PL. VI
Quelques numismatistes nous assurent qu'il est maintenant difficile d'écrire sur les monnaies françaises. Le lecteur, suivant eux, deviendrait exigeant, n*acceplerait plus que des mémoires destinés à rpxposé d'une i3ée fondamentale ou à la critique de quelque grand principe.
Un de nos correspondants, antiquaire très distingué, à qui le zèle ne fait certes pas défaut, nous écrivait dernièrement avec une sorte de désespoir : « La numismatique du moyen âge a fait son temps. »
Nous demandons la permission de combattre cette doctrine excessive. A coup sur, et nous l'avons déjà reconnu plusieurs fois, la multiplicité des écrits, le grand nombre des monnaies publiées exigent de la part des numismatistes de la seconde moitié du xix° siècle, une attention dont leurs prédécesseurs étaient en partie dispensés. Mais là se borne la difficulté, le lecteur sait que bien des questions ont besoin d'être reprises au fur et à mesure des nouvelles trouvailles de monnaies, que ces questions ne peuvent être encore délTmitivement traitées, et que chaque pièce nouvelle publiée a sa valeur pour la classification générale.
Les monnaies inédites se comptent encore par centaines et il s'agit avant tout de les faire connaître.
Pour donner le bon exemple, nous allons publier la figure et la description de quelques pièces dont nous possédoas les dessins; nous le ferons sans essayer de prouver quoi que ce soit, et simplement en vue de faciliter les études de nos confrères.
Saint-Médard près Soissoxs.
Légende composée de lettres liées.
Dans le champ, un O carré attaché à deux croisetles, el accosté de deux Si quatre points.
Revers. Légende composée de lettres liées ; croix cantonnée de deux S et de deux points. — Billon, (PI. VI, n** 2.)
Nous n'avons pas encore le secret des légendes composées de lettres liées qui se remarquent sur les monnaies do Soissons, ayant pour type soit un temple, soit une lance. La pièce que nous publions ici porte un type résultant d'une imitation du nom d'Eudes combinée avec deux S exprimant» le nom de Saint- Sébastien. Elle offre, quant au style et ù la fabrique, des rapports bien marqués avec le beau denier aux légendes : CAPVT SCI MEDARDI. — SIGNVM SEBSTN {Sebastiafii) que j'ai publié en 1848 dans les Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie (1), d'après l'exemplaire appartenant au prince Théophile Gagarine. r4ette curieuse pièce a été contrefaite quelques années plus tard, et les exemplaires de la récente fabrication, variés avec gi-and soin, ont été ré-
pandus un peu partout. -Mais, ni par le métal, ni par le relief, ces pièces ne ressemblent au denier du prince Gagarine.
Le type et le nom d'Eudes s'étaient conservés sur la monnaie de àSoissons. C'est ce que nous prouve le denier dont voici la description :
+ 0D0 AIIIAI REX (Odo gralia di rex), légende rétrograde; au centre, deux O carrés et deux O ronds.
(i) W 280 du t. IV des Œuvres de A. de Longj>érier.