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CATALOGUE DES MONNAIES DU COMTÉ D'ARTOIS

constance et d'ardeur. M. Dcwismes, à son loui% propose quelques attributions qui devront être examinées par ceux qui possèdent aussi des séries de monnaies du même pays. J'avoue que je suis un peu effrayé de le voir classer à Guillaume Cliton, qui mourut en li28, un petit oenier d'argent que j'aurais cru beaucoup plus moderne. Mais peut-être Fauteur a-t-il proposé cette classification afm de pouvoir nous donnei* une histoire du comte de Flandre, qui est plutôt un morceau littéraire qu'un chapitre d'archéologie. Il a pris comme point de com* paraison le tombeau de Guillaume, qu'on ne connaît plus que par des dessins. Si celui dont M. Dewismes a fait usa'ge est exact, comme il l'assure, si l'inscription qui entoure la tombe est fidèlement copiée, on peut affirmer que le monument n'a* vait pas été exécuté en 1128; mais que c'était, aussi bien que tant de tombes royales de l'abbaye de Saint-Denis, et que les tombes des ducs de Normandie Richard et Guillaume, une restitution honorifique faite longtemps après la mort de celui à la mémoire de qui elle est consacrée. Il n'y a donc pas lieu de se préoccuper des armes que porte le bouclier représenté sur le tombeau de Guillaume Cliton.

La série des petits deniers de Saint-Omer, pièces comtales, abbatiales et communales, est particulièrement riche et intéressante; c'est une création de notre temps. Quand on se ropotrte à 1834, époque à laquelle Hermand publiait sa monographie audomaroise, on voit tout ce que nous devons au zèle de nos contemporains. Les belles acquisitions que M. Dewismes a faites pour sa collection contribuent à faciliter l'étude de cette numismatique spéciale si digne d'attention.

Sous les n"' S4, S5, 36 des planches, se trouvent des petits deniers au type des deux crosses. Hermand, qui en 1843 n'avait à sa disposition qu'une des variétés, reconnut avec beaucoup d'intelligence que les deux crosses représentent là, comme ie parisis de Philippe-Auguste, le chapitre de Saint-Omer et l'abbaye de Saint-Bertin. Son ingénieuse conjecture se trouve justifiée par la découverte de la monnaie n° 54 qui porte les noms AVDOMARVS-BERTINVS. Quant au n' 57, que Lelewel

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avait d'abord classé à Tournay, il n'y a réellement aucune nécessité de le reporter à Saint-Omer. Par son style, il diffère complètement des monnaies de cette ville, à laquelle on ne peut pas attribuer toutes les doubles crossses, car il en existe sur des deniers incontestablement frappées à Noyon, à Meaux, à Constance, à Mayence. Il est essentiel de subordonner les rapprochements aux circonstances qui permettent d'établir des distinctions.

Parmi les plus curieuses monnaies de la collection, il faut citer celles de Saint-Venant, que Tauteur a si judicieusement expliquées, et celles de Fauquembergue, qui donneront encore lieu à diverses observations. Il est bien difficile de reconnaître, comme le propose M. Dewismes, le nom d'Adeline de Guines (1252) dans la légende AL CAST' SCI-AVD, qui semble mieux convenir à Aliénor, châtelaine de Saint-Omer et dame de Fauquembergue. M. Dewismes ne nous a pas fourni d'explications au sujet de cette légende, qui pourrait être interprétée comme il le fait, s'il nous montrait dans quelque charte ou écrit du temps le nom d^Âdeline sous la forme Alina, de même que nous trouvons Aliénor sous la forme Anor. Ce sont là les renseignements que nous devons réclamer d'un numismatiste soigneux. Le type du denier gravé sous le n® 92 convient aussi bien à Aliénor qu'à Adeline, puisque c'est celui des comtes de Ponthieu Jean et Edouard (12S1-1290). De plus, on voit par les chartes qu'en 1290 Éléonore s'intitulait châtelaine de Saint-Omer sans titre de comtesse (1).

M. Dewismes a formé une belle suite de monncùes des rois d'Espagne Philippe II et Philippe IV et des rois de France Louis XIII et Louis XIV, toutes portant le ra/, marque parlante de l'atelier d'Arras. Il y a là beaucoup de pièces qui avaient échappé aux recherches d'Hermand; mais pour celles qui présentent les noms des rois de France, nous avions déjà les descriptions publiées par M. Bessy-Journet dans sa Monographie de Louis XIV ^ et les articles insérés dans cette Revue

(1) Hermand, Uhi, monétaire de VAHoiSy p. 423.

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