BIST. DE L'ÉGLISE DE STRASBOURG. — LIV. DIXIÈME
au pape Adrien IV, dans lequel , appliquant les subtilités scolastiques aux objets de la foi , il prétendait que , dans l'adoration de Jésus - Christ , il ne fallait jamais séparer l'Homme de Dieu, et le Dieu de l'Homme. Brunon mourut, dans un âge très-avancé, dans le monastère de Saint-Michel, qu'il avait choisi, pour sa retraite, le 10 juillet 1162 Le nécrologe de la cathédrale de Strasbourg en fait mention, au 14 de mai, sous le titre de prévôt*. On célèbre le jour solennel de son anniversaire , au 30 de juillet , dans l'abbaye de Sainte-Marie, dont nous avons vu qu'il avait été le fondateur.
« Necrologium monaslerii s. Michelis Bamberg» seculo duodecimo, desinente conscriptum, apud Schannal, Vindem. littcr., collect. î, pag. 54 : . iv Mus Juin • Bruno episcopus Straiburgensis, 1162. Hic dedil viginti lalenla. »
* Necrologium Argentinense, fol. 6 : . u Non. Mail Brun prcpositus obiit, qui - dédit predium in Scherwilre. «
GEBEI1ARD D'URACH
CINQDAKTK-QtUTRlÉUK ÉÏKQllE-PftlSCB »S STHASBOW
Dès que Brunon eût abdiqué , au mois de juin M 31 , Gebehard' ou Gebhard* fut élu évêque de Strasbourg par les suffrages de tous les chanoines , et , comme le pense Guilliman », par l'autorité de l'empereur Lothaire, dont il devint un des plus zélés partisans. Gebehard était fils d'Egenon 11, comte d'Urach \ et de Cunégonde», comtesse
• C'est là le vrai non, de ce. *,*,«. , cl il le prend lui-même dan» d«< charte» enraie, de H», où il esl appelé UiM. . »«•
L..haire II et Conrad 1U. de 1133 et 1H0. dan, d'antres charte, de ' 1,38 e. 113,, par l'auteur dn Fraient historique, dan» le. chronique, de X. M. et dEher.mJ.cr, ete. Un sceau de Cehehurd, qui se treuve a sa ,'aohav. de Sain,e-Walh„r8e . le représente ass.s . * ^
nne crosse, e, de la «auche un livre onver, a- « * qM, ,
et une charte de 113. û*»r/waws. de 1137 exclusivement
avec Eb.rh.rd. - Le* chartes ci-dessus ntecs jusqu à celle de 1 37
„„„ c« «an ot fiH5 des nièces just. du tome ï dei tiisi. tonnent les titres 626, 627, 628 e 635, des P rappellent GeW«n.«.*.
• Le diplôme de Conrad III, de 1139, et 1 Annal.ste saxon pi
» De episcopis Argentinensibus, pag. 231. pau 214, q>»
• Comme récrit le P. Hess, «, .Script. ^ J ^ > ^ cite en même temps le nécrose de Zwifaltcn ou o n 1.1 » 7 ul t
. cornes de Draeh. » 1/i.f *• P^cs just f .1. W • ,
•U même nécrose, page 2t7 .it mon o . ^ ^ ^
. comitissa de «rach » au * de chronioue, ente en 1138 ,
comme le remake le mo c Ber ^ ^ ^ (|n erH,s, Zwi
op«dd»cf«m //e«, opfr. e.<. p. 210 . u Albiral eliain
* faltensi) cum rn.tr. Cunegund» com.tusa de Ur.li. j« « soror ejus, abbalissa de Lindaugia ibi jacet condtta. . ^
de Rheinfclden neveu de Conon, cardinal de Préneste, et de Gebhard , évêque de Spire , dont nous avons parlé autre part4. Son père eut plusieurs enfants \ entrautres, Egenon III, comte d'Urach, qui vivait en 1137 et 1138 \ Udelhilde , qui épousa Frédéric, comte de Zollern 5, et la bienheureuse Alberade , abbesse de Lindau , qui s'étam retirée, vers l'an H3J , dans l'abbaye de Zwifalten , v mourut en odeur de sainteté6, le 5 avril H367 ou H37»
' Sulgcr, in Annal. Monasterii Zwifattensis, part. \, pag. 11. et 89.
'Page 134. L* prince-abbé de Staint-Blaise dit , Hist. Silvœ nigrœ, tom.i, hb. 7, pan. 356, . Gchardus Hirsaugiensis abbas («1 episcopus Spirensis) fuit patruus • cognominis Ccbhardi Argentoratcnsis episcopi »
» Le môme abbé, oper. cit.. pag. 356 et 357, donne à cet Egenon II cinq filles, savoir Udelhilde et Alberade, dont nous parlons; Halévicquc , femme de Hartmann, comte de Wurtemberg; Irmengarde, mariée à Schweickard de Gundel- »ngen, et Math.lde, épouse de Manegold de Sumetingen. Celte dernière est, selon nous, plutôt sœur, que fille de cet Egenon II , comme nous l'avons déjà remarqué ci-dessus, pag. 132.
* Cornes Erjeno signa, en 1137 et 1138, deux chartes, l'une du comte Hugues pour 1 abbaye de Lure , et l'autre de Règenhard et FrédOric de Chàlenoi , pour legl.se de Strasbourg. Pièces just. Voy. lV»rrf,., „or. sub., diplomA. l.pag. 103. La chromque de l'abbaye de Zwifalten, où Udelhilde fut enterrée, en fait men-
„, .! ' ^ H d'aVriI ' ain8i que de Frédéric, comte de Zollern, son mari,
d de Fredénc, son fils, pag. 239 et 2*6, au 19 mars et au 1* aoust.
4 Cr* "** " m' el Crusiu8> Annal Suevic, tom. 1, fart. 2, Hb. 1 , ■ P- • pag. 7 et lib. 9 , pag. 32i et 350. Or.lieb , moine de Zwifalten , apud Hess c«p.U, pag. 19i, parlc ainsi d'Alberade : . Quidam tam viri quam feroina»,
' 7*2 Xa:irDe !e,)0Sila' hic (in zwifa,,en) -h n,,bi
. fomitL F l" q"°rUm numerosilî"c nu^lam extitit Alberat nomine
Z Tl T ^ L> ndaUBriam "*■««■ Ha"c t^hiH, comitissa de Zolre .
- toi; t^c::; poiuii im"ri M •
sa cousine J0Ur " Ca,Cn,1rier ,,C Zwifi,"*n' <cril Mal'» * Sumelingen
Alberade • 7 ' "^'S' I"* la même date.
