‹ Œuvres historiques inédites. 1Chapitre 5 sur 47 · En ..... à Erford, Otton, évêque des Esclavons · texte numérisé non relu

En ..... à Erford, Otton, évêque des Esclavons

* Wihpuclingue, de episcop. , pag. 56.

IG

HISTOME DE L'ÉGLISE

gardé comme un des restaurateurs de cette abbaye f. Il consacra les églises abbatiales de l'un et de l'autre monastère, ainsi que la nouvelle abbaye d'Àltorft*. Cette dernière cérémonie se tit en î)7i 3, en l'honneur de l'apôtre Saint- Bartbéleiny et du pape Saint-Crégoire , en présence de Hugues, comte du Nordgau, fondateur de cette abbaye, de Saint-Maveul, abbé de Clunv, et d'un irrand nombre de seigneurs du pays. Ce fut dans le même temps qu'un seigneur du Ib'isgau, nommé Irmenfroi, accorda à l'église cathédrale de Strasbourg, pour l'entretien des frères de Sainte-Marie, tous les biens qu'il possédait à Forcheim et à Endingen : il en donna l'usufruit après sa mort au véné-

* Chroniçou cuniobii sclmttcrani, apud Schannat , in vindemiis litterariis , volled. /, pag. 19.

• Ex huila Lconis îx, papa*, anni 1050. «Filius autom ejus (Eberhardi comilis), Hugo .... co-pit hic edificare ccclesiam in honore apostoli tlei Bartholoinei et »umni pra*sulis Gregorii, et aliaruui reliquiarum. Adistas igilur reliquias eclebrandas, hanc ccclesiam eonsecravit episcopus argentinensis Erchenholdiis ja-licioni! ejusdem Hugoitis, qui Hugo in ipsa dediealionc ad hanc ccclesiidam tradidil décimas istius villa1 , quo- dicitur Altdorff ... in pra-scnlia pnesulis et abbatis uiajoli cluniacensiiun, et coram plerisquc primatibus. »

» Les auteurs de la Gaule chrétienne, tom. 5, pag. 789 et 878, ont cru que cette consécration se fil en 966. Mais St.-Mayeul, abbé de Cluny, qui y assista, passa cette année et les deux suivantes en Italie , où l'empereur l'avait envoyé pour réformer les monastères. Ce saint abbé ne vint «m'en 97V en Allemagne, où Othon l'avait appelé pour l'engager d'accepter la papauté après la mort de Benoit VI. Cet empereur lui accorda la confirmation des privilèges de l'abbaye de Payernc pour les terres de Colinar et d'Hitlenheim, qu'elle possédait en Alsace. Les lettres, rapportées parHergott, gènèal. Jlabsburg , num. U2 , pag. 86, et Schœpllin, Ahat. diplomat. tom. t, pag. 12i, sont datées d'Aix-la-Cbapcllc , le 10 juillet 971. Il est assez probable que la dédicace de l'église d'Altorff se fit cette même année.

St.-Mayeul, abbé de Cluny depuis 965, était en grande considération auprès de l'empereur Otlon premier et d'Adélaïde sa femme. Le premier lui donna l'inspection générale sur les abbayes de l'empire, «»ù la ferveur de l'ordre avait été ralentie. Xalgodus monarhus , in ri/à S. Majoli , cap. i, apud Henxvhenium , in ai lis S. S. tom. i, maii, pag. 66\j.

Othou il cl Adélaïde sa mère, appelèrent en 974, St.-Mayeul en Allemagne, pour

rable évêque Ercliamhaud !. Cette donation fut reçue par Adalbert, avoué de l'église de Strasbourg, en présence de Heimon, prévôt, et de treize autres chanoines de la cathédrale. Elle fut scellée du sceau du grand-chapitre 2 et souscrite par seize témoins.

Les papes et les empereurs n'eurent pas une moindre vénération pour Erchambaud que les évéques d'Allemagne. Il obtint l'amour des peuples et la faveur des rois dans un degré qui fit la gloire de l'épiscopal et le triomphe de la littérature. L'éclat de ses vertus et de son mérite passa jusqu'à Kome et lui attira, vers l'an 970, de la part du pape Jean XIII, une lettre fort honorable à sa mémoire3. Ce pontife lui témoigne sa reconnaissance pour quelques

l'engager d'accéder la papauté vacante par la mort de Benoît VI, idem. cap. S, pag. 66S. 11 mourut le 11 mai 994, idem. cap. 4, pag. 668.

