BESANCON ET RIGA
(Extrait du tome VII (nouvelle série) de la Revue numwnatique^ 1862,
pp. 172-174.)
Dans la Description des monnaies seigneuriales françaises composant sa collection y M. Poey d'Avant donne, sous le n» 1487,' la description suivante: h€niC:ARChl€PI; buste mitre de face. Revers : + MOn€TA:BiSONTI€; croix archiépiscopale cantonnée d'un lis. -^ Denier de bilion, 18 gr., pi. XX, n** 7, et il ajoute :
« Je place cette pièce à la fin du monnayage des évêques de Besançon, parce que, par sa fabrique, elle me paraît descendre jusqu'au xiv* siècle. Du reste , cette monnaie offre un problème que, malgré tous mes efforts et mes recherches, je suis forcé de laisser insoluble. Aucun archevêque de Besançon ne porte le nom d'Henri ou tout autre nom auquel la légende puisse être applicable. On en est venu, non pas à révoquer en rfoute l'authenticité de cette pièce, qui est incontestable, mais ^ se demander si elle appartient à Besançon , et s'il n'existe pst^ en dehors de la France quelque autre archevêché qui porte '^ ï^om de Bison tia. Cette coïncidence me parait peu probable. •^^-^- surplus, la publication que je fais donnera sans doute l'oclon à quelque numismatiste de fournir le mot de cette ^me. »
orsqu'en 1833 M. Poey d'Avant écrivait ces lignes, il y il onze ans que la solution cherchée par lui se trouvait
196 RECTIFICATION NUMISMATIQ;UE,
donnée dans le Zeitschrift fur Mûnz-Siegel-umji'Wappen' ktmde publié à Berlin. Ce journal de numismatique contient en effet, à la page 77 du tome II (1842), un mémoire de M. B. de Kœhne sur les monnaies des archevêques de Riga en Livonie, où se trouvent décrites les espèces émises par Henning Scharfenberg, qui occupa le siège épiscopal de 1424 à 1448, et la planche III (m 3) du même recueil nous montre la monnaie attribuée à un archevêque inconnu de Besançon, mais cette fois avec ses légendes exactes , c'esl-à-dirc : h€niG': ARCh€PS — MOn^TA . RIG6NSIS. D'autres variétés portent h€nlC^ et, au lieu d'ARCh€PS, AR6PVS et ARCie- PVS. Du reste, au revers du buste mitre de face, on voit, comme dans le dessin publié par M. Poey d'Avant, non pas une croix archiépiscopale , mais une crosse croisée avec une croix , entre les hampes desquelles est placé un lis renversé. Ce type, moins la fleur de lis, se voit aussi sur les deniers des archevêques Jean Habundi (1418-1424) et Michel Hildebrand (1484-1509), sur d'autres pièces encore, frappées par le chapitre pendant l'épiscopat d'Etienne de Grube (1479-1483), et qui offrent les légendes MOn€TA €CCL€SIE — ET CIVITATIS RIGEDS.
Il ne peut donc y avoir aucun doute, la pièce dessinée dans l'ouvrage de M, Poey d'Avant porte clairement h€niC', et c'est le mot RIG€NSiS qui, lu BISODTK, a trompé ce numismatiste. Le problème n'était donc pas insoluble^ mais tout simplement étudié d'une manière incomplète. "^
Dans le troisième volume des Monnaies féodales de France qui paraît neuf ans après la Description des monnaies seiffneurialeSy M. Poey d'Avant donne de nouveau place à la monnaie de Riga parmi celles de Besançon (p. 138). «C'est dans le xiv« siècle, dit-il encore, qu'il faut rechercher ce nom (Henri), car le style de la pièce que nous avons accuse cette époque. » On a vu par ce qui précède que la monnaie de Riga a été frappée au xv* siècle. M. Poey d'Avant reconnaîtra donc qu'il peut quelquefois se tromper sur Tàge des monuments, et que, lorsqu'il s'agit de ces nombreuses monnaies qu'il classe à