‹ ŒuvresChapitre 7 sur 145 · DUC D'AQUITAINE · texte numérisé non relu

DUC D'AQUITAINE

qu'elle puisse être interprétée de deux manières, et nous croyons que le nom de Novinus, suivi de la syllabe MO qui sur un grand nombre de tiers de sou mérovingiens marque Toffice du monétaire, ne sera pris par personne pour le nom d'un comte.

Novinus peut être latin ou franc. Novius est un nom de famille romaine très répandu ; Novinus en serait le dérivé comme Antoninus l'est d'Antonius, comme Plotinus de Plotius et Martinus de Martius. Les formes secondaires, telles que Rufinus, Probinus, Justinus, Jovinus, Celsinus, Severinus, Firminus, Valentinus, sont fréquentes dans les bas temps.

Il se pourrait aussi que Novinus appartînt à la famille germanique comme Nawinus, Nortvinus, Rodowinus, Hadvinus, Ovynus, Redwinus, Almawinus, Odalwinus, etc., etc., groupe très riche dans lequel il faut comprendre une multitude de noms où TV est remplacé par un O; Adoinus, Altoinus, Ansoinus, Bernoinus, Bertoinus, Randoinus, Teudoinus, etc., etc. (1).

Ainsi donc^ nous ajputons encore trois noms à notre liste de monétaires carlovingiens. Une autre fois, nous montrerons comment sous Charles le Chauve, après Tinvasion des Normands, un comte a pu battre monnaie, et quel rang occupait ce personnage dans la politique et dans l'Etat.

(1) Nous citons beaucoup de Doms des Freuics; nous voudrions engager les numismatistes à les étudier un peu, afin d'éviter les fausses transcriptions qui se glissent trop souvent dans les listes de monétaires méroviogiens, et amoindrissent Tutilité de cette sorte de documents.

(Extmit du tome TÏT (nouvelle série) de la Revue numismatique f

4858, pp. 426-431.)

Dans un travail publié il y a dix ans, ol qui, à ce que je crois, est resté à peu près inconnu des numismatistes (1), j'ai proposé de restituer à Tabbaye de Corbie un petit denier d'argent publié par le D' RigoUot, d'après un dessin que lui avait envoyé M. Lelewel (2).

Cette pièce, qui n'avait pas reçu d'attribution, offre la plus grande analogie avec les petits deniers d'Amiens, au centre desquels on lit AMB (3), et avec ceux d'Arras, d'Aire, de Béthune, de Lille, de Bergues ; plus de ressemblance encore pour la fabrique avec ces petites monnaies portant le nom de Simon , et qui ont été classées tantôt à l'Artois, tantôt à la Flandre ou à la Picardie.

Sur le denier dont je veux parler on avait lu LAVREBIE ;

(1) Description de quelques monnaies de PicaiHUe^ dans les Mém, de la Soc. des ant, de Picardie, t. IX, 1848, p. 67 et suiv. Cet article contient la description des deniers de Gautier HT, comte d'Amiens, de Foulques, évoque d'Amiens, de Foulques, abbé de Corbie, de Saint-Médard de Soissons, et de Compiègne (sous Louis Vil). — P. 211 et suiv. du t. IV des Œuvres de A. de Longpérier,

(2) Notice sur une découv, de monn. picardes du xi^ sièctef 1841, n^ 90 des planches. Le dessin de cette pièce a été reproduit par M. Harmand, dans son Hist. mon, de l* Artois, 1843, pi. 111, n» 37 ter. Cet antiquaire a placé sous le no 37 bis un autre petit denier de Corbie sur lequel, au lieu d'une grosse fleur de lis, on en voit deux opposées par le sommet et accompagnées d'an soleil et d'un croissant. 11 existe des pièces à ce type signées du monétaire Simon.

(3) Rigollot, Mém, sur une monn, du xii^ siècle ftapp* par Vaut, munie. d'A^ miens f 1842. Mém. des ant, de Picardie, t. V, pi. ix, n®» 1, 2, 3.

il me paraît porter en réalité CAVREBIE, c'est-à-dire le nom de Corbie écrit avec la substitution de la diphtongue AV à la voyelle O. C'est un changement inverse de celui qui a fait Orléans d'Aurelianis^ ou peut-êti'e un retour à une forme ancienne dont la trace est perdue.

On sait que l'abbé Evrard^ vers 1085, établit la monnaie de Corbie Jtixta legem et pondus Ambianensis monetœ. Il est donc tout naturel que, lorsqu'on imita en Picardie la taille et le titre des petits deniers artésiens ou flamands, Corbie ait suivi l'exemple d'Amiens.

Jusque là point' de difficultés, je lîî pense: mais peut-être refusera-t-on d'admettre que le nom de Corbie ait pu être écrit Caurebie. C'est une objection à laquelle je vais répondre d'avance.

En 822, Âdalhard, abbé de Corbie, alla fonder en Westphalie un monastère de l'ordre de saint Benoît, auquel il donna le nom de Corbeia; les Allemands en ont fait Corbey, Corbai, Corvei, Korwei ; mais le nom latin s'est conservé, et, depuis l'abbé Marquard jusqu'à l'abbé Philippe, c'est-à-dire depuis i082 jusqu'en 1765, les belles et nombreuses monnaies de Korwei nous montrent toujours la première syllabe du nom écrite avec un (1). Cependant M. Thomsen a trouvé deux deniers frappés sous l'empereur Henri lU (1039-1056) par les abbés de Korwei Ruthard (1046-1050) et Arnold (1051-1080), monnaies dont voici les légendes (2) :

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