SUR UN MÉDAILLON ITALIEN DU XV* SIÈCLE
la première face du médaillon , celle qu'il oppose au. revers. C'est ce que les archéologues versés dans la matière nomment le droit.
« Quand à cette dernière expression, ajoute M. de Longpérier, elle peut plaire ou déplaire à Toreille, mais elle est logique. Il n'en est pas de même du mot avers avec le sens que lui donnent depuis quelque temps des personnes insuffisamment lettrées. En effet, aversa pars signifie revers. C'est le seul mot qu'Eckhel ait admis pour exprimer le second côté, la face postérieure d'une monnaie; et en cela il avait raison, puisque c'est le seul mot que la langue latine lui fournit.
« Choisir, pour exprimer le droite le mot latin qui signifie le revers, c^ést assurément un procédé grammatical bien étrange; cela dénote un mépris par trop grand du lexique; c'est comme m on donnait à l'encre le nom d'album, Cepen- ' * dant, par suite de je ne sais quelle déplorable contagion, le mot avers tend à se répandre, et M. Vergniaud-Romagnésî, qui n'est point ici en cause, n'a fait que se montrer victime d'un fort mauvais exemple. Depuis quelque temps aussi, on peut remarquer dans la presse périodique l'emploi du mot cornpendieiix avec le sens de complet et développé, bien que ce mot n'^it jamais signifié qa abrégé, sommaire. Le contre-sens est manifeste, et quoiqu'il soit à supposer que l'observation faite ici produira peu d'effet, il semble cependant que la Société ne puisse laisser passer sans protestation des usages qui sont si en désaccord avec la plus élémentaire connaissance de l'antiquité. »
RECTIFICATIONS NUMISMATIQUES
( Extrait du tomo XII (nouvelle série) de la Bévue numismatique^
1867, pp. 77-79.)
Notre savant collaborateur M. Henri Morin-Pons a bien voulu me faire part de quelques observations au sujet de plusieurs monnaies que j/ai reproduites, d'après M. D. Promis, dans la planche XVIII de 1866 (1).
Les n*' 4, 6, 9, ont été gravés à Turin, d'après les dessins de M. Laugier, qui avait copié les monnaies de la collection particulière de M. Henri Morin, acquise aujourd'hui par le Musée de Lyon. A la prière de notre collaborateur, M. Martin- Daussigny, conservateur de ce musée, m'envoie les empreintes de ces monnaies.
Le n** 9 est représenté par deux exemplaires, et de leur comparaison il résulte qu'il faut décrire ainsi le droit du double parisis de Louis II, baron de Vaud :
+ LVDOVICVS DE SA. Dans le champ, ? H ®t deux fleurs
de lis posées en ligne verticale. Les caractères tracés au centre de la monnaie donnent donc BAUD, syllabe qui s'ajoute à la légende circulaire pour produire Ludovicus de Sabaud.
Quant au revers, l'exemplaire du double parisis que n'avait pas dessiné M. Laugier, et que M. Promis n'a pas connu,
porte fflOn.PET CAS Évidemment, la pièce a été frappée
à Pierre-Chastel ; mais celle qu'a publiée le savant numisma-
(!) PI. Xni du présent volume.
RECTIFICATIONS NUMISMATIQUES.
liste de Turin présente une légende tréflée par le ressaut dt coin, et qui peut contenir le nom de Nion. Dans tous les c cette légende commence par SROD, et non par DOSn. Le médaillicr do Lyon possède aussi des exemplaires
as ize
is, on la
gros que j'ai fait graver sous les n'*" 7 et 8. Le premier no montre autour des louhielles un entourage composé de onr^ fleurs de lis, et non pas d'une croix et de dix fleurs de 15 comme sur Toxemplaîre publié par M. Promis; de plus, ^^ voit deux apostrophes d'abréviation après l'R et le C dans légende PETR'C'ORVffl.
Le gros à la fleur do lis ofl're bien clairement PhlLlVS.DII Ex
du côté de la croix et au revers rXERXORVJn, légende allé' — Téo qu'il serait difficile de comprendre si l'on n'avait pour s*éclai sror de^ meilleures lejçons, mais qui montre Tintention d'imiteKr* lo mot FRANCORVM de la monnaie royale. Comment esL — ou arrivé à obtenir cette terminaison ORVM pour un ethnique de Pétri Castellum? C'est ce qui me semble assez peu facile à déterminer quand on n'a pas à son ser\'ice l'imagination des ' contrefacteurs.
L'observation la plus importante se rapporte au double parifiis à la couronne (pi. XVIII, n*» S) (i), attribué à Amédée VI par M. Promis. M. Henri Morin en possède une autce variété sur laquelle il lit -f- MON..TAOAMEDE1, et autour de la couronne : KSTR— OLIBD. + . En examinant attentivement, et muni de cette donnée, la pièce publiée par M. Promis, on reconnaît qu'elle ofl're KSTRO LIBDV + , et cela la relie à l'exemplaire publié par M. Poey d'Avant sur lequel on lit + KAS- TRO'LIB'B (2). Tous ces parisis doivent donc être réunis, et seraient frappés à Liverdun par Amédée de Genève, évêque de Toul (1321-1330).
L'époque à laquelle vivait ce prélat se rapproche étroitement de celle à laquelle ont été fabriqués, ainsi que je l'avais indiqué, les parisis de Philippe de Valois; et il devient tout à
(1) Pi. XIII, n^ii du présent volume.
(2) Description des t?ionnaies seigneuriales françaises composant la eolltcli^ de M. Poey d'Avant, in-4o, 1853, pi. XXI, n» 12.
RECTIFICATIONS XUMÎSMATIQUES. 299
fait certain que le bianco dozzino prescrit par Tordonnance d'Amédée VI du 3 juin 1349, n'est pas encore retrouvé, oon* clusion à laquelle m'avait conduit la comparaison seule du type de la pièce discutée avec les termes de Tordonnance.
Je remercie bien cordialement M. Henri Morin de m'avoir fourni le moyen de relever le plus promptement possible les diverses erreurs qui viennent d'être signalées. M. Promis s'en était rapporté aux dessins qui lui ont été envoyés il y a plusieurs années déjà; et notre collaborateur de Lyon veut bien nous faire tous profiter d'une nouvelle et plus attentive étude des monuments originaux. ,