AiDeradc vivait pu m™ i.„
'nr»„iquc de ZwiWle„ J" • T' " 'CraPS pub,ii "
» "MMlitu n... 11 ' ^ 40^ nui en parle ainsi : Alberada nuonditn
' * monl,c,"■• «w "on,,,, Ondilhdd» cnmMi» de M» •
Les comtes dUrach , issus de ceux d'Achalm 1 , tiraient leur origine d'un ancien château , situé aujourd'hui dans le duché de Wurtemberg, au-dessus d'une petite ville qui porte le même nom, château bâti par le comte Egenon I a. Egenon 111, son petit-fils, frère de Gebehard, évêque de Strasbourg, eut pour femme Hadewige5, dont il eut Egenon IV*. Celui-ci, surnommé le Barbu, vivait en 1160 et bâtit le château de Fiirstemberg 5. 11 épousa , vers l'an H81, Agnès, fille de Bertold IV de Zehringen, et sœur de Bertold V, dernier duc de ce nom. Celui-ci étant mort en 1218, Agnès hérita des possessions, que la maison de Zehringen avait en Souabe et dans la Forêt -Noire, et particulièrement la seigneurie de Fribourg. Cette seigneurie échut, en 1220, à Egenon V, qu'elle avait eu d'Egenon IV.
Mais elle était déjà morte en 1138, puisque Berthold, qui écrivait alors, pog. Îi0, dit qu'elle fut enterrée à l'abbaye de Zwifalten. ' Voyez ci-dessus, page 87.
P**e 88 «nmitissa de Ura » sont nommés dans
1 « Egino Cornes de Ura junior... Hadcwic comitissa ac cra
le nécrologe de Zwifa.tcn, W. »5 et »6. au » juillet et au 19 aou l . Co™
. Egino de Ura et fvlius suus . sont rappelés dans »es donations de Re,hen c U
sousManegold, qui «. était prieur sur la fin du douzième s.èc e , .prf I Kj, «
. Egeno Cornes de Urach . est nommé entre le, témoins dans une char de W . déric, duc de Souabe pour l'abbaye de Salem de 1.85 Hergo, M * burg.t tom. pag. 196 : . Egno Cornes ée Ura, témom d un *£r^£» rcur Frédéric II de 1219 , pour le monastère de Van9aéu,a en Itahe, Muraton , Antiq ital. tnedii œvù tom. 5, col. 972. charlc
• On trouve dans les arebives de ."abbaye de ^f^^ u„ lionsai, d'Egenon, comte d'Uracb de Tan 1181 avec son sceau, qui rcPrès
i o<^6 L'empereur Frédéric dans aeu*
tant. //isMria «7r* niffr« . /oui. 1, P«J- 356- uem» ^ h it
diplômes de 1.19 l'appelle . dileclus consanguineus noster cornes Eg- d Ur
Voyez Schœpflin, ff»l. Zan^-ZMenm. 5 < ^ ^'^
fort âgé après l'an 1229. aai «nus l'on
• H «l ,«li« 1»"» «a chronî,„e d. <""<« »• 1160 . . Ego cornes de Cran, vel de Furstenberg.
Il la posséda du vivant de son père, et il commença à prendre, dès l'an 1230, le titre de comte de Fribourg. Cet Egenon V, marié à Adélaïde de Nieffen , mourut en 1236. Il laissa quatre fils, dont l'aîné, nommé Conrad, continua la maison des comtes de Fribourg, éteinte en 1457. Le cadet, appelé Henri, qui vendit, en 1254 et 1265, le comté d'Urach aux comtes de Wurtemberg1, prit, dès l'an 1250, le nom de comte de Fùrstemberg. Il est l'auteur certain de la maison de Fùrstemberg , qui existe encore aujourd'hui.
Gebehard, qui tirait son origine de celle d'Urach, était, selon quelques écrivains, un prélat plus capable de commander une armée , que de gouverner une église. Il était plus propre, dit le P. Longueval *, à manier l'épée que la crosse. La justice, cependant, qu'on doit lui rendre, c'est qu'il était également brave et religieux. Fidèle à son souverain, il voulut, dès le commencement de son épiscopat, signaler son zèle pour Lothaire. Il prit les armes, en 1131, contre Frédéric , duc de Souabe et d'Alsace , et lui livra bataille près de Gugenheim, dans le Kochersberg, à trois lieues de Strasbourg3; il défit entièrement son armée4, et s'empara de la plupart des châteaux que Frédéric s'était conservés en Alsace5. Rosheim, qui appartenait au même
• Comme nous l'avons déjà remarqué autre part, pag.Ui, note 8.
• Histoire de l'Eglise gallicane, fom. 8, pag. 5i9.
• Une ancienne tradition porte que la chapelle de Saint-Laurent, située à trente pas de Gugenheim, a été fondée en 1131, par l'évèque Gebehard. Gugenheim appartient encore aujourd'hui à l'évéché de Strasbourg.
4 Fragmcntum historicum Urstisii, pag. 85 : - An. Dom. 1130 (I. 1131) facta • est pugna inler Gebehardum Argentinensem episcupum et Fridericum ducem « Allemaniœ apud Gugenheim. •
1 Guillinwnnu». de Kpitc, pag. i31.
duc, fut pris et brûlé l'année suivante ■. Guilliman» écrit aussi que Gebehard contraignit Frédéric de quitter le titre de duc d'Alsace. Mais c'est une erreur que M. Obrecht » et, après lui, M. Schœpflin4, ont déjà judicieusement relevée, d'autant plus que l'annaliste saxon 8 lui donne partout la qualification de duc d'Alsace. L'évêque Gebehard remporta encore, cinq ans après, en H36, sur le même duc Frédéric, une seconde victoire, et plus triomphante, au village de Dunzenheim6, où périrent un grand nombre de combattants 7. Frédéric, ainsi que le duc Conrad, son frère , s'étaient cependant , dès l'année précédente, réconciliés avec Lothaire.
Ces deux princes , ayant appris le couronnement de l'empereur, que le pape Innocent avait fait à Home , le 4 juin H 33», et se voyant hors d'état de s'opposer à ses forces reunies , prirent le sage parti de prévenir, par un* soumission volontaire, les malheurs dont ils étaient menacés. Ils s'adressèrent à saint Bernard, abbé de Clairvaux,
' Chronicon mss. Codfridi de Ensmingen , notarh Curi* Argentine,,^, de ,u que acciderunt in diacesi Argentinenti, conscriptum an. 1Î9Î : « An. Dom. ^ . tombait, esl Rodesheim. . On lit la même chose dans Kœnigshovcn , cap. o.
