PIERES ON ROC
Le n** 1 est, je crois, frappé à Roxburgh; déjà M. Lindsay a publié (pi. II, n° 36), un petit denier sur lequel on lit, au droit et au revers : HVE.WAL.RO. Mais je possède une pièce encore plus explicite, car au revers de la légende LE REI WILAM, on voit HVE WATER ON RO.
Hue est une forme bien française; c'est la traduction de Hi^go, et si on l'écrit fort souvent Hues^ cela tient à cette préoccupation grammaticale dont j'ai plusieurs fois déjà rap-
(1) Nwn. Scotiof or a séries of the Scottish coinage. Edinburgh, 1186, p. 40.
pelé les effets (1). C'est ainsi qu'on lit le nom de l'architecte MAISTRE HVES LIBERGIERS (1263), sur une dalle tumulairc de Reims, et qu'on observe Hues à chaque page du célèbre roman de Huon de Bordeaux (2), H rois Hues dans le roman de Parise la duchesse (3), Mais on trouve aussi le duc Hue de Langres dans le roman de Gui de Bourgogne (4), messire Hue conte de la Marche dans la chronique de Saint-Denis, Hue de Tabarié dans VEstoire de Eracles empereur (5).
Pères et sa variante Pieres ne sont pas moins connus. Outre la célèbre abbaye de Saint-Père de Chartres, nous avons cinq bourgs ou villages dont le nom conserve la même orthographe. Pères c'est Petrus après chute de la consonne dure; Pierre n'est qu'une forme corrompue.
M. John Lindsay avait lu sur les n""' 6 et 7 HENRILERVS (pages 10 et 274); mais nous ne pourrions admettre un nom si extraordinaire, et l'on n'hésitera pas à diviser cette longue série de caractères en trois parties. HENRI LE RVS, c'est-àdire Henri le Roux^ rappelle en même temps le roi Guillauoie le Roux, fils du Conquérant, le garde de la monnaie anglaise Nigel Ruffus (1214), le graveur des monnaies Ralph le Blund (1267), Bt les gardes des coins Willelmus Rufus et Adam Blundus (1221) (6). Les surnoms alors étaient communs. Dans RVS, RAVL, l'U avait le son de ou. L'adverbe ow, la conjonction oii ont été longtemps écrits avec un simple ti. Audessous d'une vignette peinte dans un beau manuscrit do 1123(7), on lit:
ICI SIENT Ll APOSTLE PVR IVIER (pour juger).
Guillaume le Lion est-il le plus ancien roi d'Ecosse qui ait
(1) Revue numism., 1859, p. 268; 1860, p. 330. — Pp. 100 et 183 du présent volame.
(2) Les Anciens poètes de la France, éd. de M% Gueasard, publ. par le min. de l'iDstr. publ, t. V.
(3) /6id., t. IV, p. 30.
(4) Ibid., 1. 1. p. 37.
(3) Historiens des croisades , Occid., H, p. 222.
(6) RudiDg, Annals ofthe coinage of Gr.-Brit., t. 1. p. 26, 4i et 46.
aj Archeologia, t. XXX VU, p. 379.