‹ ŒuvresChapitre 48 sur 145 · MONiNAlES Dl XIK SIÈCLE · texte numérisé non relu

MONiNAlES Dl XIK SIÈCLE

Le secood, malheureusement très fragmenté, offre encore

GVIS C...; au revers, XOL I. C'est une pièce que j'ai décrite

il y a vingt ans, d'après l'exemplaire conservé dans la collection de fou M. C. J. Dassy, et j'en ai fourni une mauvaise explication. En 1840, M. Cartier n'avait pas encore publié le denier de Raoul qu'il possédait, et qui aurait pu me servir de point de comparaison ; d'ailleurs les pièces données à l'Eudes de 4164-H67, doivent être restituées à Eudes III (vers 1180). La remarque de M. de la Saussaye sur la ressemblance de ces monnaies avec celles de Richard subsiste dans toute sa force. {Revue numism., 1839, p. 133.)

M. Poey d'Avant a reproduit sans obser^^ations mon attribution erronée; il est vrai qu'il n'a pu voir la monnaie originale; mais je pense que la description même suffit pour comprendre la correction que je propose. Ne trouvant dans les listes des seigneurs d'Issoudun aucun personnage du nom de Gui, j'ai supposé que GVIS était un abrégé de GuillelmuSj el j'ai classé le denier à Guillaume I" (1212). Je ne connaissais pas alors le beau denier à la légende GVILERMVS— EXOLDVNI que M. Poey d'Avant a publié en 18S3, et qui appartient bien à ce seigneur; mais depuis, en lisant la savante Histoire du Berry de M. Rainai, j'ai trouvé (t. Il, p. 48) le renseignement qui m'était nécessaire.

Eudes II, seigneur d'Issoudun, mourut en 1167, ne laissant qu'un fils nommé Eudes comme lui. Mahaût de Bourgogne, sa veuve, se remaria d'abord à Gui I, comte de Nevers et d'Auxerre, puis en 1173, à Pierre de Flandre, qui mourut en H76; en 1178, pendant qu'Henri II, roi d'Angleterre, était à Chàteauroux, on vint lui proposer d* être tuteur du jeune Eudes. Celui-ci avait donc été mineur pendant tout le temps qui s'était écoulé entre la mort de son père et celle de Gui de Nevers, second mari de sa mère (1167-1175), et nous savons-assez maintenant que les tuteurs plaçaient leur nom sur la monnaie des enfants dont ils avaient la garde, pour ne pas hésiter à considérer la légende GVi COMES comme appartenant à Gui I de Nevers. De cette façon, le titre cornes, auquel les seigneurs

MONNAIES DU XH" SIKCI.K. 1S3

■l'IsBoudun n'avaient aucun droit, s'explique parfaitement; le denier prend sa véritable place dans la série des monnaies rangée d'après la forme du nom de lieu, altérée pendant un siècle

XOLIDVN (Geolîroi, 1092. — Raoul II, H27. — Gui de

Nevers, 1168).

EXOLDVNI (Eudes III, vers 1180. — Richard, vers HflS. —

Guillaume I". 1212).

Quant à la forme Guix pour Gui, elle tient ii ce que dans la

^*~.^j:Mjmaire de ces temps la seconde déclinaison étail prise pour

•'l^:»^ des noms mnsenlins, et que, de même qu'on formait les

^f^^MTK-^ inatifs Henris, Richars, Pierre», Phelippes, Ponces, Hay-

**ï^^^ ■t-îb, -de Henriciis, Ricarrfws, Pe(;(«. RoberfMs, Philip/w«,

"c^'^rm. ^vs, Amalric»5. on croyait devoir écrire Guis, .^lixan-

^^^^ ^^ , Lions, etc., bien que ces noms dérivassent de Guîdo,

■A^''^^ ^^idander et Léo. Dans les historiens des Croisades, Gui de

^^^ ^*> 5 gnan est appelé li rois Guis {Recueil des hist. des Croi-

soc^^iKS-^. Hist. occid., t. II, p. 128, 188, 189). Nous avons déjà

"''*^^*"*^~«3é cette question à propos de la monnaie frappée par un

*"*■ ^-K^'^ tuteur, Henri de Sully, pendant la minorité d'Amicie de

*^'**-»-*r-lcnay. (i(emem/mism., 1839, p. 268.) (1)

-. ^-— ^E*s 17 deniers de Nevers portent tous le même type. Au

**'^*=*î- -^L, + COMESGVIDONI; un croissant, un R et une étoile,

^^**»-i8 défigurés du mot REX. Au revers, + NIVERNIS CIVIT

™'**'^«=* wr d'une croi.t simple. Poids, 1«',02. 1 pr., Ot'.gS. «"'.92.

*-"Orsque M. de Soultrait a publié son intéressant Essai sur *^'*imismalique nive.maise. la monnaie de Gui lui manquait;

Voirp. 100 du présent Tolume.

tSl MONNArES Dl Sri' SlivCI.F.

il n'en a pas moins tr^s juslemcnt adopté l'opinion de M. de Barthélémy qui avait classé à Gui II de Forez le denier qui offre les légendes GVIDO COMES-NIVERNIS CIVIT {Hevue mimism., 1849, p. 416}. Aujourd'hui nous avons sous les yeux des monuments qui ne laisseront aucun doute dans l'esprit des antiquaires, et la série des monnaies de Nevers se trouve ainsi complétée.

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