D'UN DISCOURS SUR L'HISTOIRE DE FRANCE, LU A L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Dans sa séance tenue le 9 février 1936, à la réception de IL le duc Matthieu de Montmorency.
Une même génération de Romains eut pour maîtres, en moins d'un quart de siècle, un Africain, un Assyrien et un Goth ' : nous allons dans un moment voir régner un Arahe >. 11 est digne de remarque que de tous ces aventuriers , candidats au despotisme, qui affluaient à Rome de tous les coins du globe , aucun ne vint de la Grèce. Cette vieille terre de Findépendance, tout enchaînée qu'elle était, se refusait à produire des tyrans : en vain les Goths firent périr ses chefsd'œuvre àOlympie, la dévastation et l'esclavage ne purent lui ravir ni son génie ni son nom. On abattait ses monuments ,
I Hacrin, Héliogabale et Maximin.
'Philippe.
et leurs ruines n'en devenaient qae plus sacrées; on disper-^ sait ces ruines , et Fon trouvait au-dessous les tombeaux des grands hommes; on brisait ces tombeaux, et il en sortait une mémoire immortelle ! Patrie commune de toutes les re* nommées ! pays qui ne manqua plus d'habitants ! car partout où naissait un étranger illustre , là naissait un enfant adoptif de la Grèce, en attendant la renaissance de ces indigènes de la liberté et de la gloire qui devaient un jour repeupler les champs de Platée et de Marathon.