^ 0?£p»c, pag. 181. Cuilliman a été suivi qar le Père Barre. Histoire d'Allemagne, tom. 4, p. 555, qui place cette défaite fautivement à l'an il**-
1 In Podiomo rer. Alsatic, cap. 4. pag. *3Î.
4 Alsatiic illulrata?, font. î, pag. 5i9.
• A|.ud Eccardum, in Scriptor. rer. Germon*, tom. U P°9- •»« « -Chronkon m». Godefridi de Ensmingen: « An. Dom. 1 1 36 facla est
n.agna inter episcopmu »— ^ B**.
' Ka>nig*hovcn, cap. 4 , pag. t4S et cap. 3 pag. é ,
pag. 04; Crusius, Annal. Sue.c U»J. * ; ; * ■ ^ ' d(| font mention de la môme victoire remportée en 1 116 « ' > m lieu ni de l'endroit que la chronique que nous venons de ci «r nomme
■ Baronius, Annal. Ecclesiait , ton, 1* . ad annum 1133 pag. W «1 et Fleury Histoire ecclésiastique , tom. 14 , livre 68 , pag. 457-»
pour le prier de travailler à leur réconciliation. Son entremise réussit. Lothaire tint une assemblée des Etats de l'Empire à Bamberg , au mois de mars 1135. Les deux ducs, relevés de leur excommunication , rentrèrent dans les bonnes grâces de l'empereur Frédéric fut confirmé dans la possession de ses duchés : Conrad sut même gagner l'amitié de Loti aire , qui lui donna beaucoup de part dans le gouvernement de l'Empire*. Il l'accompagna, en 1136, en Italie, où le pape avait appelé ce prince, pour s'opposer aux entreprises de Roger, roi de Sicile. Le sujet de cette histoire ne nous permet pas d'entrer dans le détail de ces expéditions , qui furent également glorieuses à l'Empire et utiles à l'Eglise *. Lothaire , sur le point de revenir en Allemagne, tomba malade à Trente. 11 continua cependant sa marche : mais il fut obligé de s'arrêter dans un petit village du Tyrol * , où il mourut , le 4 décembre M 37, âgé de soixante -trois ans8, la treizième année de son règne. Ce prince, véritablement digne du trône impérial par ses vertus chrétiennes et militaires , lui aurait rendu son premier lustre , si la mort ne l'avait pas enlevé trop tôt. Elle l'avait surpris, avant qu'il eût pu se concerter,
» Otto Frisingensis in Chronico , lib. 7 , cap. 19 , apud Urstisium , pag. 149, et Anonjmus WeingaHensis de Guelfe Principibus , cap, lî, § 10, apud Canisium eet. anttq., tom., 3 , part. î, pag. 586 , atque Hess , in Scriptor. rer. Guelfic. Pag- 31.
; Voyez le P. Barre , Histoire d'Allemagne, tom. 4 , pag. 590 et 591. Idem , pag. 598-612.
«La Chronique d« Lauterberg nomme cet endroit Bredinam, et l'Annaliste S»»»
l i TTo • 0rigin- Guelfic- • tom- * • w- 350 i« * >illa««
c est Brai ; " * »™ • " rer. Guelfic. pag 33 , croit que
et «. ,1 "* ' S'tUé da"S ,C Tyro1 à Près d'«nc "eue au-dessus de Fuesscn ,
• Et lonT* a,,j0Urt!'hUi rég,i5e Par°iSSia,e du b°Ur* de Re»lelib 4 " C,rreS de CCnl a"8' C°mme ,e disenl la « '"onique du Monl-Cassin , etFleu'rv3» \apUd */ttrfl/or,. «'« Scriplor. rer. Italie, tom. K.pag. 597 , et Fleury, Hutmr9 Ecclésiastique , tom 14, pag. 504.
avec les princes de l'Empire , au sujet de sa succession. Comme il ne laissait point d'enfants mâles , deux rivaux puissants se mirent sur les rangs pour briguer la couronne d'Allemagne. Ce furent Henri-le-Superbe , duc de Saxe et de Bavière, gendre de Lothaire, et Conrad de Hohenstauffen, duc de Franconie, neveu de Henri V. Mais ce dernier, malgré tous les efforts de son compétiteur, l'emporta. Conrad s'étant hâté de venir à Coblentz, il y fut choisi roi de Germanie, le 22 février 1138, par tous les princes et prélats qui s'v étaient assemblés. Le cardinal Theodewin , légat d'Innocent II, fut présent à cette élection, et assura qu'elle serait ratifiée par le pape et les seigneurs d'Italie '. Theodewin était né dans le diocèse de Strasbourg : il avait fait, dès sa jeunesse, profession de la règle de saint Benoît dans l'abbaye de Marmoûtier, en Alsace *. Elevé au grade de prieur dans cette maison , il fut choisi abbé de Gorze vers l'an H2Ô3. Créé, en 1134, par le pape Innocent, cardinal de Porto et évéque de Sainte-Bufine 4,
' OUo Frisingensis, «6,7, cap. 22 . pag. 151 , et Baronius Annal. Ecclesiatt. tom. 12 , pag. 3V5.
• Coccius , in Dagobtrto flege . pag. 59 , et MabiUon , Annolium Ordtnn S. Bénédictin tom. 5, pag. 615. Il est nommé dans l'ancien registre d'Anselme , abbé de Maurmoutier , écrit au 'milieu du douzième siècle « Vencrabils Thodewmus . Dei gratia Sancte Rulïlne episcopus , Apostolice sedis legatus , pnm.tus autem . hujus loci Professus. . L'auteur contemporain de la Vie du B. Théotger, évéque •le Metz , cité par Dom Mabillon , Annal. Benedict. tom. 6 , hb. 73 , pag. . nommé Theodewin, prieur de Maurmoûticr sous l'an 1117.
'On ne sait au juste en quelle année Theodewin, prieur de Maurmout.er, devnt abbé de Corze ; mais on voit par divers actes , qu'il l'était dès l'an 1186 . comme l'écrivent les auteurs de 17/ù/oire générale de Met* , tom 2 . pag. 2»9.
