‹ ŒuvresChapitre 25 sur 145 · COMTE DE VERTUS EN CHAMPAGNE. H · texte numérisé non relu

COMTE DE VERTUS EN CHAMPAGNE. H

râleur, que ses devoirs reliennent à Milan, a eu la bonté de nous envoyer une collection d'empreintes que MM. Taverna, Carlo Morbio et R. Biondelli, directeur du Musée de Brera, lui ont permis de prendre h notre intenlion.

12. Guivrc. COMES VIRTVTVM.D.MEDIOLANIZ.C. Croix fleuronnéo dans un entourage formé de quatre cintres, à l'extérieur duquel sont quatre petits anncle^s.

Revers, S.ZENO.D.VEROD A. Saint Zenon mitre, assis de f?rce dans une chaire décorée de tètes de lion, bénissant de la main droite et tenant une crosse de la main gauche. — Argent, Cabinet de M. le comte Charles Taverna. (PI. V, n" 12.)

13. Autre. Au commencement de la légende la guivre est remplacée par une petite croix. — Musée royal de Brera. Litia, t^amùjlie celebn ital'an'*, fasc. IX, tav. XIX, n** 61. (PI. V,

14. + COMES VIRTVTVM D.MLI VODE Z.C. Croix fleurie. Revers. S.ZEHO DE VEROnA. Saint Zenon à mi-corps, bé-

issant delà main droite et tenant une crosse de la main gaulie. — Argent bas. Musée royal de Brera. (PI. V, u° 14.)

13. + GALEAZ COMES VIRTVTVM. Croix anglée de quatre aurons en forme de trèfles.

Revers, + DOMINVS MEDIOLANI VERONE. Guivre entre les •lettres GZ. — Billon, Dionisi dans le Recueil de Zanetlî, t. IV, î:^v. V, n«37. (PI. V, nM3.)

16. + GALEAZ COMES VIRTVTVM. Croix cantonnée de miatre groupes de trois besants.

Revers. D.MEDIOLANI. VERODE.Z. C. Guivre entre les lettres l — Argent. Musée royal de Brera. (PI. V, n° 16.)

17. Mêmes légendes. La croix est cantonnée de quatre èfles, dont chaque pétale est divisée en deux. — Billon, ibliothequc impériale. (PI. V, n° 17.)

18. Autre. Mêmes légendes. Croix anglée de quatre points. Musée royal de Brera. (PI. V, n' 18.)

19. Autre. Mêmes légendes. Aucune marque dans les cantons delà croix. — Argent, (PI. Y, n** 19.)

20. + COMES VIRTVTVM.Groix lleuric cantonnée de quaire points.

Revers, +D. MLI. VERONE Z C. Dans le champ, GZ surmontés du signe d'abréviation. — Billon. (PI. V, n» 20 (1).)

21 . Mêmes légendes. La croix est anglée de quatre points. — Billon, Dionisi, dans le recueil de Zanetti, t. IV, tav. V, n* 4i.

22. Mêmes légendes; pas de points entre les bras de lacroix. — Bibliothèque impériale. (PL Y, n"* 21.)

Le chanoine Jean-Jacquos Dionisi, auteur d'un grand mémoire sur la monnaie de Vérone inséré par Zanetti dans le tome IV de saNnova raccolta (1TO6), pense qu'aucune monnaie çiu nom du comte de Vertus n'a été frappée à Vérone avant 1393. Le savant ecclésiastique n'appuie cette opinion d'aucune preuve, il reconnaît que Jean Galéaz possédait Vérone depuis 1387 ; mais il lui semble qu'on a dû attendre les grandes fêtes qui furent célébrées lorsque l'époux d'Isabelle de France, fui, par l'empereur Wenceslas et la diète germanique, reconnu comme fils de Tempire et duc de Milan.

Rien n'est moins vraisemblable assurément, et personne n'admettra que Jean Galéaz se fût contenté du titre de Dominus Mediolani, lorsqu'il était en possession de celui de duc qu'il avait si fort ambitionné, si bien payé, et dont il ne manque pas de se parer dans ses chartes.

