A LÉGENDE FRANÇAISE. HP
Etevîn, au contraire, est une lecture subtile, ingénieuse, forcée même, que Tartisto, s'il avait voulu la provoquer, aurait certainement aidée par uYi point ou par un signe abréviatif. Je né m'arrête pas à Tabsence de S dans Etevtn, qu'on peut trouver singulière, mais qui no foui-nit pas une raison dirimante. — Cette division n'est pas nécessaire : en effet, la légende s'explique très bien en supposant que Metevin est le nom de l'orfèvre : Acest orfeivre Metevin est. Metevin n'est pas un nom très ordinaire ; mais îl a une forme parfaitement acceptable, soit en langue vulgaire, soit en latin : Atetewinus^ Medeunnus^ Metwintis ou Medvnnus^ comme Ehrowinns, Baldevidus, Bictviîius. etc. ; et je suis convaincu qu'en cherchant un peu on trouverait des Metevin dans les anciens textes, ou parmi les noms actuellement existants. Dans tous les cas je puis signaler le nom de Metereau, Meterellus, connu au xvn* siècle, et ceux de Methelin^ Metmany Metzinger^ qui se rapprochent beaucoup du nôtre. Ajouterai-je, avec un de nos confrères, que les figures gravées dans le champ du sceau offrent peut-être une sorte de rébus destiné à représenter aux yeux le nom de l'orfèvre? Entre David et le personnage frappant avec un marteau sur une enclume, la séparation, la limite, la mète pour employer le langage du moyen âge, est formée par un arbuste qu'on peut prendre pour une vigne, ce qui donnerait Metevin, — Quant k ce que dit M. de Longpérier de la difficulté qu'il y aurait à admettre l'existence d'un nom de famille sur un sceau du commencement du xm® siècle, je répondrai que le nom de baptême seul, sans indication d'origine, n'aurait indiqué qu'un personnage très vague. »
M. deLongpérier réplique en ces termes :
« Je suis heureux de ce que notre savant confrère, M. Bourquelot, se soit occupé de la légende du sceau de M. Barabé . Avant de proposer la division de Metevin ^n M. JS^^um, j'avais cherché soigneusement si le nom Metetoimts ou Medwinus n'existait pas dans notre histoire ; mais je me défiais encore de ma science. Je puis dire que si un savant aussi profondément
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versé dans la connaissance des textes que Test notre confrère n'a pas réussi à trouver ces noms, cela nous autorise à penser qu'ils n'existent pas.
« Un sceau aussi important que l'est celui de M. Barabé n'a pas été gravé sans motifs ; il a dû servir à sceller des pièces d'une certaine valeur. Il émanait donc bien certainement d'un maître orfèvre, et je ne puis croire que celui qui possédait ce titre eût négligé de s'en parer, surtout lorsqu'il s'agissait d'actes authentiques.
c< Quant à la suppression de la lettre S, que mon confrère me permette de lui rappeler une petite charte écrite en 12S2,daiis la Brie, notre pays commun.
Mathieus, sires de Montmirail et de Oisy, à tous çaux qui sont et qui seront salut : sachent tuit que je hée établi une Meson Dieu pour hesber- ^ier les povres à la Ferté Gauchier de lez le Moutier Seint Romain ; et vueil et octroie qu'elé soit franche de toutes choses et de tous servages dessus les liens qui sont ci-desous nommé. C'est à savoir dès la Maison le Roy duques au pignon devant dou Moutier Seint Romain, etc. Et en celé Meson Dieu seront scis persones au service des povres, qui tenront la rigle de la Meson Dieu de Nostre Dame de Paris. Les queux persones éliront Mettre d*aus mesmes, se cil de la Meson se pueront accorder de persone convenable. Et s'il ne puevent, il éliront de fors tel qui tiengne la rigle devant dite ; et soit rendus de celé Moison, et le présenteront à TEvesque de Miaus. Et se il avenoit que TEvesque le refusast par defaute qui fust au Meitre devant dit, il auroient encore la seconde élection de Meitre et seroit représentez à TEvesque, si com il est dit devant. Et se li Evesques refusoit le secont Meitre pour la défaute dou Meitre, des lors en avant TEvesque pouroit pourvoir la Meson devant dite à celefois de Meitre convenable. Et se cil Meitres défailloit de la maitrise ou par mort ou par autre cause, des lors les persones de la Meson éliront Maitre en la manière devant dite. Ou témoignage de la quelle chose j'ai ces lettres confermées de mon scel. Ce fut fait en l'an de rincamaUon Nostre Seigneur MCCLII, ou mois de Juing, le mercredi après la Nativité Seint Jehan.
« J'ajouterai, en terminant, qu'au xm* siècle, on se faisait connaître par sa profession et non par un nom de famille ; et que Maître Etevin l'orfeivre ne serait pas un personnage plus vague que mètre Gile le MasoUj dont le nom se lit sur la matrice de sceau que je viens de faire passer sous les yeux de mes confrères. »