‹ ŒuvresChapitre 56 sur 145 · AUX XII® ET XII1« SIÈCLES · texte numérisé non relu

AUX XII® ET XII1« SIÈCLES

(Extrait du tome VII (nouvelle série) de la Revue numismatique,

1862, pp. 292-300.)

de m

la m

VÔ

n'a pas encore retrouvé de monnaies frappées par Louis ^a.nce, père de saint Louis, pendant son règne de quinze en Angleterre, du 18 juin 1216 à la fin de septembre 1217. st en droit de s'en étonher; le jeune prince résidait dans ^pîtale, et il pouvait employer dans plusieurs villes des nayeurs français déjà établis, disposés à reconnaître sa souri été et à travailler pour lui dans leurs ateliers (1). . -*-•«► présence des moilnayeurs français en Angleterre et en *^ "^ ~ au xn* et au xiii' siècles est un fait curieux qui n'a e été étudié de l'autre côté du détroit, et qui a été encore ^^^ négligé chez nous. Il y aurait là matière à faire un nouehapitre pour l'histoire des artistes français à l'étranger. 174S, Stephen Martin Leake, auteur d'une histoire de la ^^^^'^aie anglaise, s'exprimait ainsi :

tow mentionne les deniers du Conquérant portant LE

^^ILAM que quelques-uns de nos antiquaires pensent ap-

^ ^^^K^ir plutôt à Guillaume premier d'Ecosse. Mais pourquoi

^<=^i d'Ecosse aurait-il parlé français sur sa monnaie, plutôt

^ ^ Ic^ conquérant qui mit cette langue en usage parmi nous?

^^^ ^ ' t faut remarquer toutefois que pour Richard Cœur de Lion ou n'a que (^^ ''^•^ï^iers fabriqués en Guienne, en Poitou, àlssoudun, et que les deniers et ^^ de Jean sans Terre sortent de l'atelier de Dublin.

202 MONNAYKLRS FRANÇAIS

Je ne le comprendrais pas, spécialement, comme (si je ne trompe pas) on ne connaît rien de semblable sur la monnaie écossaise. Cela est certainement plus naturel de la part du Normand qui a peut-être fait frapper ces monnaies en Normandie, et d'autant plus probable qu'un de ces deniers, en ma possession, représente une tête imberbe, suivant la mode normande (4). »

Wise, Tauteur du catalogue de la collection Bodléienne d'Oxford, impressionné par cette doctrine, a d'abord classé le denier portant la légende LE REI WILAM au règne de Guillaume le Conquérant, ajoutant : « Comme les Écossais euxmêmes paraissent répudier cette monnaie, je ne ferai pas de difCculté de la placer en tète de la série anglo-française. » Deux pages plus loin cependant, il la décrit une seconde fois, parmi les deniers écossais ; il en donne de nouveau la figure tout en renvoyant à sa première attribution adoptée, dit-il. hattd invitis antiquariis, avec l'assentiment des antiquaires (2).

Adam de Cardonnel ne parait pas avoir connu l'ouvrage de Wise, et dans ses Niimismaia Scotiœ^ il ne s'applique pas à le réfuter en particulier, mais il fait allusion à une opinion assez commune lorsqu'il dit :

« Des inscriptions si inusitées dans ce royaume peuvent, à première vue, frapper le lecteur de l'idée qu'elles ne sont pas écossaises; mais si l'on examine les revers, le doute s*évanouira.

« Guillaume le Lion qui succéda à son frère Malcolm lY en H6S, ayant été fait prisonnier par l'armée d'Henri II, roi d'Angleterre, fut conduit près de ce prince, alors en Normandie, et retenu jusqu'à ce qu'il eût payé une rançon de 40,000 marcs écossais. H i^era donc permis de supposer que pendant qu'il résidait hors de son pays, il aurait engagé et envoyé en Ecosse des artistes étrangers chargés de frapper la monnaie nécessaire pour payer cette rançon. Ce qui explîque-

(1) An histùrical account of Engtish money, édit. de 1745, ou troisième édit. de 1192. p. 42.

(2) Nummor, ont, serin, Bodfeianis recond, cataL, 1750, 241, 243.

DANS LA GRANDE-BRETACNK. 2m

rait pourquoi ce premier monnayage est français. D'ailleurs, quatre des localités affectées à ce monnayage étaient des places fortes (Roxburgh, BerWick, Edinburgh et Stirling), livrées en gage jusqu'à ce que la somme stipulée fût payée (1). »

M. John Lindsay, dans son ouvrage intitulé A view of the coinage of Scotland (1843), adopte pleinement l'opinion de Cardonnol; mais il n'ajoute aucun détail concernant les monnayeurs français; cependant on peut dire qu'il est aujourd'hui universellement admis que les légendes LE REI WILAM et LE REI WiLLAME appartiennent à Guillaume le Lion d'Ecosse.

Les légendes des revers nous donnent : .

i. HVE WALTER, variante HVE WATER.

Page 1