‹ ŒuvresChapitre 31 sur 181 · On peut aussi mettre le point -virgule après pulpitre · texte numérisé non relu

On peut aussi mettre le point -virgule après pulpitre

^6 COQJJILLART.

Ma grand lanterne de liseur ', Mon livre, pour estre plus seur, Sans faillir ne sans repentir 2.

Les dames, par leur grant doulceur, A ce faire m'ont meut le cueur :

— Honneste cueur ne peult mentir.

Ça , mignons, pour vous advertir, Puis que on voit noz anciens droitz

Casser, adnuller, pervertir,

Par la confusion des loys.

Et que je apperçoys et congnoys

Que, pour trainacer le patin 5,

Il est de grans clers en françoys

Qui ne sont que asnes en latin ,

Lesquelz sont vestus de satin

Et ont or, argent et joyaulx ,

Advisé me suis au matin

et comprendre : J'ai mis, pour briller davantage , mon bonnet de docteur.

1 . Coquillart indique sans doute ici la lanterne nécessaire à celui qui, à matines par exemple, lit les leçons.

2. Ni sans me reprendre. Si, comme il nous paroît sage de le faire, nous prenons au sérieux les allusions de notre poète à la dignité canoniale, nous en conclurons que les Droits nouveaux n'ont pu être composés avant 1482, puisque c'est à cette époque seulement qu'il fut nommé chanoine. Il avoit alors, on se le rappelle, 61 ans.

3 . Que bien des gens, pour s'être trop servis de la chaussure à la mode, pour avoir trop fréquenté les compagnies légères, sont devenus de grands clercs en fait de bavardage, des ânes en fait de science.

De vous lire des droyîz nouveaulx, Droytz nouveaulx, droytz especiaulx ', Droys dont on use par exprès 2, Ce ne sont pas dro)lz feriaulx ?, Les droys de la porte Baudais 4, Nenny, non ; ce sont droytz tous frais, Droytz de maintenir bref et court 5 Par les mondains du temps qui court.

Et n'y ayt si sot, ne si lourd, Si nyaiz , ne si mal basty,

1. On appeloit droits spéciaux ceux qui, étant exorbitants du droit commun et contraires aux règles générales, ne pouvoient être exercés que dans les cas tout particuliers pour lesquels ils ont été introduits.

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