DE LA NAISSANCE MARIE D'ORLEANS
Jam nova progenies celo demittitur alto (Virgile, Ed. 4, v. 7).
I 0 louée Conception,
Envolée ça jus des cieulx;
Du noble lis digne syrn;
Don de Jhesus très precieulx, 215
MARIE, nom très gracieulx.
Fons de pitié, source de grâce,
La joye et confort de mes yeulx,
Qui nostre paix bastist et brasse I
V. 204. L. bourde vérité auiourd'uy m'est un. G. P. rétablit la leçon du ms. tout un. — v. 218. L. ioy confort. C. P. corr.
Poésies diverses. 107
II La paix, c'est assavoir, des riches, 220
Des povres le substantement.
Le rebours des félons et chiches.
Très nécessaire enfantement, Conceu, porté honnestement, Hors le péché originel, 225
Que dire je puis sainctement Souvrain bien de Dieu éternel!
III Nom recouvré, joye de peuple.
Confort des bons, de maulx retraicte;
Du doulx Seigneur première et seule 230
Fille, de son cler sang extraicte,
Du dextre costé Clovis traicte.
Glorieuse ymage en tous fais.
Ou hault ciel créée et pourtraicte,
Pour esjouyr et donner paix! 235
IV En l'amour et crainte de Dieu, Es nobles flans César conceue; Des petis et grans, en tout lieu, A très grande joye receue;
De l'amour D.eu traicte. lissue, 240
Pour les discordez ralier, Et aux enclos donner yssue.
Leurs lians et fers délier.
V Aucunes gens, qui bien peu sentent,
Nourriz en simplesse et confiz, 245
Contre le vouloir Dieu attentent.
Par ignorance desconfiz,
Desi-ans que f eussiez ung filz;
Mais qu'ainsi soit, ainsi m'aist Dieu,
Je croy que ce soit grans proufiz. 250
Raison: Dieu fait tout pour le mieulx.
108 Villon.
VI Du Psalmiste je prens les dictz; Ddedasti me, Domine, In t i tura tua, si diz;
Noble enfant, de bonne heure né, 255
A toute doulceur destiné, Manne du Ciel, céleste don, De tous bienfais le guerdonné, Et de noz maulx le vray pardon!
VII Euvre de Dieu, digne, louée 260 Autant que nulle créature,
De tous biens et vertus douée.
Tant d'esperit que de nature,
Que de ceulx qu'on dit d'adventure,
Plus que rubis noble, ou balais; 265
Selon de Caton l'escripture:
Patrem insequitur proies.
VIII Port asseuré, maintien rassiz, Plus que ne peut nature humaine,
Et, eussiez des ans trente six, 270
Enfance en riens ne vous demaine.
Que jour ne le die et sepmaine,
Je ne sçay qui me le deffant.
Ad ce propos ung dit ramaine:
De saige mère saige enfant. 275
IX Dont résume ce que j'ay dit:
Nova progenies cela, Car c'est du poëte le dit, Jamjam demittitur alto.
Saige Cassandre, belle Echo, 280
Digne Judith, caste Lucresse, Je vous congnois, noble Dido, A ma seule dame et maistresse.
Poésies diverses. 109
X En priant Dieu, digne pucelle,
Que vous doint longue et bonne vie; 285
Qui vous ayme, ma damoiselle,
Ja ne coure sur luy envie.
Entière dame et assouvie,
J 'espoir de vous servir ainçoys,
Certes, se Dieu plaist, que dévie 290
Vostre povre escolier FRANÇOYS.