‹ Œuvres historiques inédites. 1Chapitre 17 sur 47 · SAINT-SIGISMOND · texte numérisé non relu

SAINT-SIGISMOND

PUES DE KOlTFA<:il.

Le nmiiiistèrc de Sainl-Sijiismond silué dans un désert entre (iehersweiler et iM'aflenhcim, à une lieue et demie de llnuflach, à une lieue du château de Iloh-Hadstatt , à trois quarts de lieue de Marhach et à un petit quart de lieue d'Ossenhir*, est aussi un de ceux dont on altrihue l'établissement à Dagobert •1. On y montre encore le crAne de Saint- Sigismond dont on prétend qu'il fut enrichi par le roi» son fondateur. Mais ce crâne n'a aucune authenticité l. L'ahhave, qui en prit le nom, conserva son premier lustre sous les

1 Sainl-SigiMiiond , «pialrit-ntc roi de llttin^ojfiir , dont mi trouve la vie «lans Crkcoihk île Tours, lih .>, ///*/. Frunrorum, cap. .7 et (j, fut lu»} Il< l« mai 32», suivant le P. Henschkmis, in nrlis SS. , tain. 1, maii , ptuj. N.t, un en 5*3, selon Doin Plancher, Histoire de liounjmjne , loin, / , tir. /. pinj. 3S.

' l.o village d'Osenhir ne loi nio plu* <|iuî trms maisons , situées il ans le Imii de Pfaflenlicim. «".et endroit, suivant les lettres de Henri, é\o<pie de Strasbourg, de l*an 1 i5S , devait dépendre de la paroisse de Saint-Marc et être, comme la prévoir, du dioi i'M' de Strasbourg. Omîtes peisonrr , i/mr habitant in thenhi/r, rel in nostrn Ha , miment uhedientium i/iiirrire délient Anjenliner. et uni ni a snvrmnenta iiitipere in monashiin nostrn Sanrli Marri. Mais ces lettres sont manifestement une pièce conlrouvée ; et If P. Plaride Keller , prévôt do Saint-Mari" , ayant renouvelé «elle prétention au milieu de ce siècle , il ni lut débouté par sentence de Polîl- ■ ialité de Basle.

* Voyez Je tome premier, lir. i , pag. 589 el suit.

* Thomas-Jean Pessisa de Czecliorod, in phmphnro seplicorni de majtstnte et

HIST. DE L'fcGUSE DE STRASBOURG. LIV. II11TIEME. I 41

abbés Arbogaste, Nicolas, A melon et Otton, qui se succédèrent pendant le cours du neuvième siècle1. Brunon vivait en 9()02. Rertram, qui mourut en 090, fut le dernier abbé3. Le monastère de Saint-Sigismond perdit alors son nom primitif et sa qualité d'abbaye. Il était presque réduit à rien, lorsque le pape Saint-Léon IV vint, en 1049, dans l'Alsace, sa patrie. Il rétablit ce monastère sous le nom de prieuré et en consacra la nouvelle église, le 10 décembre, en l'honneur de l'évangéliste Saint-Marc *, nom qui lui est resté jusqu'aujourd'hui. Hctzelon, évcque de Strasbourg, qui assista à cette dédicace, y nomma Jean pour premier prieur. Celuici eut pour successeur Nantwig et Pierre, qui moururent en 1061 et I09G\ (iebhard, ou Gérard de Saint- Amarin , prit

glorin eectesiœ Pragensis . pag. 467 , rnm pic la tète du roi Saint-Sigismond , au nombre de ses reliques, dont l'empereur, Charles IV , fit présent, en 1.166 , à l'église métropolitaine de Prague.

* Selon Berler, in vhrun. m$s.. fui. 59.1 , Arbogasle d'Arau mourut en 800, Nicolas de Burhcck , en 850, Ameloii de Dagsbourg , en 866 et Olton de Libcck, en 878. Il fait aussi mention de Brunon , de Torherg et de Brrtraiu de Wilstein. Mais cas noms de famille , attribués aux abbés de Saint-Sigismond , sont supposés dans un temps, où ils étaient notamment inconnus. Mntcru Berler , prêtre, natif de Boiiflach , est auteur d'une chronique , qu'il dédia à Thomas , son përe , conseiller de la même ville; qu'il commença en 1510 et qu'il acheva après l'an 1525. I. crier, disciple de Jérôme Gebwiller, obtint ensuite la cure de C.ebersweiller ; une charte de 1555, fait voir qu'il la possédait encore en cette année. Cette chronique, intéressante pour l'histoire de Boufluch cl des endroits voisins , se trouve en niss. dans la bibliothèque de M. Schupllin , auquel M. le baron de Waldner en avait fait présent. Berler remarque, fol. .19 i, qu'il décri\il, d'un trè«-aucien Missel de Saint-Marc, tout ce qu'il rapporte de ce monastère.

* Berler , /oc. cil. , fui. .192 arerxo.

* Coccius, in Dayntterto rege, pap. 150.

