V. 351. L elles V. S- — G. P. corr
Le Testament. 45
Semblablement , le roy Scotiste, 365
Qui demy face ot, ce dit on,
Vermeille comme une amatiste
Depuis le front fusq'au menton?
Le roy de Chippre, de renon;
Helas! et le bon roy d'Espaigne, 370
Duquel je ne sçay pas le nom?
Mais où est le preux Charlemaigne/
D'en plus parler je me désiste;
Ce monde n'est qu'abusion.
Il n'est qui contre mort résiste, 375
Ne qu'y treuve provision.
Encor fais une question:
Lancelot, le roy de Behaigne,
Où est il? Où est son tayon?
Mais où est le preux Charlemaigne ! 380
ENVOI Où est Clacquin, le bon Breton?
Où le conte Daulphin d'Auvergne Et le bon feu duc d'Alençon?
Mais où est le preux Charlemaigne?
BALLADE
A ce propos, en viel langage françois.
Car, — ou soit ly sains apostolles, 385
D'aubes vestuz, d'amy coeffez,
Qui ne saint fors saintes estolles.
Dont par le col prent ly mauffez,
De mal talant tout eschauffez, —
Aussi bien meurt filz que servans, 390
De ceste vie cy bouffez:
Autant en emporte ly vens.
. 381 L Claquin (mss. Clasquim, Clacquin, Clesquin).
46 Villon.
Voire, ou soit de Constantinobles
U emperieres au poin dorez.
Ou de France ly roy très nobles 395
Sur tous autres roys décorez.
Qui, pour ly grans Dieux aourez,
Bastist églises et couvens.
S'en son temps il fut honnorez.
Autant en emporte ly vens. 400
Ou soit de Vienne et de Grenobles
Ly Dauphins, ly preux, ly senez.
Ou de Dijon, Salins et Doles
Ly sires et ly filz ainsnez,
Ou autant de leurs gens privez, 405
Heraulx, trompetes, poursuivons,
— Ont Hz bien bouté soubz le nez? —
Autant en emporte ly vens.
ENVOI
Princes à mort sont destinez.
Et tous autres qui sont vivans. 410
Si sont courcez ou attinez.
Autant en emporte ly vens.
XLII Puis que papes, roys, filz de roys Et conceuz en ventres de roynes, Sont enseveliz, mors et frois, 415
En autruy mains passent leurs règnes, Moy, povre mercerot de Renés, Mourray je pas? Oy, se Dieu plaist; Mais que j'aye fait mes estrenes, Honneste mort ne me desplaist. 420
V. 395. L ? après couvens — v. 397. L adourez — Ms. Stockholm aourez — v. 402. ss. L point après senez: virgule après ou et Doles; point aprè^ ainsnez et poursuivans — v. 411. L virgule après courcez — G. P. propose attainez d'après le Ms. de Stockholm — v. 413. L virgule après filz de roy.
Le Testament. 47
XLIII Ce monde n'est perpétuel,
Quoy que pense riche pillart;
Tous sommes soubz mortel coutel.
Ce confort prent povre viellart,
Lequel d'estre plaisant raillarc 425
Ot le bruit, lorsque jeune estoit,
Qu'on tiendroit à fol et paillart,
Se, viel, à railler se mettoit.
XLIV Or luy convient il mendier,
Car à ce force le contraint. 430
Regrete huy sa mort, et hier;
Tristesse son cuer si estraint.
Que souvent — n'estoit Dieu qu'il crainct —
11 feroit ung orrible fait.
Et advient qu'en ce Dieu enfraint, 435
Et que luy mesmes se desfait
XLV Car. s'en jeunesse il fut plaisant, Ores plus riens ne dit qui plaise.
Tousjours viel cinge est desplaisant:
Moue ne faict qui ne desplaise, 440
S'il se taist, aff^n qu'il complaise.
Il est tenu pour fol recreu:
S'il parle, on luy dit qu'il se taise, Et qu'en son prunier n'a pas creu.
XLVI Aussi ces povres fameletes 445
Qui vielles sont et n'ont de quoy, Quant ilz voient ces pucelletes Emprunter elles à requoy, Hz demandent à Dieu, pourquoy Si tost nasquirent, n'a quel droit. 450
Notre Seigneur se taist tout quoy.
Car, au tancer, il le perdroit.