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MÉREAUX DES PROCUREURS

(Extrait du tome XI 11 (nouvelle série) de la Revue numismatique, 1868,

pp. 234-236.)

Dans un très intéressant ouvrage qu'il vient de publier à Paris (1868), sous le titre de Les origines de l'histoire des procureurs et désavoués depuis le v® siècle jusqu'au xv% M. Charles Bataillard, membre de la Société des antiquaires de France, parle des méreaux dont les procureurs faisaient usage au xvi* siècle, et il est fort à présumer que cet usage remontait beaucoup plus haut.

Les procureurs de Paris n'ont pas toujours été sous le patronage de Saint- Yves; lorsqu'on 1341 ils établirent une confrérie régulière , ils la placèrent sous Tinvocation de Notre- Dame, de Saint-Nicolas et de Sainte-Catherine qui étaient les protecteurs de l'Université. La fête de la confrérie avait lieu, à ce qu'il paraît, le 9 mai, jour de la translation de Saint-Nicolas. On lit en effet dans les registres du Parlement de Paris un arrêt du 7 mai 1501 portant « que les procureurs résidant à Paris doivent aller dîner es assemblées de leur confrairie accoutumée le jour de saint Nicolas en mai ; et qu'à défaut de ce faire , ceux qui auront pris des inéreaux paieront au profit de la communauté six sols, et ceux qui n'en auront point pris un sol. » Pourquoi l'arrêt de 1501 avait-il condamné à six sols les procureurs qui avaient pris des méreaux, et à un sol seulement ceux qui n'en avaient point pris? « C'est, dit M. Batail-

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tard, qu'on se munissant de ces méreaux ils avaient conlracté par là l'engagement de se trouver au pique-nique de la Saint- Nicolas, tandis que les autres ne s'étaient obligés à rien. La Cour avait donc dû faire une diiï^rence entre les confrères qui , avaient refusé de payer une cotisation promise, et ceux qui n'avaient rien promis, et faisaient seulement preuve de négligence. Le renseignement est emprunté au XIV" volume (fol.,3i2) des tables manuscrites de Lenain, contenant l'analyse d'un grand nombre d'arrèls du parlement (Archives de l'Empire, U, 30j). Il est probable que parmi les mércaux représentant saint Nicolas, il en est qui appartiennent à la confrérie des procureurs; il s'agit de les reconnaître. Dans tous les ras, les méreaus de banquet doivent être recherchés, car les procureurs n'en ont pas eu le monopole. On pourrait peut-Atre en retrouver Quelques-uns à l'aide des légendes citées par MM. J. Rouyer et E. Hucher à la p. 32 de leur //^tstot/-** du jeton au moyen âge, ou bien encore en examinant soigneasement les séries de méreaux de plomb recueillies et publiées par M. Arthur Forgeais. L'indication qui nous est fournie par M. Bataillard ne sera pas perdue.

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