DE LA VIE DE SAINT DOMINIQUE
I. Du commencement de l'ordre des Frères Prêcheurs , par le bienheureux Jourdain de Saxe, deuxième maître général de l'ordre. Cette légende de saint Dominique est la première de toutes; elle fut écrite avant sa translation et sa canonisation, ainsi qu'il résulte du silence gardé pai' l'auteur sur l'un et l'autre de ces faits. Elle est par conséquent antérieure à l'an 1233. Le texte en a été publié, avec des notes, par le dominicain Jacques Echard, dans l'ouvrage qui a pour titre : Ecrivains de l'ordre des Frères Prêcheurs, Paris, 1719. Il fut publié de nouveau en 1733 par les BoUandistes, dans les Actes des Saints, premier volume du mois d'août. C'est l'édition de ceux-ci que nous citons dans le corps de l'ouvrage.
IL Lettre Encyclique aux Frères sur la translation du bienheureux Dominique , par le bienheureux Jourdain de Saxe. Cette lettre , dont la date précise est igno-
rée, mais qui doit se placer entre la translation et la canonisation de saint Dominique, c'est-à-dire entre le 24 mai 1233 et le 3 juillet 1234, est le complément de sa légende précédente. Elle a été publiée par les Bollandistes. dans le commentaire préliminaire aux actes de saint Dominique.
III. Actes de Bologne. Ces actes renferment les témoignages de neuf disciples de saint Dominique sur les vertus et les miracles du saint patriarche. Leur date est du 6 au 30 août 1233, intervalle pendant lequel l'enquête se prolongea. Ils ont été publiés par Jacques Echard dans l'ouvrage cité plus haut, par les Bollandistes dans les Actes des Saints, et par le dominicain Mamachi dans VAppendice du premier volume des Annales de l'ordre des Frères Prêcheurs, imprimé en 1756. C'est cette dernière édition que nous citons constamment.
IV. Actes de Toulouse. Ces actes, dont la date précise est ignorée , mais qui sont nécessairement antérieurs à la canonisation de saint Dominique, renferment les témoignages de vingt-six personnages , tant ecclésiastiques que laïques , sur les vertus et les miracles du saint pendant son séjour de douze années en Languedoc. Ils ont été publiés avec ceux de Bologne dans les trois ouvrages énoncés ci-dessus. Nous les avons cités d'après Mamachi.
V. Vie du bienheureux Dominique, premier fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs, par Constantin Médicis , évêque d'Orvieto, du même ordre. Cette seconde légende , qui parut de 1242 à 1247 , eut pour but de compléter celle qu'avait écrite le bienheureux Jourdain de Saxe. Elle contient, en effet, quelques nouveaux détails; mais elle resta de beaucoup inférieure à la première pour le style et l'intérêt. Elle a été publiée par Jacques Echard.
VI. Vie du bienheureux- Dominique, par le bienheureux Humberl, maître général de l'ordre des Frères Prêcheurs. Elle parut avant son élévation au généralat, qui eut lieu en 1234, et fut appelée la troisième légende. Elle est beaucoup plus complète que les deux autres , trèssupérieure pour Tordre et le style à celle de Constantin Médicis. Les contemporains de saint Dominique commençaient à vieillir et à diminuer; on sent que le bienheureux Humbert a voulu rassembler , tout ce qu'il avait appris d'eux, afin que rien ne pérît d'une si grande mémoire. Son travail a été publié par Mamachi dans les annales précitées.
Vil. Chronique de l'ordre des Frères Prêcheurs , par le bienheureux Humbert. Cette chronique, courte mais très-intéressante pour le classement des faits, va de 1202 à 1254. On la trouve également dans Mamachi.
VIII. Vie de saint Dom,inique, par Barthélémy de Trente, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Cette pièce est extrêmement courte ; ell3 se place pour la date entre 1234 et 1251 , mais ne compta point parmi les trois grandes légendes écrites dans l'intervalle de 1233 à 1254. Les Bollandistes l'ont publiée au premier tome d'août de leur collection.
IX. Vies des Frères de l'ordre des Prêcheu,rs , par Gérard de Frachet, du même ordre. Cet ouvrage fut entrepris d'après l'ordre du chapitre général assemblé à Paris en 1256. On voulait sauver de l'oubli un certain nombre de faits héroïques qui avaient illustré les premiers temps de l'ordre , et qui vivaient encore dans la mémoire des vieillards. Le bienheureux Humbert , alors maître général . chargea de ce soin le frère Gérard de Frachet, Français de naissance et prédicateur célèbre. Il répondit aux vœux de son ordre par un ouvrage d'une simplicité exquise, au-
quel il est impossible de toucher sans le gâter. Il l'appela Vies des Frères, et le divisa en quatre parties. La seconde est relative à saint Dominique, mais ne contient que quelques faits épars échappés aux légendes antérieures. L'ouvrage entier a été imprimé à Douai en 1619.
