‹ ŒuvresChapitre 127 sur 145 · REX FRA Hf · texte numérisé non relu

REX FRA Hf

6 à 12. IMPE RXF. 1 gr.,lfc'S20; quelquesuns, lfc'S30.

Dans ma notice de 1856, j'avais exposé quelques raisons qui me conseillaient d'attribuer une origine italienne aux deniers des collections de M. Gouaux et de M. Troyon. Maintenant la forme si caractérisée des lettres ehipreintes sur les monnaies trouvées par M. le marquis Remedi (pi. XVIII, n*** 5 à 12), me fournit un point de comparaison avec les monnaies romaines des papes du ix® siècle, et me porte de plus en plus à chercher de l'autre côté des Alpes le lieu d'émission des deniers de grand module ofl'rant des lettres munies de longs apices bifurques ou recourbés; mais cela n'engage pas en ce qui concerne les monnaies de style différent. Je signale une série rjouvelle, et bientôt peut-être elle s'accrqîtra de variétés que les numismatistes n'avaient pas eu lieu de mettre en évidence.

LE MOT AVERS

(Extrait du tome Xlll (nouvelle série) de la Revue numisjnalif/ue,

1868, pp. 396-398. )

Dans le dernier cahier de la Revue numismatique belge^ M. Renier Chalon s'élève avec vivacité contre remploi du mot avers auquel on a voulu attribuer le sens de côté, opposé au revers. Les raisons qu'il donne à Tappui de son opinion sont excellentes, et, je dirai plus, irréfutables. Elles reposent, en effet, sur Têlément philologique, le seul qu'on puisse invoquer en semblable matière. Il ne s'agit pas là, on le comprend, d'une étymologie plus ou moins obscure, et par conséquent plus ou moins discutable; mais de l'emprunt direct, volontaire, d'un mot qui, dans la langue à laquelle il appar- • tient, a une acception tout à fait opposée à celle qu'on tente de lui donner dans la nôtre.

Je me permettrai, à ce sujet, de placer ici un extrait du procès-verbal imprimé de la Société des antiquaires de France (séance du 21 août 1867) (1):

«< M. *** a employé le mot avers pour désigner là première face du médaillon, celle qu'il oppose au revers. C'est ce que les archéologues versés dans la matière nomment le droit. Quant à cette dernière expression, elle peut plaire ou déplaire à l'oreille, mais elle, est logique. Il n'en est pas de même du mot avers avec le sens que lui donnent depuis quelque temps

(1) V. p. 295 du préseut volume.

LE MOT AVERS. 385

des personnes insuffisamment lettrées. En effet, aversa pars signifie revers. C'est le seul mot qu'Eckhel ait admis p3ur exprimer le second côté, la face postérieure d'une monnaie; et en cela il avait raison, puisque c'est le seul mot que la langue latine lui fournit.

« Choisir pour exprimer le droit, le mot latin qui signifie le revers, c'est assurément un procédé grammatical bien étrange; cela dénote un mépris par trop grand du lexique ; c'est comme

si l'on donnait à l'encre le nom à! album Depuis quelque

temps aussi, on peut remarquer dans la presse périodique l'emploi du mot compendieux avec le sens de complet y développé, bien que ce mot n'ait jamais signifié qu'abrégé^ sommaire. Le contre-sens est manifeste, et quoiqu'il soit à supposer que l'observation faite ici produira peu d'effet, il semble cependant que la Société ne puisse laisser passer sans protestation des usages qui sont si en désaccord avec la plus élémentaire connaissance de l'antiquité. »

Les anciens numismalistes, Jobert, Beauvais, Gfiesquière, DeBast, n'ont pas connu le moi avers^ et s'en sont bien passés. Miliin, dans son Introduction à Cétiide des médailles (1796), le marquis de Pina, dans ses Leçons élémentaires de mimisma^ tique romaine (1823), Gérard Jacob, dans son Traité élémentaire de numismatique ancienne (1825), n'en ont pas fait usage. En 1830, M. Hennin {Manuel de numismatique ancienne, p. 155) nous apprenait que « dans ces derniers temps, quel(|ues personnes » (qu'il ne nomiïfc pas) avaient voulu substituer avers au mot tête, inexact et tombé en désuétude ; il lui a paru devoir être adopté, quoique de l'aveu même de cet écrivain, avers et revers aient la même signification.

Un an plus tard, M. de Renesse employait le mot avers pour son Histoire numismatique de tévêché de Liège, Mais Lelewel ne l'a pas adopté, mais Letronne, notre illustre érudit, trouvait que l'usage de ce mot dans l'acception qu'on voulait lui donner constituait un non-sens.

Comme on vient de le voir, le mot avers se présente à nous sous le patronage assez timide, assez hésitant de M. Hennin,

LE MOT AVERS

homme instruit, mais non pas érudit, écrivant d'ailleurs à une époque où la philologie était peu cultivée. Nous repoussons donc, comme le fait M. Chalon, une expression dont notre lexique n'a aucunement besoin.

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