mon Itinéraire est la course rapide d'où homme qui va voir le ciel , la terre et l'eau , et qui revient à ses foyers avec quelqnes images nouvelles dans la tête, et quelques sentiments de plus dans le cœur : qu'on lise attentivement ma préface , et qu'on ne me demande pas ce que je n'ai pu ni voulu donner. Après tout« cependant, je réponds de l'exactitude des faits. J'ai peut-être commis quelques erreurs do lliéiïiOft«, mais je crois pouvoir dire que je ne suis tombé dans aucune
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« lui pendant soû séjour en Portugal, et il m'annonça son voyage à la
« Terre-Sainte. J*ai été extrêmement touchée de l'idée qu'il a été ou-
« blié dans sa patrie; mon mari et moi avons conservé pour lui toute
(c la considération que méritent ses vertus et sa piété. Nous serions en-
« chantés qu'il voulût revenir demeurer avec nous; nous lui offrons
m le même sort qu'il avait autrefois , et de plus la certitude de ne ja-
« mais nous quitter. Je croirais amener la bénédiction sur ma maison
« si je le décidais à y rentrer. Il aurait la plus parfaite liberté pour tons
« ses exercices de piété; il nous connaît, nous n'avons point changé.
<t J'aurais le bonheur d'avoir tous les jours la messe d'un saint homme.
« Je voudrais , monsieur, lui faire toutes mes propositions , mais j'i-
« gnore conmient les lui faire passer. Oserai-je vous demander si vous
« n'auriez pas conservé quelque relation dans ce pays, ou si vous
« connaîtriez quelque moyen de lui faire passer ma lettre ? Connaissant
« vos principes religieux , monsieur, j'espère que vous me pardonne-
« rez , si je suis indiscrète, en faveur du motif qui me conduit.
« J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et obéissante
« servante.
« Bblin nE Nan. »
« A Madame de Nan, en son château du Pérai, près Vans, par Château
« du Loir, département de la Sartbe. »
J'ai répondu à madame Belin de Nan , et , par une seconde lettre, elle m'a permis d'imprimer celle que je donne id. J'ai écrit aussi au père Clément à Bethléem, pour lui faire part des propositions de madame Bctin.
EnQn , j'ai eu le bonheur de recevoir sous mon toit quelquesunes des personnes qui m'ont donné si généreusement l'hospitalité pendant mon voyage, en particulier M. Devoise, consul de France à Tunis : ce fut lui qui me recueillit à mon arrivée d'Egypte. Mais j'ai de la peine à me consoler de n'avoir pas rencontré un des pères de Terre-Sainte , qui a passé à Paris , et qui m'a demandé
faute essentielle. Voici, par exemple, une inadvertance assez singulière qu'on Tent bien me faire connaitre à Tinstant s en parlant de l'épisode d'Herminie et du vieillard dans la JeriMa/tfm délivrée, je prouve que la scène doit être placée au bord du Jourdain , mais j*£goate que le poète ne le dit pas ; et cependant le poète dit formellement :
Gianse (Brmtnia) dcl bel Ciordano a' le chlare acqae.
N'ayant pas été instruit assez tdt de cette erreur, elle est restée dans cette présente édition ; mais il suffit au lecteur qu'eUe soit indiquée id.
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plusieurs fois. J'ai lieu de croire que c'était le père Munos : j'aurais tâché de le recevoir avec un cœur limpido e bianco , comme il me reçut à Jaffa , et je lui aurais demandé à mou tour :
Sed tibi qui cursum Teoti , quae Cata dedere ?
J'oubliais de dire que j'ai reçu , trop.tard pour en faire usage , des renseignements sur quelques nouveaux voyageurs en Grèce , dont les journaux ont annoncé le retour ; j'ai lu aussi, à la suite d'un ouvrage traduit de l'allemand , sur l'Espagne moderne , un excellent morceau intitulé : les Espagnols du qiMtorzième siècle. J'ai trouvé dans ce précis des choses extrêmement curieuses sur l'expédition des Catalans en Grèce , et sur le duché d'Athènes , où régnait alors un prince français de la maison de Brienne. Montaner , compagnon d'armes des héros catalans , écrivit lui-mémé l'histoire de leur conquête. Je ne connais point son ouvrage, cité souvent par l'auteur allemand : il m'aurait été très-utile pour corriger quelques erreurs , ou pour ajouter quelques faits à l'Introduction de V Itinéraire,