♦ Mallinckrot, de Cardinale, Sanct* Roman* Eccltti* German» apud \\ ncler in Collecl» Arckm, pag, 509. et Moréri, Dictionnaire ™^J^a; pag. 114. On lit la souscription « Ego Theod.w.nus Sancte Ruflne Ep scop s dans deux bulles du pape Innocent .., l'une du 10 juin 1135 pour I
Honcourt, et l'autredu 28 octobre 1136 pour celle de Schutteren - Uom^ici.Labulled'.nnocent.lpourrabbayedeHonc.urt.qu.est.mpnméeencnt.er
376 HISTOIRE DE l'ÉGMSE
il fut employé dans plusieurs légations , et surtout dans celle d'Allemagne K Conrad , après son élection , vint à Aix-la-Chappelle, où il fut sacré, le 13 mars 1138, par le cardinal Theodewin. il alla ensuite à Mayence, où presque tous les princes s'empressèrent de le reconnaître pour empereur3. Il y eut une cour nombreuse et brillante, composée, entr'autres, du légat du pape, des archevêques Adelbert de Mayence et Adelberon de Trêves, des évéques Embriccon de Wurzbourg, Buccon de Worms, Sigefroi de Spire, Warner de Munster et Rodolphe de Halberstadt, de Henri, duc de Lorraine, et de plusieurs autres seigneurs laïcs \ Les Alsaciens furent charmés de voir, sur le trône impérial, le frère de Frédéric, leur duc. Ce choix leur devint un heureux présage pour la tranquillité de la province. Ils ne se trompèrent pas dans leur espérance : car 1 Alsace , comme le remarque le P. Laguiile 4 , devint , depuis le règne de Conrad , toujours plus considérable dans l'Empire. Gebehard, évêque de Strasbourg, qui, en 1135, s'était réconcilié avec Frédéric, duc de Souabe et d Alsace , témoigna pour Conrad , son frère , dès qu'il fut élu empereur, le même zèle qu'il avait montré à Lothaire. H leva même des troupes pour lui, et contribua à faire rentrer dans le devoir quelques factieux, qui ne voulaient pas le reconnaître. Conrad , duc de Zehringen , qui avait succédé à Berthold III, son frère, tué à Molsheim, en 1123,
sZcH r 'nC,Ve ''"^ d'AU" '"• pag. ccxc , ne porte pas la
souscnpno,, de Theodwin. (Xote de l'éditeur )
v^tTlTet S5T tom 1 * m- 126, ct Pagi Crilica m Amales BaronU' tom *'
ReolZl 'a diSSerla,i°n d'W|fl de Trosknw de relus a Conrado II!
R'Westts , uupnmèo A Francfort on 1730.
r.hh-.TTY' Para'1 ,G (liI,,ô,no *ïue le roi Conrand III accorda à Mayence à ' ibbaye de Sainte- Walbunre P ,„,/. h- a.
• /IÙ//I.V- *a, > ]«>U. Wurdtwem, nor. suh. dipl. I. 7, />. 100.
"Ul°ire rf/l,1BCf.'«»'3,/i, 17, w. 12.
et qui avait obtenu , quatre ans après , de Lothaire , le comté de Bourgogne avec le rectorat, ou la lieutenance générale du royaume de ce nom 1 , fut un de ceux qui se déclarèrent le plus vivement pour le duc Henri , gendre du défunt empereur. Mais ce zèle coûta presque à Conrad la perte de ses domaines. Le duc Frédéric assembla une armée dans la Souabe et l'Alsace : aidé du secours de l'évéque Gebehard2, il marcha contre le duc de Zehringen, etlui enleva, en M 38, la préfecture de Zurich et une partie de la Bourgogne-Transjurane\ De là, il passa dans le Brisgau, où il se rendit maître du château de Zehringen*. Ces victoires rapides obligèrent le duc de se soumettre à la domination de l'empereur Conrad. Celui-ci lui rendit , la même année, les terres qu'on lui avait enlevées, comme le prouve le diplôme de ce prince, donné, en 1138, à Bamberg, en faveur de l'abbaye de Saint-Biaise \ où l'on trouve la souscription de Conrad de Zehringen , sous le titre de duc de Bourgogne6, immédiatement après celle du duc Frédéric, qui l'avait vaincu7. Conrad de Zehringen mourut le 8 de janvier H528, et fut enterré dans l'abbaye
* Voyez Scha-pflin, Hist Zaringo-Badensis, tom. 1, poQ- *05 «' te1-
* Guillimanus, de Episc. Argentine»., p. 232, et Schœpflinus, /. «t. pag. 3 Guillimannus, Habsburg, lib. 5, pag. 275.
' Otlo Frisingensis, de Gestis Friderici 1, lib. /, cap. 26*. pag. IM. Cette expédition se fit par le duc Frédéric, et non par Frédéric son m*, cummeje pensent le P. Laguille, Hist. d'Alsace, tome 3, page 29, et le P. Barre, JIW. d Allemagne , tom. 4, pag. 638.
* Apud Hergott, Geneal. Habsburg, tom. 2, num. 215-
* « Conradus dux Burgundine. » .
' Il est nommé . Cunradus dux Carintic ■ dans le. souscrirons d un d plôme de Conrad III pour l'abbaye de Seltz de 1139. Cette qualificatiea tire ******** origine du duché de Cerinthie, possédé „ar Bcrtt.old 1«. son grand-pere, n'est pas, dans cette pièce, une faute de copiste au lieu de Cermgxe.
■ Sonépitapheest ainsi conçue dans le chœur de l'église de M-P.err e . ^ • dux Zaringi*. rector Burgundi* filins Bertholdi M , frater Bertho.d, ... . cond.tor
378 HISTOIRE DE f/Éf.MSE
de Saint-Pierre , ainsi que Clémence , fille de Godefroi , comte de Namur, sa femme, qui le suivit au tombeau le 28 décembre 1159. Il en eut sept enfants , dont les plus connus furent Berthold IV, qui lui succéda dans le duché de Zehringen , et Adelbert , dont descendent les anciens ducs de Teck. Berthold portait le titre de comte du vivant de son père, qui lavait établi comte provincial, ou landgrave du Brisgau.
Conrad de Hohenstauffen, qui avait été élu roi de Germanie , aimait l'Alsace où il faisait un fréquent séjour. Il vint passer dans cette province une partie de l'été de l'année 1139. S étant rendu à Wissembourg , le. 20 mai', il passa de là à Seltz. Gebehard , évéque de Strasbourg, et Frédéric , duc d'Alsace , allèrent y trouver l'empereur, qui confirma en leur présence la fondation de l'abbaye de Zwelthal , située dans la Basse-Autriche *. Conrad vint ensuite à Strasbourg, où il tint plusieurs assemblées pour régler les affaires de l'empire 3. Ces assemblées furent des
• Basilic» B. M. Y. Friburgi Brisgoviœ , obiit vi ld. Januarii mclii. Clemenlia ejus uxor, fllia Godofredi comitis Namurcensis, obiit v Cal. Januarii anno MCiviin. > Chronica Gisleberti, pag. 46 et 47 : « Godefridus, cornes Namurcensis de secunda
• uxore Hermensende nomine, habuit lilias très , ducissam scilicet Ciringiorum....
- Ducissa vero ceringhorum 1res filios habuit, Berlholdum ducem Ccringhiorum,
• pnncipein potentissimum , et Kodulphum Leodiensem episcopum et Hugonem
- comitem. Habuit etiam llliam , quam pnepotontisMinus omnium ducum dux » saxonum Henricus duxit uxorem. .