Au temps de Dionisi, on ne connaissait pas les ^ros (PI. V, n®' 12 et 13) du comte de Vertus, représenlaut saint Zenon assis, el qui sont imités des Ambrogiani. Le grand module de ces pièces ne permet pas de supposer qu'on eût réduil le titi'e dux à la seule lettre D ; elles auront été frappées aussitôt que Jean Galéaz se fut rendu maître de Vérone : car il devait avoir hâte de constater ses droits sur une ville qu'il avait réclamée au nom de sa femme Catherine, fille de Regina délia Scala, suivant lui seule héritière légitime des Scaligeri.

(1) Le graveur a oublié les quatre points placés entre les branches de la croix.

COMTE DE VEHTLS EN GIIAiMPAGNE. iio

23. G Z dans le champ; autour, D.*ILI. PADVE. ZC Revers. + COMES VIRTVTVM, croix fleuroiinuc. — Billon. Collection Morbio. (PI. V, n"* 22.)

En 1388, le comte de Vertus s'étant ligué avec les Gonzague, le marquis d'Esté et la république de Venise, parvînt à s'emparer de Padoue et de Vicence qui appartenaient à Fran- <^ois Carrara.

Les anciens auteurs n'ont pas connu Vimpériale que nous décrivons ici. II est à croire que Ton retrouvera le gros d'argent, semblable à Vamùrogianoy avec la figure assise de saint Prosdocime.

Il est probable aussi qu'on découvrira quelque jour le gros

du comte de Vertus, frappé à Pavie avec la ligure de saint

^^yre, et tout semblable à ceux quc^Galéaz II, son père, a fait

:ff'abriquer dans cette ville. Nous savons par une ordonnance du

lâO novembre 1400 que cette monnaie a existé (1).

En 1392, François Carrara II fut remis en possession de *adoue en s'obligeant à payer 300,000 florins d'or au comte ■e Vertus.

24. + lOhANES GALEAZ COMES VIRTVTV Z\ Tête nue de eau Galéaz tournée à droite.

Revers. DVX MEDIOLANI. Z. C Le duc à cheval tenant une 5^pée, la tête couverte de son heaume avec vol et cimier, une Stagne pendue à la ceinture. La housse du cheval est ornée de 5ruivres. — Testoîi d'argent. Bibliothèque impériale, cabinet u comte Taverna. (PL V, n° 23.)

La figure très grossièrement gravée, qui se trouve dans le «cueil d'Argelati, avait été exécutée pour le supplément de ^luratori d'après une monnaie d'argent du musée Aliprandi.

,1] Arjîi'luU, t. m. l». OU.

116' MONiNAIES DE JEAN GALÉAZ.

Elle avait échappé aux premières recherches du savant archéologue modenais, ce qui montre sa rareté.

Les têtes de profil ou de face qui se voient sur la monnaie des rois d'Espagne et d^Angleterre aux xiv' et xv*^ siècles, ne sont pas des portraits à proprement parler ; ce sont des effigies royales sans individualité. On n'en doit pas dire autant du type des augustales de Frédéric et do Charles I, des sous couronnais de Charles II et de Robert frappés pour les souverains de la Sicile pendant les xm® et xiv® siècles. Ces monnaies nous ont certaineiTîent conservé des porlraits ressemblants, mais, dans Tltalie septentrionale, Jean Galéaz se trpuve, à la fin du xiv'' siècle, le seul prince dont le portrait soit empreint sur la monnaie. Ses deux successeurs immédiats ne firent pas fabriquer de testons ; et nous ne voyons reparaître les têtos sur la monnaie de Milan qu'après 1450, sous François Sforza. Avant la moil de celui-ci, le jeune Louis d'Orléans était devenu seigneur d'Asti (146oj ; il fit fabriquer des testons dont il importa l'usage en France lorsqu'il fut Louis douzième du nom. C'est donc au comte de Vertus que nous devons cette numnaie, qui jouit d'une si grande faveur pendant tout le xvi'' siècle. On doit remarquer toutefois que, parmi les monnaies françaises,, les copies les plus approchées des testons de Milan sont les belles pièces d'or et d'argent de Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, frappées après 1488 (1).

(1) Duby, TrcUtè, pi. XLllt, ii»» 7 et 8. — MautQllier, J/on«rtics de Dombes, pi. m, u»\

DIVERSES MONNAIES BARONALES

(Extrait du tome IV (nouvelle série) di; la Revue 7iumismaiique,

1859, pp. 453-463.)

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