‹ ŒuvresChapitre 66 sur 181 · J'eusse dit · texte numérisé non relu

J'eusse dit

Droits NOUVEAUX. 71

Sur ces perrucques boursoufflées ', Legières , qui par bon moyen Deviennent grosses et enflées ; Mais icy , les années passées , Y vint ung docteur fort nouveau ^ Qui a ces matines traictées ^ :

Pource je m'en passe tout beau 4.

i . Notre poète fait ici sans doute allusion à cette sorte de coiffure nommée à la Passe-Fillon. Maroten parle dans son dialogue des Deux Amoureux. Les femmes qui suivoient cette mode portoient les cheveux fort bouffants sur les oreilles, et Coquillart pouvoit, sans trop d'injustice, appeler une telle coiffure grosse, enflée, boursouflée. Or? en attribue l'invention à la Passe-Fillon , femme d'un marchand de Lyon nommé Anthoine Bourcier, et à qui Louis XI, lors de son passage à Lyon, en 1476, fit de grands biens « pour son honnesteté ».

2. Coquillart semble vouloir ici parler de quelqu'un de ces prédicateurs populaires, si nombreux au XVe siècle, qui paicouroient la France en prêchant contre le luxe et le relâchement des mœurs. Il est possible qu'il ait tout particulièrement en vue la fameux cordelier Anthoine Fradin, qui vint en 1 478 du Beaujolois à Paris, « qui prèscha bien longuement, disant et publiant les vices dont les créatures estoient entachées », qui détacha tant de femmes de « leurs plaisances et voluptés », et qui fut enfin banni pour l'extrême hardiesse de son langage.

3. Galiot du Pré a corrige ce mot par matières; les premières éditions donnent matines et matinées. Le poète, ce semble, veut indiquer par jeu de mots, selon son usage, que les femmes ainsi coiffées paroissent porter des oreilles de chiennes, de masîines.

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