L'HOMMAGE DE I/OBOLE D'OR A MOISSAC
fêle do Saint-Pierre et de Saint-Paul, à la grand' messe «ift l'abbave, et de déposer sur l'autel une maille d'or ou «Jfwe autre espèce de monnaie de la même valeur, en signe d'hci» smmage pour les choses que Sa Majesté tient dudjt abbé en ladite ville et juridiction, sous peine de 3,000 livres d'amen^^e, dépens, dommages et intérêts (1).
L'hommage de l'obole d'or ne fut aboli que le 8 janvier 16 Ti ■ Ce récit m'a remis en mémoire les monnaies d'or de Tcm^"louse que noire savant ami M. C, Robert a trouvées à Mil^K* «"' et qui proviennent des environs de Nice, pièces qu'il à d- -•^J* signalées dans la Revue (2). '
Mais en prenant de nouvelles informations auprès de not* ^^ collaborateur et de M. le chevalier Biondelli, directeur » "
musée de Milan, j'ai appris que ces deux pièces ne sont p^^ P^ véritablement d'or; elles sont d'argent fortement doré. L'u ^-"""^ pèse lia gramme deux décigrammes; l'autre, un décigramiv .*ime de moins. M. Biondelli m'écrit qu'il n'y a pas de doute que ^^■*" dorure de la pièce conservée à Milan soit antique. M. C. ïF^tRobert trouve à cette dorure un aspect qui exclut l'idée d'ui-^ "'"' opération récente (3); c'est aussi l'opinion d'un habile CO" merçant en métaux que j'ai consulté.
Si la donire des deniers est ancienne comme je le crois,^m'appuyant sur toutes ces autorités, elle n'avait pas été f-~ pour imiter des monnaies courantes d'or qui n'existaient f^
[V, Mtm. de l'Acad. imp. de Toulouse, p. 352. — Archiva de l'hâlel de '''/*,
Audur., D' 300. Nous avons iudiqué loules les eources où M. Lagrèze-Fo^^^Mit puisé, afla de faire voir que »oa rËcil repose sur des dociiiueuls bieu ço- asitils.
{■i) Revue numism,, 1860, p. 193.
(3) La peraonne qui a trouvi: ces piècuj, dil M. Biouddli, u'eu raisait -^Msk uoiadri! eus ut ne ubcrcbait pua a eu tîrur )>ru3L C<.'Uc clrvuiistaucc ùcarte tout sonpçiiii ili' spùcutalion.
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au XII* siècle. Mais elle avait pu servir à procurer des oboles d'or symboliques, indispensables pour accomplir l'acte d'hommage. Ce n'était pas à une rente d'environ 3 francs de notre monnaie que l'abbaye de Moissac pouvait tenir au point d'entamer et de suivre de longs ptocès ; c'était l'hommage en luimême qui avait toute l'importance. Et d'ailleurs le prix de l'or pouvait être payé en sus. On doit maintenant tenir compte de ce fait, bien clairement établi : do 1063 à 1221, les comtes de Toulouse firent déposer chaque année sur l'autel de Moissac une obole d'or ; à moins qu'ils n'eussent une collection de tiers de sou mérovingiens, il leur eût été difficile de se procurer les pièces nécessaires, alors que les rois de France ne frappaient pas de monnaie d'or. Voici un denier de Raimond V (1148-1194) fabriqué pendant la même période et avec toute l'apparence du métal spécifié par tant d'actes publics ; cette pièce doit avoir été faite pour acquitter une redevance, tout comme l'obole d'or de Barcelone au nom de Béranger (1130- 1162), que nous a fait connaître M. le commandant Golson (I), et qui a été prise à tort pour une mancuse.
Sept mancuses pesaient une once, ce qui donnerait pour le poids de chacune d'elles environ 4«^'",33. Or, quelle que soit l'épaisseur que l'on accorde à la petite pièce publiée par M. Colson, elle ne saurait atteindre ce poids, qui dépasse de beaucoup celui d'un florin. Mais si cette petite pièce n'est pas une mancuse, c'est du moins une obole d'or. Il est fort probable qu'elle a été fabriquée pour le service d'uno redevance. On sait, du reste, que le nom de maille, synonyme d'obole, s'appliquait à des monnaies d'un poids plus considérable que ce nom ne semble l'indiquer.
Nos contemporains se rappellent sans doute le premier travail inséré par Duchalais dans la Revue numismatique, travail consacré à la maille d'or de Beaugency (2). II s'agissait d'une
(1) [Mémoires de la] Société ugncole, scientifique et littéraire des Pyrénées- Orientales. Perpignan, 1854, pi. T, n» 9, p. 560 et 56. — Cette pièce a été reproduite, d'après le dessin de M. Colson, par M. Poey d'Avaut. Monnaies féodales, pi. LXXVll, n^ 17.
(2) Revue numism., 1838, p. 5i.
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monnaie frappée à l'aide de fers qui existent encore et qui portent les types du florin de Florence; on appelait celle monnaie obolus auri florentini aussi bien que maille d'or; elle pesait deux deniers dix-sept grains^ et chaque année, le 13 février, jour anniversaire de Tlnvenlion du corps de saint Firmin, évêque d'Amien et patron de Beaugency, les écoliers de Picardie faisaient chanter une messe en l'église de Saint- Pierre-le-Puellier d'Orléans, pendant laquelle certains liabitants de Beaugency devaient se présenter eux-mêmes, ou envoyer deux députés chargés de remettre au procureur de la nation de Picardie la maille précitée.
Voilà une maille ou obole de redevance qui pesait 65 grains, c'est-à-dire 3^,34. La pièce de Toulouse, publiée par M. C, Robert ne pèse qu'un peu plus d'un gramme ; il est donc bien permis, malgré son module, de la considérer comme une maille de redevance^. Obole d'or dans la langue du moyen âge, n'implique pas d'ailleurs une valeur déterminée ; la Revue nwnismatique fournira bientôt une preuve irrécusable de ce fait.
Ainsi se trouvera, je le crois du moins, expliquée et justifiée l'existence de certaines pièces d'or exceptionnelles fabriquées à l'aide de coins gravés pour l'argent ou le billon. 11 faut leur ouvrir un chapitre spécial dans les annales monétaires.