SïRis , moine de Cluny , in vitû S. Miijoli abbatis cluniacensis, lib. % , apud lienschenium , tom. 2, maii , pag. 678 et apud Mabillonem , lom. 7, pag. 776. m Magnus Olho, qui tune teinporis reinpubiiram gubcrnubal beat uni Majolum sibi « accessivit, quem adeo pro salutari dilexit doctrina, ut qu>c in Cet mania sibi « subdebantur, ejus ordinationi vellet committere monasleria. »

Syrus ne nomme pas les monastères où St.-Maycul établit la réforme. Mais, dans ce nombre, on peut compter les abbayes d'AltortT et de Seltz.

On peut aussi compter dans ce nombre celle de Murbach , puisque le moine Syrus, dans l'épître déilicatoire de la vie de St.-Mayeul adressée à Odilon, son successeur dans Cluny, apud lienschenium , pag. 65i et apud Mabillonem, pag. 764, écrit que le moine Aldebald , son confrère, étant envoyé ad Alsatiam par Odilon, y mourut in Mvrbacensi vœnobio.

* Pièces justificatives ; cf. Wiirdtwcin , nov. subs. dipl., tom. ni , p. 404.

* Impressione siyMi majoris ecctesie Argenlinensis. Ce qui fait voir que dès lors les frères de la grande église avaient un sceau différent de celui de l'évéque, usage établi dés le dixième siècle dans les églises cathédrales, comme le prouvent les auteurs du nouveau traité de diplomatique, tom. 4 , pag. 519 et 556.

* Celte lettre commence ainsi :

n Joaunes Kpiscopus servus servorum Dei, totius bonitalis gralia decoralo , « summaque dilectione nobis noiuiuaml» Krckonbaldo , fratri in Chrislo dulcissimo « ac dignissimo episcopo , aposbdicam salutem et visitationem. « Nous croyons qu'il faut lire : « bencdictioncui. »

HISTOIRE DE i/ÉGLISE

services qu'il avait rendus au Saint-Siège , mais que la lettre ne nous fait pas connaître K 11 finit par l'assurer qu'il était prêt à confirmer tous les privilèges que les papes avaient donnés à ses prédécesseurs , et à lui accorder toutes les grâces particulières qu'il pouvait attendre de sa part a. Erchambaud n'avait pas moins de crédit à la cour de l'empereur Othon.

Ce prince, de retour d'Italie, où il avait fait couronner, en 907, Othon son fils, dans le dessein de l'associer à l'empire 3 , fit assembler un concile à Ingelheim , dans l'automne de l'année 972, pour juger la cause d'Ulrich, évôque d'Àugsbourg. Ce saint prélat , se voyant fort avancé en âge , s'était démis de son évéché , qu'il gouvernait depuis quarante-huit ans, en faveur d'Adalberon, son neveu. Mais la multitude des évêques, dont la plupart n'avaient pas la même sainteté qu'Ulrich , fut scandalisée qu'Àdalberon s'attribuât, contre les canons, les honneurs de l'épiscopat du vivant de l'évéque titulaire. Ils citèrent Ulrich à Ingelheim , pour y rendre raison de sa conduite. L'auteur de sa vie , qui nous a conservé les actes de ce concile 4, nous laisse ignorer les noms des évéques qui y assistèrent: mais on les trouve dans le décret synodal, porté contre l'abbé de Corvey et contre l'abbesse d'Erford, sur les plaintes de Ludolphe, évôque d'Osnabruck. L'em-

« Pièces justificatives ; cf. Wurdtwein, nov. subs. dipl., p. 406.

* « Devotioni veslrœ gralias agentes propcnsiorem honorificentiam cl omnimod.-e m charitatis vicissitudinem vobis conferrc parati sumus , quam summi pontifices « vestris prcdccessoribus apostolica bcnignitate contulcrunt. j»

* Chronographus Saxo, apud Leibnilsium in accessionibus historicis, tom. 4 , pag. 17 S.

* Apud Baron il m, Annal, ecclesiast., loin 10, ad annum 972, pag. 841. Apud Marillonem m aclis sanclorum ord. S. Ilenedicli , sœculi S, tom. 7 , pag. 444 et 44S, et apud Pinium, in actis sanclorum , tom. 2, julii , <up. 10, pay. 116 et 447.

pereur Othon y donna , en 972 , au nom du concile , un diplôme qui les obligeait de rendre à l'église d'Osnabruck toutes les dîmes que l'un et l'autre lui avaient enlevées *. Othon y rappelle les noms des prélats qui assistèrent au concile dingelheim. Ce furent six archevêques et quatorze évêques, avec un grand nombre de princes , de ducs , de comtes, d'ecclésiastiques et de laïques. Erchambaud de Strasbourg* y tint la cinquième place. Ulrich s'y avoua humblement coupable pour avoir péché contre les lois de l'Eglise et y excusa sa faute par le désir qu'il avait eu de se retirer du monde. Les évôques, assemblés à Ingelheim, l'obligèrent à reprendre les fonctions de l'épiscopat et lui promirent même de n'ordonner après sa mort d'autre évêque que son neveu 3. Le concile eut cette déférence pour le mérite d'un grand prélat qui , dès sa plus tendre jeunesse , avait donné des marques de sainteté. Ulrich n'y survécut pas longtemps , étant mort le 4 juillet 973. Le pape Jean XV le mit, en 993, au nombre des saints *. C'est la première canonisation qui ait été célébrée dans l'église selon les formes 5. Le culte de Saint-Ulrich est fort