X. Relation de la sœur Cécile. La sœur Cécile , île la famille des Césarini , était une des religieuses que saint Dominique avait transférées du couvent de Sainte-Marie au delà du Tibre au couvent de Saint-Sixte. Elle avait alors dix-sept ans. A vingt-deux ans, elle fut envoyée comme prieure au couvent de Sainte-Agnès de Bologne, où elle vécut jusqu'en 1290 en grande réputation de sainteté. Parmi les religieuses du même couvent de Sainte-Agnès, il y en avait une appelée sœur Angélique , à laquelle sœur Cécile confia plus particulièrement tout ce qu'elle avait vu de saint Dominique , au temps qu'il habitait Saint-Sixte et Sainte-Sabine. Sœur Angélique en écrivit la relation sous les yeux mêmes de sœur Cécile , relation admirable par la naïveté du talent , et qui , mieux qu'aucune autre histoire , fait entrer dans l'intimité de la vie du saint. Elle se termine ainsi : « La sœur Cécile a rapporté tout ce qui vient 'i d'être dit du bienheureux Dominique , et elle affirme que « tout est si vrai , qu'elle est prête , s'il est nécessaire , à « l'assurer par serment. Mais cette précaution est inutile , a car elle est d'une si grande sainteté et religion , que l'on « croit sans peine à ses discours, et c'est pourquoi la sœur « Angélique , du couvent de Sainte-Agnès , a écrit ce qu'elle « lui avait entendu dire , afin que cela serve à la gloire de « Notre-Seigneur Jésus-Christ , de notre bienheureux père « Dominique, et à la consolation des Frères. Vous qui « lisez , pardonnez au style, car elle ignore la grammaire. « Cette relation forme, avec les légendes du bienheureux Jourdain de Saxe, de Constantin Médicis et du bienheu-
reux Humbert , les quatre principaux monuments primitifs de la vie de saint Dominique. Sa date est fixée par l'époque où sœur Angélique florissait à Bologne , au couvent de Sainte-Agnès, c'est-à-dire vers 12''i0; mais elle ne fut répandue que plus tard , dans le dernier tiers du treizième siècle. Mamachi en a publié le texte.
XI. Chronique valicane. Cette chronique est anonyme ; elle s'étend des commencements de saint Dominique jusqu'en 1263. On la trouve dans Mamachi.
XII. Des Sept Dons du Saint-Esprit, par Etienne de Bourbon, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Etienne de Bourbon entra dans l'ordre en 1219, et mourut en 1261. Son livre des Sept Dons du Saint-Esprit contient un assez grand nombre de traits de la vie de saint Dominique, tirés des légendes qui avaient cours.
XIII. Le Bien universel des Abeilles, par Thomas de Catimpré, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Ce livre, publié vers l'an 1261 , traite en divers endroits de saint Dominique et de son ordre.
XrV. Miroir historique, par Vincent de Beauvais, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Plusieurs chapitres de cet ouvrage sont consacrés à saint Dominique. li est de la même époque à peu près que le précédent.
XV. Vie du bienheureux Dominique, par Rodrigue de Cerrat, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Rodrigue de Cerrat était né en Espngne, dans la vallée de Cerrat, proche de Palencia, et florissait dans le dernier tiers du treizième siècle. Sa légende est une compilation imparfaite des précédentes. La date précise n'en est pas connue ; mais elle est postérieure à l'an 1266, puisqu'elle parle du couvent
établi à Calaruéga , dans la maison de naissance de sainl Dominique, par le roi Alphonse le Sage. Elle est imprimée dans Mamachi.
XVI. Vie de saint Dominique, par Thierry d'Apolda, de l'ordre des Frères Prêcheurs. Le treizième siècle touchait à sa fin. Munion de Zamora , septième maître général de l'ordre des Frères Prêcheurs , jugea convenable de rassembler dans un plus grand cadre tous les travaux antérieurs sur la vie de saint Dominique, et d'y réunir les moindres fragments qui avaient pu échapper à la pieuse attention des légendaires. Il en donna la charge à Thierry d'Apolda, dominicain allemand, né dans le bourg d'Apolda, entre léna et Weimar. Celui-ci , conformément aux ordres de son général , fit paraître vers 1288 une nouvelle vie de saint Dominique , beaucoup plus ample que toutes les autres , et où était mise en œuvre pour la première fois lu relation de la sœur Cécile, restée jusque-là dans l'ombre du couvent de Sainte-Agnès, à Bologne. Cette histoire est faite avec amour, mais avec peu d'ordre , et dans un style qui s'éloigne trop de la simplicité des premiers historiens , quoiqu'il ne manque pas de force et d'onction. Thierry d'Apolda clôt évidemment la série des écrivains qui avaient communiqué avec saint Dominique lui-même ou avec ses disciples survivants. 11 a su tout ce qu'il était possible de savoir sur son héros , il a glané les derniers épis de la moisson, et, malgré le temps qui s'est écoulé, malgré la différence énorme qui sépare son style de celui du bienheureux Jourdain de Saxe, on retrouve dans son écrit le caractère de saint Dominique sans aucune altération. On doit aux Bollandistes l'impression de cette lougue et deinière légende.