Chronica Gisleberti, pag. 65: Mattha>us cornes Boloniensis liliain habuit Idam,
• qum post patrem comilatum Bolonienscm tenuil , et primo nupsit Gerardo coruiti de Ghelra d.inde BerloMo Cheringiorum duci , po.tca Rainnldo , comiti Domni- Martini in Francia. »
' Le diplôme de Conrad III pour l'abbaye du Fr»..rk«nthal, o/,ud Schannct, llht. »»rmat. ,„ codice probat, pag. 69, est daté de Wissembourg, 20 mai 1139. • Pièces justificatives, num. i».
1 Guillimannus, de EpUc. Argent., pag. 232 et 233.
plus nombreuses par le grand concours de princes et de prélats qui s'y rendirent de toutes parts. On peut en juger par les signatures, qui terminent le diplôme de ce prince, en faveur de l'abbaye de Seltz, daté de Strasbourg, 28 mai 1139 «. On y vit entr'autres , Adalberon , archevêque de Trêves et légat du saint- siège, les évêques Embrichon de Wurtzbourg, Buccon de Worms, AlberondeLiége, Etienne de Metz, Warnher de Munster, Ortlieb de Basle, Anselme de Havelberg, et Swicger de Brandebourg, les abbés Wibald de Stavelot, Fridelon de Richenau, et Wigeram de Pfeflers, Frédéric , duc de Souabe , Conrad , duc de Zehringen , le comte Berthold, son fils, Mathieu, duc de Lorraine, Herman , marquis de Bade , Albert , comte de Habsbourg , Reinald , comte de Lutzelbourg , et Frédéric , comte de Ferrette. Le môme jour, 28 mai , Conrad renouvela les privilèges de l'abbaye d'Ensidlen *. H confirma ceux des abbayes de Lucelle 3 et de Pfeffers 4, par deux diplômes , datés de Strasbourg, 28 juin 1139. Ce fut également pendant son séjour dans cette ville , que l'empereur rétablit Adalberon, archevêque de Trêves, dans tous ses droits sur l'abbaye de Saint-Maximin tt, et qu'il approuva un passé entre l'évêque de Basle et Ulrich , prieur de Saint-
1 Pièces justificatives , uum. iJ.
' Data Argentin*, dit-il dans son diplôme publié par Hartmann. Annal. tteremx Deipote, pag. 195, et Hergott, Gtneal. Hambourg, tom. «, pag- 163-
» Le diplôme date, in civitale Argentine, a été publié par Bernard» Buch.nger. Epiiome Fastorum Lucellensium , pag. 26, et Schœpflin, Alsat. dtplom. tom. , pag. 221. .
' Actum Argent***, comme on le lit dans un fragment de ce diplôme, accorde a Wigeram, abbé de Pfeffers, inséré dans la chronique suisse de Tschoud,, .mpnmée à Basle en 1734, pag. 65 et 69.
' Actum Argentin*, dit le diplôme, publié Par Bertholet , Hist. **«*"^ tom 4, pièce, jugeai., p. m, et de Hontheim , Hist. Trevirens» d^maL tom. 1, pag. 541. Voyez dom Calmet, Hist. de Lorraine, tom. 2, /»'• *». W<
HISTOIRE DE l/EGLISE
Pierre, dans la Forêt-Noire l. Le dernier diplôme fut donné à Strasbourg, en H39 , dans le temps que les princes assemblés y décidèrent la guerre contre les Saxons, qui avaient arboré l'étendard de la révolte *. 11 fut eipédié en présence des archevêques de Trêves et de Besançon, du duc Frédéric , frère de l'empereur, des comtes Hugues de Dabo , Sigebert de Werd , Reinald de Lutzelbourg, Frédéric de Ferrette, et Henri , avoué de la ville de Strasbourg. Henri , qui avait succédé, en IH9, à Si^efroi , dans cette advocatie , était frère de Reinald , comte de Lutzelbourg. Conrad revint en Alsace en l'année ^40, et nous trouvons qu'il fit alors quelque séjour à Molsheim s.
Le pape Innocent avait tenu l'année précédente , le 8 avril H 39 , dans le palais de Latran , un nombreux concile , qui est compté pour le dixième général «. Il s'y trouva près de mille évêques , avec encore plus d'abbés. On y condamna , entr'autres , les erreurs d'Arnaud de Bresce ; on y déclara nulles les ordinations faites par l'antipape Anaclet, et on y dressa trente canons. Le cardinal Theodewin « et Sig. mar , abbé d'Ebersmiinster « assis-
' Piec. jusl. V. Trouillat, Monum. de l'ancien èvêchè de Bâte ,1.1, p. 270, n» 180.
«ommc on le voil à la fin du diplôme : . E . temporc, jubente Rcge, principes qui aderant, expeditioncm contra saxones regnum commovcntcs juravcrunl. .
le diplôme de Conrad, apud Lunig in Codire llaliœ diplomatie», lom. î,pag 7 PaF leqUeI " accorde '« droil de battre monnoie à la ville de Plaisance, «t. daté de H40, inAlsntia in loco gui dicitur Molescum. Cet endroit ma) rendu par le copule , ne peut être que Molsheim.
| Labbeus, Concil., tom. 10, pag. 999, et Mansi, lom SI, pag. 523. Voyei Baronius, Annal. Eeclesiast., tom. 12, ad an. 1189, pag. 3*6-352. et Meury, Htst. ecclésiastique, lom. U, pag. 528-532.
Comme il le dit lui-même dans sa charte de lli2 , pour l abbave de Marmoû- •er ou Ion trouve que le pape Innocent lui accorda , in masimô Concilia, .M
'Si el!a S:,inle"rr°iX- Pleccs j"*Hfi«tive$, n« 30.
igemarus abbas secundo ordinationis sum anno Romam ad Concilium Inno-
tèrent au concile de Latran. Nous ne croyons pas que Gebehard, évèque de Strasbourg, s'y rendit avec eux ; du moins se trouvait- il en Alsace , dès le mois de mai de la même année 1139. Ce prélat retiré dans son diocèse n'est guère connu dans les annales ecclésiastiques que par des consécrations d'églises , et par quelques chartes de donations ou de confirmations. Ce serait fatiguer la plus commune partie des lecteurs que de remettre sous leurs yeux l'ennuyeuse énumération des actes et des diplômes où l'on trouve le nom de cet évôque. Mais comme ces détails peuvent être utiles pour la vérité de l'histoire et pour l'éclaircissement de quelques faits ; comme il faut aussi accorder quelque chose à une certaine classe de savants , qui sont curieux de pareilles pièces ; nous les avons renvoyées à la fin de cet article sous le titre d'Anecdotes chronologiques. Redevables à l'histoire des particularités détachées comme des événements suivis , nous observerons la même chose à l'égard des évêques successeurs de Cebehard. Il assista à la diète de Worms que l'empereur tint au mois de février 1140 , et il signa le diplôme que ce prince y accorda au monastère de Saint-Jean de Bischofsberg *. La même année 1140, l'église cathédrale de Strasbourg éprouva un second incendie * causé par le
t centii papœ perrexit , • dit la chronique d'Ebersmùnster, part. 1 , §29. Pièce» just. du lome 1 de l'Hist. d'Als., pag. xxxv. * Pièces justificatives, nvrn. 31.
