MONETA : QVE : FIT : MNGLASJE : O
+ : DE VOLVNTE . DNI EIVSDEM : Ol :
Les incorrections qui se font remarquer dans les légrcndes de cette dernière monnaie s'expliquent très facilement.
Si un prince aussi considérable que le fut Saroukhan, qui a laissé son nom à la ville de Magnésie (1), a pris la peine de faire composer par quelque Européen une légende latine, il n'en devait pas être de même chez des contrefacteurs de bas étage, forcés de se contenter d'une apparence d'inscription. En examinant le lis d'argent qui appartient à M. Henri Morin, on reconnaîtra que le revers conserve encore assez bien la trace de la légende originale; on peut s'en assui*er en plaçant la série de caractères empreinte sur ce revers en regard de la légende adoptée par Robert :
hONOR. R€GIS. IVDICIV. DILIGIT 1010 BCOBS IIDICBi DICRII
C'est bien ainsi qu'on peut se représenter le résultat obtenu par quelque copiste grec, ai'abe ou turc.
La précieuse monnaie frappée par l'abbé de Saint-Honorat de Lérins est très certainement aussi une imitation, et elle a été frappée au Sabourg, c'est-à-dire en territoire italien. Les actes cités par Duby le prouvent assez clairement.
Alberico II Cybo-Malaspina, duc de Massa, 'contrefaisait le Juigino de Guillaume Henri, prince d'Orange, qui était une imitation de celui de mademoiselle de Montpensier.
Le duc de Massa avait placé dans son écu l'aigle de l'empire au-dessus de ses armoiries, accompagné de deux branches d*épine [mala spina) et d'un ruban sur lequel est écrit LIBERTAS (1662-1667) (2).
(1) Cette ville porte encore aujourd'hui le nom de Saroukhan. Voy. VAnnitaire impérial de l empire ottoman pour 4 847 y publié par M. Bianchi dans le Journal asiatique, IV» série, t. XI, p. il, et la noie.
(2) Viaui, Memorie délia famiglia Ct/lto. 1808, pi. XIF, n"» 2 à 6.
Dr.GRITES PAU M. CARPENTIN. J51
Jean André III Dorïa-Landi cônlrefil, en 166S, Ip hiif/ino de Massa, en plaçant, de mémo qu'avait fait Alberico, l'aigle de l'ompire au-dessus de ses armes, avec un ruban portant la devise DIO LAYDATO. Mais comme les branches d'épine n'avaient pas de sens pour lui , il les remplaça par deux palmes ( t ). L'alibé de Ejérîns, à son tour, a contrefait, en 1667, le luigino de Jean André, son voisin. La crosse et les deux palmes imitent très bien l'aigle éployé ; la mitre remplace le petit écusson central, et les fanons étendus horizontalement tiennent lieu de ruban à devise. '
Par arrêt du conseil d'État en date du 1" juillet 1686, il fut enjoint à l'abbé de Lérins d'avoir à cesser la fabrication de ses monnaies. Peut-être ne s'agissalt-il que de l'abolition d'un droit usurpé et négligé ; peut-être aussi les abbés rontinuaientils à faire usage de coins à la date de 1667, afin de fournir encore aux marchés du Levant ces luigini qui, vingt ans auparavant, avaient joui d'une si grande faveur et donné naissance à tant do contrefaçons.
(fj Ag. OliTieri. Mtmufe ilei prini-ipi Poriit. 1839, tav, III el IV.
DENIER D'ÉBERHARD