'Berlerus, fol. 59.1 av. « Auno dom. MM.1X, consliucta est capella S. Marci et r dominica secunda adventus domini per domiiuim Leoncni nonum poritiPiceni « maximum Deo ilicatur, in preseiu-ia douiini episi opi Argculincnsis, qui constituit « primuni priorem S. Marci nomiue Joannem. »

1 Berler et Coccius , qui le cite, nomment aussi fautivement, avec leurs noms de famille Jean de /.eriiigen, Nantwig d'Knde et l»ierre de Kiinerk.

IIISTOIHE DE L'ÉGLISE

la place de Pierre. Sous lui, l'église de Saint-Marc, son clocher et les bâtiments du prieure furent, en H 01 , entièrement détruits par le feu. Cinq religieux prêtres périrent dans l'incendie. Les autres, qui y survécurent , se retirèrent au village voisin de Geberswiller avec Gebhard, leur prieur, qui en mourut de chagrin *. Le bienheureux Thcotger, qui avait été élu, en 1087, abbé de Saint-Georges, dans la Forét- Noire , se chargea de rétablir le monastère de Saint-Marc * . Cet abbé, qui devint plus tard évoque de Metz3, y envoya, en \ 105, un de ses religieux, nommé Narnion de I^obgassen, issu d'une famille noble de la Haute- Alsice, qui prit le nom de prévôt*. Depuis ce temps, la prévôté de Saint-Marc, où trente-quatre villes et villages des environs s'assemblaient autrefois en procession le jour de la féte 5, fut sous l'obédience de l'abbaye impériale de Saint-Georges transférée à Willingen6. L'abbé en nommait le titulaire qui se présentait ensuite à l'évéque de Strasbourg, pour en recevoir les investitures en qualité de prévôt de Saint-Marc et de camerier de son évéché7. Berthold, abbé de Saint-Georges, et ses reli-

' Bf.ki.ek , fol. .195 averso.

* llrcF.uxi s , Gmnaniœ tacrœ , loin. 5. i>mj. 7.7 et Ufrrkktis , i„ hhlorià »iijrœ xylnr, Ion,, i, lib. 6, patj. Ï86 el M7.

1 Kn 1117. Il inmirnl I,- i!) avril 1120.

4 Cnixius, ttuy. ti8 et 1i9.

* Selon Uf.ri.RR, fol. 594, qui eu donne les ikhiis d'après un acte île 1340.

' El non de celle de Saint-Biaise, rnmme l'éml boni Marii.i.on, Annal, letird., loin, i, lib. 59, pug. .107.

' • Religiosum nobti in chrUlo rievolinn li ai rem vilum de Aslh, per venerabileni « nnbis in OhriMo sincère devoluni ilominuni georgiiun Abbaleni nuuiasterii « S. Georgii in nigra silva per «e el toluiii roiiventum suum in pi e; i*itmu uuuias-

n terii S. Marci in «luiiiini*» ii.»>Iio Puibia» i nsi s>iti unanimiter elecluin

«• in prepositum nieinnrali monaMei ii , < ainerarium iioslrum , air élection» m de se n laclain , sicut ah anti'-nito* nobis et prederessnribus nostm eompetehat , ennflr-

gieux reconnurent, en 1299, par acte authentique, que les évoques de Strasbourg avaient le droit d'advocatie sur le monastère de Saint-Marc-, dépendant de leur abbaye

Le pape Alexandre III, confirmant, en I I7K, à Manegold, abbé de Saint-Georges, les possessions de son abbaye, compte dans ce nombre le couvent de Saint-Marc, comme soumis à son obédience a. Tritheme J écrit que le même abbé Theotger, dont nous avons parlé, rétablit à Saint-Marc un couvent de bénédictines, où il vit près de cent religieuses professer la règle qu'il leur donna : ce qu'il ne faut pas entendre de celui qui était situé dans le haut-mandat, mais du monastère de Saint-Marc de Crauffthal , que les comtes de Metz, ancêtres de Theotgcr, avaient fondé dans le diocèse de Strasbourg, sur les confins de l'Alsace et de la Lorraine *. Ce ne fut que plusieurs années après qu'il se forma une petite communauté de femmes près de la prévôté de Saint- Marc, lorsque celles qui habitaient le couvent de Saint- Léonard , situé près de Pfaffenheim , furent obligées de quitter leur ancienne demeure, parcequ'elle avait été réduite en cendres5. Un riche prêtre, nommé Seman, qui administrait la cure de (iebersweillcr 6, leur procura un établissement peu éloigné du monastère d'hommes existant à Saint-Marc , et dans un terrain également dépendant du domaine temporel de l'evêché de Strasbourg 7. Seman sou-

«matuus, etc. » Disent les lettres «rin\ cstilun- , acconlres i n U'Ji, (>ar Albert, évoque «Je Strasbourg.

' Pièce» justificatives, N» 7.

» Pièces justificatives, N» 8.

* Annal. Hirsuuij., loin, f, pay, SUS.

* Voyez ci-après l'artirli* C.ruulVtliul. 11 IIerlek , fut. .18!).