•Ce diplôme a été publié par Eccabd, in Historié genealogicd principum Saxoniœ superioris, pag. 297 ; |«r Hartzheim Conciliorum germuniœ, loin. 2, pag. 665 et par Mauri, in novû concil. collectione , tom. 19, anno 1774 , impresso, pag. 33 et 37.

1 Erkaubalilus Argentinensis episcopus.

* Voyez Fleuri, Histoire ecclésiastique, tom. 12, lit*. 86, pag. 180 et suiv.

* Magnum bullarium romanum, tom. 1, pag. 22, êtlil. Liwem'onrg.

■ La seconde canonisation est celle* de St.-Siméon, reclus à Trêves, que Ht Benoît I\, le 8 septembre 1042. Papenbrochius , in nette S. S., tom. 1, junii, pag. 97 et Mauri concil., tom. xix. pag. 169. La troisième est celle de St.-Gerard, évôquc de Toul, que St. -Léon IX, célébra en 1050 , dans un concile tenu à Rome. IIart7.BF.im , Concil. germ., tom. 3, pag. 11 i. Le pape Alexandre 11, réserva la canonisation des saints au souverain pontife. Celle de St. -Gautier de Poiiloisc faite en 1053, par l'archevêque de Kouen, est le dernier exemple que l'histoire fournit des saints qui n'ont point été canonisés par le pape.

HISTOIRE DE L'ÉGLISE

ancien dans le diocèse de Strasbourg. Plusieurs églises y sont consacrées en son honneur1. La chapelle du palais épiscopal de Strasbourg a existé pendant plusieurs siècles sous son invocation *. Elle a été longtemps le titre d'une prébende de la cathédrale. On attribue même à Saint- Ulrich l'origine des bains de Holzbad , situés à une lieue de Benfelden 3.

Othon , auquel on donne d'une voix commune le titre de (irand, mourut quelques mois avant Saint-Ulrich, le 8 de mai * 973 5. Ce prince, véritablement digne de ce surnom, de quelque côté qu'on l'envisage, fut, de tous les successeurs de Uharlemagne, celui qui le mérita davantage, et qui, en des conjonctures plus favorables, eut peut-être rappelé les jours glorieux de cet illustre monarque °. Zélé pour la religion, il contribua beaucoup à la conversion de presque tous les peuples du Nord : il eut surtout soin de faire mettre dans les prélatures des sujets dignes de les

1 Enlr'autres les églises d'Avcnhcim , Bindcrn , Irnistett , Krigesheim , Landersheim, Miihlen, Nordrach, Scha.-uclsheim , Witlersheiin , etc.

* Cupella beuli Ud'ilrici , qttœ ml palutium Domini episcopi spectare dinoscitur , est rappelée dans une charte de 1251. Cupella S. l'dalrici si la in civilate Argenlineusi, in palatio Domini episcopi argentinensis infra limites curiœ episcopalis , est encore nommée dans plusieurs titres do 1354, 1355, 1407 et 1438.

3 A cinq lieues de Strasbourg, à une demi-lieue de Westhausen et sous sa paroisse. Près de ces bains est une chapelle dédiée à St. -Ulrich. Une ancienne tradition porte que ce saint évéque d'Augsbuurg vint en Alsace, et que, pressé un jour de la soif, ne trouvant aucune eau pour l'étancher, il découvrit la fontaine qu'on nomme aujourd'hui llolibud. Cette tradition est rappelée dans la dissertation phy- MCo-inédkale de M. Kratz, sislens Hiatoriam fontis Ihhensis in Alsuliù , imprimée à Strasbourg, en 1757, p.ig. 15.

4 Ctironicon rnss. Ensidlcnse. « An. 973, Otto Magnus irnperator, VIII idus « maii obiil, Otlonem flliuni suum succcssorcm relinquens. »

5 DmiAlsus, //'//. 2, pug. 5î0. Chrouographus saxo, pug. 187. Chroninm smirti Pantaleonis, pug. SOI , etc. Voyez Pfeffinoeh ,' in corpore juris publh i , lot». 1 , pu g. 4'J'J.

" Vo>cz le 1\ Barre, Histoire générale d'Allemagne, loin J, pug. 4 i7 cl suit:

DE STRASBOURG

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