'Fragmentum Urstisii histori-um , pag. 85: An. Dotn. 1140 combuslum est . monasterium Argcntincmc secundo : sequenti anne» Gebchardus obiit , cm Bur- . rhardus successit. » On lit aussi dans le nécrologe mss. d'Altorff, fol. 67 : « An. « 1140 combustum est monasterium in Argcntina. • La chronique mss.de Codefroi % d'Ensmingen place cet incendie deux ans plus tard : « An. Dom. 1142 combuslum . est monasterium Argentinense. « L'évoque Burcard, dans «a charte de 1142, fai mention d'un privilège « quodin destructione ecclesiœ Argentinensis ultimo incendiot « consuinptum est. »
HISTOIRE DE l/éGLISB
feu du ciel ,. Cet accident fut suivi du décès de l'évêque Gebehard qui ne survécut pas longtemps à ce malheur. Il mourut le M janvier 4i4I% après dix ans d'épiscopat s.
Anecdotes chronologiques.
M 33. Gebehard, évêque de Strasbourg, Bertold , ahbé de Mourbach, et Frédéric, comte de Ferrette, signèrent le diplôme de l'empereur Lothaire II , daté de Basle , le 8 novembre H33 , par lequel ce prince prend sous sa protection , le monastère d'Interlach , situé dans la Bourgogne Transjurane et l'évêché de Lausanne *.
U33. Gebehard, évêque de Strasbourg, consacra le 14 novembre H33 , l'église abbatiale de Baumgarten , en
' Schadœus, in description Summi Temjtli , pag 20.
* Gebehard mourul en 1141, suivant le Fragment historique, pag. cit. Kœnigshoven, in Chronico, cap. 4, pag. 243. Wimphelingue, page 51, et Guilliman, pag- 239. On lit dans Albert de Stade, in Chronico, pag. 271 : « An 1140 Gevehardus Strasburgensis obiil. » Cette date de 1140 a été adoptée par Trithcme et par plusieurs autres historiens. Nous préférons celle de 1141, puisque Burcard, successeur de Gcbehaid ajoute dans deux chartes de 1143, pièces just., Wùrdt. nov. sub. dipl. t. 7, p. 128 et t. 9, p. 345, que cette année 1143 était la seconde de son épiscopat : . anno opiscopatus noslri secundo. » Nous disons cependant que Gebehard mourut au commencement de l'année 1141. car Burcard, comme nous le verrons ci-aprés, était déjà évêque au mois d'avril. Le nécrologe du monastère de Marbach, écrit en 1141, place le jour de sa mort au 11 de janvier : ni Jdus Januarii, Gebehardus • episcopus de Argenlina. » Celui de Gegenbach, qui se trouve dans les archives de l'abbaye de St-Picrrern Brisgau, nomme au môme jour : • Gebehardus episcopus. ■
s l.cs auteurs de la Gaul-J chrétienne , lom. 5, pag. 978 , placent la mort de Gebehard après 1 142. Ils se fondent sur un écrit 1 publié par dom Martcnne, m Thesaura Anect., t. 1 , p. 395, qui se trouve daté de Tan 1142, sous l'épiscopat de Gebehard. Mais cette date est fautive, et l'acte qu'ils rilcnl est de 1139. Le diplôme d? Conrad III pour l'abbaye de Sl-Blaise, pièces just. V. Trouillat, Uonum. de tancien èvérhè de Utile, t. 1 , r.» 186, pag. 282, fait voir que Burcard était déjà évéque le 10 avril 1141. ;
4 Pièces justifïcat. du tome 2 de l'Ilist. d'Alsace , Ut. 626, paj. .;ci.miv. Voy. ftegenslen dex Klosfers des Kantons Items, p. 43, n« 1.
» Il s'agit du vœu de la ville de RoufTach , en faveur du prieuré de Thierbarh. {Note de l'éditeur.)
l'honneur de la sainte Vierge et de tous les saints. Cette cérémonie se fit en présence d'Algot , grand-prévôt de la cathédrale , Bertold , custos de la cathédrale et en môme temps prévôt de Saint-Thomas , Eberhard , prévôt de Saint-Pierre , de Henri , curé d'Epfich , dans la paroisse duquel était située cette abbaye , de Conrad , abbé d'Ebersmùnster, Meinhard, abbé de Maurmoûtier, Othon, abbé d'Altorff et de l'abbé de Saint-Trudpert , dans la Forêt-Noire avec leurs religieux ; des comtes Rodolphe de Lentzbourg, et Arnold, son fils ; des comtes Folmar de Hunnebourg, Adelberl de Habsbourg, Wezelon de Haigerloch ; de Henri, avoué de l'église de Strasbourg ; de Walther de Horbourg , Bertold de Dorlisheim , Anselme de Dachstein et Rodolphe de Windelsée ; de Walfrid , viccdomne de l'évêché , d'Othon , Schulteiss de Strasbourg, et d'un grand nombre d'autres personnes tant de la noblesse que du peuple.
Le même jour, Gebehard confirma la fondation de cette abbaye faite, en 1125 , par Cunon, un de ses prédécesseurs, et les différentes donations qu'elle avait déjà reçues. Il prend dans la charte de confirmation la qualité $ humble ministre quoique indigne, de l'église de Strasbourg, par la volonté de Jésus-Christ
1133. Ce fut également en 1133 que Gebebard , par la grâee de Dieu , évêque de Strasbourg , renouvela les biens et les privilèges de l'abbaye de Sainte- Walburge, accordés parl'empereur Henri V, en 1 106, et par les papes Pascal H, Calixte H , et Honorius II, en 1102, 1121 et 1125. Cette charte fut donnée en présence d'Ida , épouse de Pierre , comte de Lutzelbourg , et de Reginald , son fils , et des chanoines de la cathédrale , Adelgot , prévôt , Deizman ,
♦ Wurdtwein, nov. *ub. diphm., tom. 1 , pag. 73. Pièces justificai. du lome 2 de l'Histoire d'Alsace, Ut. 627, poy. ccuxviv.
