‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 22 sur 22 · XVII. Chronique de l'ordre des Frères Prêcheurs . par · texte numérisé non relu

XVII. Chronique de l'ordre des Frères Prêcheurs . par

Galvani de la Flamma. Galvani de la Flamma était né en 1283; il entra dans l'ordre en 1298. Sa chronique, utile pour quelques détails, n'a point été imprimée. Il en existe un manuscrit à la bibliothèque Casanatense, au couvent de la Minerve , à Rome.

XVIII. Des quatre choses en quoi Dieu a honoré l'ordre des Frères Prêcheurs, par Etienne de Salanhac , du même ordre. Si l'on considère le temps où vécut Etienne de Salanhac, et où il écrivit, nous devrions le ranger parmi les légendaires du treizième siècle , immédiatement avant Thierry d'Apolda. Car il était né en 1210; il prit l'habit de Frère Prêcheur en 1230, des mains de Pierre Cellani, et il termina son traité vers 1278. Malheureusement nous n'avons point ce traité tel qu'il sortit de sa plume. Voici comment il nous est parvenu. En 1304, frère Aymeric de Plaisance ayant été élu maître de l'ordre , au chapitre général assemblé à Toulouse , commanda à Bernard Guidonis, dominicain déjà connu par son zèle et sa science , de réunir en un seul corps tout ce qu'il pourrait trouver d'inédit sur l'histoire de l'ordre. Bernard Guidonis lui rendit compte de ses recherches dans une lettre datée de la même année 1304. Il y mentionne en premier lieu le traité de Salanhac, traité, dit-il, qu'il a découvert, et auquel il a ajouté diverses choses oubliées par l'auteur. Il eut soin de répéter cette remarque au commencement et à la fin du traité , en disant qu'il avait noté le plus souvent ses additions en marge, mais non pas toujours. Quand donc nous aurions aujourd'hui le traité de Salanhac tel que le publia Bernard Guidonis, nous n'aurions qu'un ouvrage mterpolé , où il serait impossible de discerner la première main de la seconde. Mais la négligence des copistes a de beaucoup accru cette confusion. Car dans les manuscrits de Salanhac qui subsistent , les notes marginales destinées

à indiquer la plus grande partie des additions ont dispara complètement. Le traité de Snlanhac manque donc de sa valeur originelle , et n'a d'autre autorité que celle du temps où Bernard Guidonis le mettait en ordre et en œuvre. Aussi y remarque -t-on en plusieurs choses une contradiction manifeste avec les monuments du treizième siècle. Il n'a jamais été imprimé; on en a un manuscrit à la bibliothèque Casanatense du couvent de la Minerve, à Rome.

XIX. Vie de saint Dominique , par Piei^re Cali. Cette légende est une sorte de rapsodie. Ses douze premiers nombres ou paragraphes sont tirés du traité d'Etienne de Salanhac, et le reste n'est qu'un amas d'anecdotes sans ordre. Dans la partie copiée d'Etienne de Salanhac , l'auteur a encore exagéré les nouveautés qui avaient déjà corrompu l'ouvrage de celui-ci : Pierre Cali écrivait en 1324, plus d'un siècle après la mort de saint Dominique. C'est ce qui résulte du paragraphe douze de sa légende , où il parle de la promotion de Bernard Guidonis à l'évêché de Lodève , promotion qui eut lieu en 1324 , sous le pape Jean XXII.

Jusqu'à la fin du quinzième siècle, saint Dominique n'eut plus de nouveaux historiens , si ce n'est en très-petit nombre, et ceux-là se bornèrent à copier les légendes du treizième siècle. Il faut en excepter le dominicain breton Alain de la Roche , qui corrompit toutes les traditions fidèlement respectées jusque-là, et prétendit écrire la vie de saint Dominique à l'aide de révélations particulières , en s'appuyant sur des auteurs dont personne n'avait jamais ouï parler , et dont on ne peut retrouver la trace nulle part. Saint Antonin, archevêque de Florence, mort en 1439, fait le contre -poids d'Alain de la Roche par son respect exemplaire pour les monuments primitifs.

XX. Il existe un grand nombre de portraits de saint Dominique, dont il est malaisé d'établir l'authenticité. On a préféré celui qui est en tête de l'ouvrage. Il est dû au pinceau du bienheureux Angélique de Fiesole, dominicain célèbre qui florissaitau commencement du quinzième siècle. Frère Angélique avait pour le patriarche de son ordre une piété et une vénération dont ses œuvres font foi , et il semble hors de doute qu'il s'attacha , pour en retracer l'image , aux monuments les plus certains qui subsistaient de son temps. On est confirmé dans cette croyance par l'unité parfaite qui règne entre tous les portraits de saint Dominique sortis de son pinceau. Celui que l'on donne au public est tiré du Couronnement de la Vierge, tableau qui appartient à la France et qu'on peut voir au Louvre , dans une des salles consacrées aux collections des vieuœ maîtres.

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