* Km rivher hyrchlierr Gcbliswiler , tjenunt Semunnux , ilit Herlf.r , fut. 395 ui\

' MuiKisIfiium moHiuliuin S. ihuri , piupir vuslrum mitiiuin Eycnskeim , »ub

Il*

HISTOIRE DE l'ÉGI.ISE

mit aussi ces religieuses à l'abbaye devint-Georges, comme le prouve la bulle du papeLucc III, datée du 10 mai s 1 181 '. Ce couvent de femmes, qu'on nomma tirr Mpgdt* cc/l *, n'exista pas deux siècles3; les désordres de celles qui l'habitaient, et leur peu d'économie engagèrent les évéques de Strasbourg et de Basic à le supprimer l. Ils autorisèrent en même temps, en 1338, l'abbé de Saint-Georges à en réunir les revenus à la prévoté voisine d'hommes, après la mort de toutes les religieuses qui l'habitaient. Cette union n'eut lieu qu'en 1308, qu'Anne de \\ iekersheim, supérieure de Saint- Marc, qui parait avoir été la dernière religieuse, remit son monastère entre les mains de l'abbé de Saint-Georges, en se réservant une pension annuelle •*'. Le monastère d'hommes, dont nous aurons encore lieu de parler dans les livres suivants de cette histoire, continua d'avoir un certain nombre de religieux, sous la direction d'un prévôt, jusqu'en 1525 qu'il fut entièrement détruit par les rustaux d'Alsace Depuis ce temps, il ne put jamais se rétablir de ses ruines. La convenlualité cessa d'y être en vigueur : ses

nostro temporal! dominio situm , et in qua jus ad total iœ hubtnius, ad alitaient et monaslerhim S. Gforyii iu nvjra silva in spiritualibus et letnporalibus pertinent pleno jure , «lit Bertliold , évoque de Strasbourg, dans ses lettres de 1338. ' Pièces justificatives ; cf. WiiRliTWElx, nov. subs. dipl., loin. 10, pan. foi.

* Leur supérieure pi-mail le titre de Mugislra n.onasterii S. \laivi ord. S. Ileuedicti, ou Maisleria de* Claustres %u Sanrl-Marjr , du man sprivht der Mcijdent ell , oh Gebresvhneir , Sami-Benedictus Ordens.

'* Nous avons trouvé un acte de C.ertrude , de Ol.erswiller , religieuse de Saint- Mare, faisant donation à son église d'un ralice , qu'elle avait fait faire. Pièces justificatives, N» 9. . . Il est sans date: mais il parait être de la lin du douzième siècle, ou du commencement du treizième.

4 Manasterium mtmalium S. Marri .... per ittouialium viibi ronimoranlium vilain in fa me m et dissolulnm aden in spiritualibus et tempuralibus dissolution fuit et dévastation , quod nu lia inibi paierai muniulium religio rrformari , disent les évèques de Strasbourg el de Italie, Herlhold et Jean, dans leur* chartes de \S\S.

1 bf.ri.er, foi. r>su.

* Coc us , pag. l iil.

revenus ne suffisant plus pour l'y entretenir, il fut réduit à une simple prévôté, dont l'abbé de Saint-Georges de Villingen continua d'avoir le patronage, en y nommant un religieux de son abbaye. L'église de Saint-Marc était en 4699 en ruines, sans vases sacrés, ni ornements : la prévôté ne consistait qu'en une vieille maison habitée par le prévôt et ses domestiques. C'est pour leur administrer leurs sacrements, qu'on établit dans cette église, en 4736, des fonts baptismaux. L'abbaye de Saint-Georges conserva cette prévôté jusqu'en 1754, qu'elle s'en défit en faveur de celle d'Ebersmùnster. Ces deux abbayes passèrent entr'elles deux contrats, le 18 septembre de la même année. Par le premier, l'abbaye de Saint-Georges céda le droit de patronage de la prévôté de Saint-Marc à celle d'Ebersmùnster, qui lui donna en retour le droit de patronage de la cure séculière de Grusenheim f. Par le second, les deux abbayes s'abandonnèrent réciproquement les revenus de la môme prévôté et la moitié de la grosse dtme du ban de Grusenheim a. Comme le produit de cette dîme ne valait pas celui des revenus de Saint-Marc, le monastère d'Ebersmùnster, devenu ainsi possesseur de la prévôté de Saint- Marc, fit rebâtir à neuf l'église, en 1760, et les bâtiments qui y sont attenants, en 1762. Mais l'abbé Fels ayant jeté un dévolu sur cette prévôté, elle lui fut adjugée par arrêt du conseil souverain d'Alsace, du 13 juin 1785, qui annula et déclara simoniaques les deux contrats d'échange.

1 Ce droit de patronage consistait à nommer le curé de Grusenheim , à chaque quatrième vacance, puisque par une transaction passée, en 1749, entre l'évéque de Strasbourg et l'abbaye d'Ebersmunsler, le premier le nommait aux trois premières fois. L'abbé de Saint-Georges céda aussi cette quatrième nomination à l'évéque , par acte du 13 novembre 1754.

• L'abbaye d'Eberstniinstcr racheta, depuis, cette moitié de dime : l'autre appartient au curé.

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