HISTOIRE DE l' ÉGLISE
doyen, Conrad, camérier, Bertold, chantre, Bertold, archidiacre, et Burcard, chanoine \
1134. Le monastère de Saint-Léonard possédait plusieurs terres dans le ban de Bersch. Comme le fonds de ces terres appartenait au chapitre de Strasbourg, l'évêque Gebehard accorda toutes les dîmes, provenant de ces biens, à l'église de Saint - Léonard , sous une redevance annuelle de vingt livres de cire. Cette donation fut faite, en 1134, de l'avis et du consentement des frères de Sainte-Marie, Adelgot, prévôt, Dezman, doyen, Bertolf, chantre, Bertolf, custos, Conrad, camérier, Burcard et Charles, chanoines. Walfrid, vicedomne, signa l'acte de concession *.
1134. La même année 1134, l'évêque Gebehard dédia, en l'honneur de saint Léger * , l'église de Guebwiller, en Haute-Alsace 1 , en présence d'Adelbert, comte de Habsbourg, de Rodolphe de Lentzbourg, d'Arnold, son fils, et de Volmar de Hunnebourg \
1135. Les habitants d'Ober-Sultz , situé dans le Haut- Mundat, fondèrent l'église et le prieuré de Thierbach, ordre de Cluni. Ils lui accordèrent, le i* mai 1135, une partie de leur forêt communale. Cette donation se fit du consentement de Gebehard, évêque de Strasbourg, seigneur territorial d'Ober-Sultz, et de Wernher de Habsbourg,
« Pièces just., Wurdtwein, tom. 7, pag. 75, et Hist. d'Als., lom. n, lit. 628, .. pag. cclmxvi.
' Voy. Wurdtwein, nov. ntbs., diplom., tom. 7, pag. 83. Hist. dAU., lom. H. pièces justificatives, Ht. 6Î9, pag. cclxxxviî.
* Dom Oaltnet qui répète ce Tait, in Diario Helvttico, p. 4, ajoute qu'on voit <lans l'église de Guebwiller la mâchoire de saint Léger, avec cinq de ses dents, cl une partie île la sainte- croix.
* « Ut doret dedicalionis instrutnentum, » dit Cnilliman, Habsburyiac, lib. «>/'• S, pag. 200, edit, Mediol. et pag. 274, édit. Rat, s bon... « Ut litterje ostendunt, • dit-il autre part, de Ephc. Argentin., pag. 235. Tschudi , in Chronico Helvelico, tom. 1. lib. vi, pag. 64, edit. helianœ, fait aussi mention de cet acte do dédicace.
4 Et non de Homberg, comme l'écrit fautivement Guilliman.
landgrave de la Haute- Alsace , avoué du Haut-Mundat ' . Cette charte est la première connue, où le comte de la Haute- Alsace prend la qualité de landgrave. Ce titre est donc bien plus ancien que ne le supposent MM. Schœpflin * et Pfeffel 5, qui ne le datent que de l'année 1186.
H 35. Il y avait autrefois dans le village de Huttenheim, appartenant à l'évêque de Strasbourg, deux églises, Tune, dite haute, dépendant du monastère de Payerne ou Peterlingen; l'autre, dite basse, de la dépendance du grandprévôt de la cathédrale de Strasbourg. Les empereurs Othon II et Othon III, dans leurs diplômes de 983 et 986 \ comptent la cour de Huttenheim au nombre des biens de cette abbaye , située dans le canton de Berne. Il survint , vers 1135, une contestation touchant le district de ces deux églises : Adelgot, prévôt de la cathédrale, voulut obliger les sujets de Huttenheim , qui appartenaient au monastère de Payerne, à fréquenter l'église basse. Ces sujets étaient sur le point de prouver le droit paroissial de l'église haute par l'épreuve du fer chaud: celui-ci était déjà prêt et béni, lorsque la partie adverse céda et reconnut juste la prétention des sujets de Payerne. Tout cela se passa en présence de Conrad , abbé d'fcbersmiinser, de Henri et Sintram , moines de Mourbach , Otton , chanoine de Strasbourg , Louis, archiprêtre, Otton, curé de Kertzfelden, Richard, curé de Benfelden, Wernher, curé de Kogenheim, Louis et Henri, curés des églises haute et basse de Huttenheim, et de tous les paroissiens de cet endroit.
La cause fut aussi portée devant l'évêque Gebehard et son chapitre, qui décida aussi en faveur des sujets de l'abbaye
' Pièces justificatives. Voy. Wiirdtwein, nov. mb. diplom., tom. 7, pag. 95.
* AUatia illustrata, tom. 2, pag. 498.
1 Abrégé de l'Histoire d'Allemagne, tom. 1, pag. 203.
* Voy. Hist. d'Als.. tom. 1, M 320 et 322, pag. eux et cliii.
de Payerne, assisté des chanoines dignitaires de sa cathédrale, Adelgot, prévôt, Bertold, custos, Bertolf, chantre, et Conrad , camérier. Le jugement est daté de l'année 1135'.
1137. Après la mort de Conrad, abbé d'Ebersmunster, arrivée en 1 137, les religieux de cette abbaye élurent pour son successeur Sigemar , qui fut béni par l'évéque Gebehard 2.
H 37. Brunon , chanoine et archidiacre de Toul, avait bâti , près du château de Girbaden , la chapelle de Laubenheim. Le comte Hugues, fils du comte Albert et d'une sœur de Brunon, la fit dédier, par Gebehard de Strasbourg, en l'honneur de la Sainte - Vierge , des saints Barthélemi, Laurent , Georges , Remi et Euphémie. Il accorda cette chapelle, avec les biens en dépendant, à l'abbaye de Lure, en Franche -Comté , pour le repos de son âme, celui du comte Albert, son père, et de Brunon, son oncle maternel. Cette donation de Hugues fut confirmée, en H373, par la comtesse Gertrude, son épouse, et le jeune Hugues, son fils, encore enfant. Elle fut faite en présence de Gebehard, qui autorisa cette concession par son décret épiscopal, de Conrad de Pierre-percée, d'Otton de Geroldseck, Bertolf de Dorlisheim, Anselme de Ringelstein, Cunon de Eirdenheim, Reinher, son fils, Ebrvin de Saint-Vincent, Cunon de Phullingen et du comte Egenon. Cet Egenon nous parait être Egenon, comte d'Urach, père ou frère de l'évéque Gebehard. Laubenheim ou Lauben est un petit village , situé près de Molkirch , dans le district de la paroisse de Grendelbruch. On voit encore aujourd'hui, au-dessus de cet endroit, la chapelle de la Sainte- Vierge,
• Pi«Ves justificatives, Uist. a' Al»., tom. 2, lit. 635, pag. CCXCll.
