Poche, bourse
5. Rase. Ils sont vêtus d'un drap, d'une étoffe mince et sans poil, d; sorte qu'ils n'ont plus cette pesanteur d'habit qui hs forroit à conserver l'apparence d'honneste gravité; de sorte encore que leur robe si légère est toujours prête à se lever pour danser, courir, etc. Coquillart entre ici dans une digression ; il oublie un peu les Pactes , et tout ce passage conviendroit mieux à la rubrique de l'Estat des hommes. Il paioît s'abandonner au courant de la plume . s ivant sa pensée sans s'inquiéter des transitions apparentes. Les matières beneficiales l'ont amené à parler de ces gens à la mode , légers , ignorants , intrigants , qui posseioient souvent à la fois et les bénéfices d'amours, et les bénéfices ecclésiastiques. Il s'appesantit sur ces personnages avec une sorte d'amertum.e et d'âprete bien sentie qui sembleroit indiquer qu'il s'est trouve en rivalité, et en rivalité malheureuse, avec quelques uns de ces lestes et heureux beneficiers. Maigre l'absence de transition, sa pensée se suit pourtant. De la légèreté de leur
Droits nouveaux. i 33
Dieu scet se leur robbe est legière!
S'on joue peut estre « La carrière , Petit rouen », « Le grand Tourin », « La gor^iase », » La ber^ière ' », l!z se courroucent au tabourin 2.
Telles dances ne sont plus en train A noz mignons du commun cours ^ ; Car, soit ou françoys ou latin 4, Hz ne veullent dancer que <c Amours 5 ».
esprit il passe à la légèreté de leur robe ; de là à leur danse; puis à l'une de ces danses qui , à l'aide d'un jeu de mots, le lance en pleine satire sur l'ambition , les intrigues , l'action m.alhonnête et fievreu<^e de ces précurseurs du monde moderne, de ceux-là en qui le poète nous permet de voiv les industriels, les agioteurs, les fûiseirs du XVe siècle. C'est à cette époque que l'on peut placer les débuts un peu sérieux de cette race ; et il faut voir aussi dans l'énergique àpreté du vieux poète le profond dégoût avec lequel le Moyen Age traitoit ces étrangers.
1. Il s'agit ici évidemment des premiers mots de diverses chansons dont les menestriers, seljn l'usage, jouoient lesairs, pour faire danser. « La carrière, petit rouen, etc.», c'est- à-dir2 petit cheval rouan. Tourin paroît être un nom propre.
2. lisse fâchent contre le menestrier qui leur joue de vieux airs.
j. De mamtenant.
4. Quoi qu'on puisse faire; ou, peut-être, qu'ils soient savants ou ignorants, de la marchandise, ou de l'Université.
j. Au son de la musique d'une chanson nouvelle, conv mençant par ce mot. L'allusion est facile à comprendre.
n4 COQ UILLART.
« Amours j), on ne faict tous les jours
Aux tabourins aultre pourchas :
« Amours n se sont dances de Cours»
Telles qu'il appartient au cas '.
Il en y a d'aultres ung tas
Qui ne veullent point d'une note
A dancerque « Les trois Estatz^. »
C'est leur ruze, c'est leur riotte K
Cela signifie et dénote
Que telz gorgias et danceurs
Bien souvent, pour tromper leur hoste^,
Contrefont des esîatz plusieurs.
Hz sont maistres et gouverneurs ,
Hz sont eschansons , escuyers ,
Hz sont capitaines, seigneurs :
Bien souvent ilz ne sont que archiers!
Hz sollicitent conseillers
Pour attraper les pensions,