* Chronicon Novietense, g Ï9.
1 Pièce» ju«tiflcative.. Voy. Wtird., nov. »vb». diplom., tom. 7, pag. 96.
dont nous venons de parler. Elle est un pèlerinage trèsfréquenté. Le collège de Molsheim jouit de ses revenus.
1137. Rosheim forme deux paroisses : l'une, dite haute ou de Sainte-Etienne, à la collation du grand-chapitre de la cathédrale de Strasbourg; l'autre, appelée basse ou des saints Pierre et Paul, du patronage de l'abbaye de Hauteseille, succédant aux droits de celle de Hess ». Eberhard, curé de la paroisse supérieure de Rosheim , voulant agrandir l'emplacement de sa maison , donna , du consentement de ses paroissiens , deux arpents de vignes aux frères de Sainte-Marie, pour une partie du terrain contigu à son église, qui appartenait à ces derniers. Cet échange, confirmé par l'évêque Gebehard , fut passé , sur la lin de l'année 1137*, en sa présence, et en celle d'Adelgot, prévôt, Charles, doyen, Bertholf, chantre, Bertholf, custos, Conrad, camérier, Burchard, Eberhard, Pierre, Louis et Henri, chanoines. L'acte fut signé par Henri, avoué de Strasbourg et de l'église de Rosheim, par Sigebert, comte deWerd, par Adelbert, schulteiss, et autres personnes distinguées de la ville.
1138. Deux nobles de Chàtenoi ou Kestenholtz, nommés Regenhard et Frédéric , donnèrent aux chanoines de la cathédrale de Strasbourg, sur l'autel de Sainte-Marie, les biéns qu'ils possédaient à Chàtenoi , Raventhal , Tanviller et Scherweiler. Gebehard , ministre indigne de la sainte église de Strasbourg , c'est le titre qu'il prend dans l'acte , accepta cette donation. H accorda , dans le même temps , ces biens , du consentement de son chapitre , à
• C'est une erreur dan» Kœnigshoven, in Chronico AUatiœ, pag. 291, et Kleinlawel , Sirasburgische Chronica, p. 24, lorsqu'il* disent que la petite ville de Rosheim Tut prise et brùlee en 1132: ils confondent cette année avec celle de
■ Pièces justificatives. Voy \Vurdt., nov. *ub. diplom. lom. 7, pag. »8.
388 HISTOIRE DE i/ÉGLISE
l'abbaye de Honcourt, suivant l'intention des donateurs. La charte est datée de M 38, la huitième année de son épiscopat1. Elle fut donnée en présence des abbés Megenhard de Marmoutier, Otton de Seltz et Otton d'Altorfl, d'Adelgot, grand -prévôt et chorévêque de la cathédrale, Burchard, chorévêque, Charles, doyen et chorévêque, Bertholf, custos, Thierri, comte de Metz et de la Basse- Alsace , Egenon , comte d'Crach , Adalbert , comte de Habsbourg et de la Haute-Alsace , Frédéric , comte de Ferrette , Walfrid , vicedomne , et Ulric , son frère , Adelbert, schulteiss, Gunther de Stauffîngen et Regimar, dispensateur ou intendant de la cour épiscopale. Regimar donna origine à une famille noble dans Strasbourg, dont les descendants jouissant, par succession féodale, delà charge de dispensateur, en prirent le nom allemand de Spemler. Elle ne s'éteignit qu'en 1534 , dans la personne du noble Reimbold Spender.
1138. Ce fut vers la même année H 38, que Gebehard, en présence d'Agothon , grand-prévôt , donna l'absolution a un prêtre, nommé Asson , qui avait été excommunié pour avoir joui injustement de quelques dîmes , appartenant au monastère de Lièvre a.
H 39. Les habitants nobles et bourgeois des deux sexes de la ville de Rouffach , du consentement de leur cuîé, firent un vœu de faire tous les ans , le mercredi de la semaine de Pentecôte, une procession publique à l'église de Sainte- Vierge du prieuré de Thierbach , nouvellement fondé dans le territoire de l'évêché de Strasbourg. Ce vœu fut fait le 13 mai H 39 3. L'évêque Gebehard , en qualité
' Pièces justificatives. Voy. Wùrdt., nov. *ubs. diplom., ton,. 1,pag. 109. | Pièces justificatives, „0 32.
1 Ibidem, Wurdt, nov. sub. diplom., t. 7, p. i 1 4, et Martène, Thttaur., l.i.p. 395, 4U. date fautivement cet acte de 1 1 4î. ainii qu>il a été p, 8M ci-de-u,.
de seigneur territorial , et Ortlieb de Basle , en sa qualité d'évêque diocésain , approuvèrent et ratifièrent cet acte
solennel de piété.
1 139. Un chanoine de Jérusalem envoya quelques parties de la Sainte-Croix à Gebehard de Strasbourg. Cet évéque en fit présent, vers l'an 1139, à Meinrad, abbé de Marmoutier 1 .
1139. Conrad, chanoine de la cathédrale de Strasbourg, donna à son église tous ses vassaux, avec tous leurs biens, pour rendre dans la suite, eux et leur postérité, leurs devoirs féodaux à Tévêque de Strasbourg. Chaque vassal homme donnera, au camérier de l'église cathédrale, selon la coutume du pays, deux deniers, et chaque femme un denier. Le même Conrad accorda aussi, à Tévêque Gebehard et à ses successeurs , tous les biens qu'il possédait en champs, prés, forêts et eaux , dans les bans de Gries , Osthausen et Ehenweyer. Cette donation se fit vers l'an
1139, sous le règne de Conrad et sous l'épiscopat de Gebehard, en présence d'Àdelgot, prévôt, Charles, doyen, Berhtolf, custos, Berhtolf, chantre, Burcard, Reginhard et Henri, chanoines, Henri, avoué, Adelbert, schulteiss, Walfrid, vicedomne, et autres. Burcard qui devint, en
1140, évêque de Strasbourg, et qui était alors prévôt de Haselach, renouvela, en 1142, cette donation et une précédente faite, par le même Conrad, vers l'an 1112*.
Conrad est nommé, dans ces différents actes, Preposttus Argentinensis ecclessie. Ce Conrad n'était pas, comme on pourrait le croire, prévôt de l'église cathédrale de Strasbourg; car il faut remarquer, que, outre le grand-prévôt, qui, dans les actes, signe toujours le premier, et qui y est
' Voy. la charte du cardinal Tlieodcwin pour l'abbaye de Marmoulier de 1141 . n» 30 des pièces justificatives.
• Ibidem, voy. Wurdtwein, nova tub. diplom., tom. 7, pag. 118.