‹ Œuvres historiques inédites. 2Chapitre 42 sur 44 · I-VIH · texte numérisé non relu

I-VIH

• Coldastus, Constitut. imperialium , tom. 3, pag. 357. et Lunig, in Codic. «al. • diptomatico, tom, 1, pag. 25.

• Voyez Hugues du Temps, le Clergé de France, tom. 1, pag. 65, articles Her ,

bert et Eberard.

• Baronius, Anmlium ecclestastic, tom. I*, ad aauum 1177, pag. 850 et teq .

HISTOIRE DE l/ ÉGLISE

t Alexandre1, et ils nnathématisèrent sur les saints Evan- « giles toute hérésie contraire à la sainte Eglise romaine, « et principalement le schisme et la faction des trois anti- « papes. Ils reconnurent nulles et illicites leurs ordinations, « promirent fidélité et obéissance au pape Alexandre et a « ses succeseurs catholiques, et furent ainsi réconciliés et « admis à l'unité de l'Eglise. » Ces évéques n'en furent pas pour cela dégagés des embarras, où le schisme les avait mis. L'aveu qu'ils avaient fait , que leur ordination était nulle , les mettait dans la nécessité de recourir à l'autorité du pape Alexandre , qui les dégrada , en les déclarant déchus de toutes fonctions épiscopales *. L'archevêque de Mayencc, chancelier de l'Empire, avait rendu d'importants services à Frédéric , et l'Eglise lui devait principalement la paix dont elle jouissait. Alexandre se rendit à ses prières et aux vives sollicitations de l'empereur : il confirma à Christien l'archevêché de Mayence3, et lui donna même la légation d'Allemagne. liodolphe de Strasbourg et Louis de Basle ne furent pas traités avec

' Nicolau» Aragoniœ Cardinalis, in Vita Ale.tandri III papa, apud iluralorium m Srriplor. rtr. Italie, tom. S, parte 1, pag. 4 72 : • Absoluto autem imperatorc. « sequaces quoque ejus intrusi et Schismatici ad smum matris ecclesi» eatervatiw « confluente», absolvi humililer postulâmes, refulaverunt cl aiiathemalizaverunl , « abjurantes super sancta evangelia omnem hercsiin, extollentcs se adversus sacro . sarictam romanam ecclcsiam, et prœcipue sfhisma, Hrcresim el f.ictionem Oclaviani « et Guidonis Cremcnsis, el Joannis de Struma ; coranique ordinatiwies irritas esse . pronuiitiantes , lldclilalein quoque et obedienliam domino suo papa? Alexandro , « ejusque successoribns Calholicis pionuntiantes reconciliati sunt et unitati eccle-

• s'« aggregati, de quorum numéro famosiorcs duximus nominamlos Chistianum

• Moguntioum... Bisuntinum... Argcnlinum. » Voyez aussi Mansi, Concil.Jom. îi, pag. 18Î et Lunig, Cod. liai, diplotn., tom. i, pag. 25.

* Rogeras de Hoveden in Annalibus Anglicanis, apud liaronium, loin. \t, po<J- 889 : « Omne» archiepiscopi, episcopi et abbales teulonici regni , qui a Cahxto vH « omnesab aliis prcdecessoiibus suis anlipapis .mlmati fi..>rant, degradati smil. • Voyez encore Mansi, tom. iï, pag. 18b.

" Romualdus Salemitanus, apud Baroniutn, tom. xn, pa^. 885. »

tant d'indulgence. Leur cause fut portée au concile général , qu'Alexandre assembla, en 4179 , dans l'église de Saint-Jean-de-Latran. U se tint à la mi -carême : il commença le 25 février et finit sur la fin du mois d'avril Près de cinq cents prélats , tant évéques qu'abbés , se trouvèrent à ce concile *. 11 est le troisième qui porte le nom de Latran , à cause du lieu où il fut tenu. Alexandre y présida , et y fit dresser vingt-sept canons 3. Le second déclare nulles les ordinations faites par les antipapes Octavien, Gui de Crème et Jean de Strum, prive des bénéfices et dignités ceux qui les avaient reçus d'eux, et déclare suspens des ordres sacrés les ecclésiastiques , qui avaient fait serment de suivre le schisme 4. Rodolphe de Strasbourg , qui , depuis plus de quinze ans , gouvernait cette église , vint aussi au concile de Latran , dans l'espérance d'y faire confirmer son élection : mais comme il avait été ordonné par un antipape schismatique, il ne trouva point grâce aux yeux d'Alexandre , et il y fut déposé avec Ber-

' • Inchoabalur hoc Coneilium quinto Kalendas Marlii terminalutn est circa « finemÀprilis, . dit l'auteur du Fragment historique, page 85. M. Fleuri, Histoire ecclésiastique, tom. 15, Mr. 73, pag. 464, observe qu'il y eut trois sessions, dont la première fut tenue le 5 de mars, la seconde, le 14, et la troisième, le 19.

* Comme l'assure le fragment historique. Selon les actes de ce concile, cités par Baronius, Annal, ecclesiast., tom. 12, ad an. 1179, pag. 915 , il n'y avait que deux cent quatre-vingts évéques. Guillaume de Tyr, de Bello sacro, lib. SI, cap. 26, qui y assista , en compte trois cents. L'auteur de la chronique de Neubourg , en Bavière, fait mention de plus de six cents. Fleuri, lib. cit., pag. 462 et 453, n-marque qu'il se trouvait parmi les prélats du concile de Latran six évéques latins d'Orient, cinquante-un de la province de Rome, cent soixante-un de l'Italie, quatre «l'Angleterre, etc Selon le P. Fontenay , Histoire de l'Eglise gallicane, tom. 10, l>ug. 24, on y vit soixante-un évéques du corps de l'Eglise gallicane.

' Voyez l'extrait de ces vingt-sept canons dans l'abbé Fleuri, tom. cit., pag. 464- 474, et dans dom Cellier, Histoire générale des Auteurs sacrés, tom. xxi, pag. 715 et suit.

4 Labbeus, Concil., tom. 10, pag. 1523; Harduinus, Coneil , tom. 6, part, S, pag. 1671, et Mansi, tom. 22, pag. 218.

HISTOIRE DE l'ÉCUSE

told, archevêque de Brème , Louis de Basle et Thierri de Metz1. C'est cette ordination illégitime qui fut la véritable cause de lu déposition de l'évêque Rodolphe. Quelques modernes a l'attribuent au crime de simonie : mais les auteurs anciens n'en font aucune mention. Ils allèguent même d'autres raisons du jugement rigoureux que subirent avec Rodolphe plusieurs de ses confrères. Toute l'église de Brème s'intéressa pour conserver Bertold , ou Bertram , dans son siège. « J'estime , répondit le pape , la personne « de Bertold , sa science , son élection et la pureté de ses « mœurs : mais je ne puis approuver la forme de son « élection. 11 a pris l'investiture de son évêché des mains « de l'empereur, avant que d'être promu aux ordres sacrés, t C'est pourquoi je casse son élection et la déclare nulle8. » Ainsi s'expliquent Albert de Stade 4 et les actes du concile de Latran L'auteur de la chronique des évêques de Metz6 dit que le public attribuait la sévérité du pape moins à un amour sincère pour la justice, qu'à son animosité contre l'empereur Frédéric, auquel Bertold était cher. La faveur dont jouissait Rodolphe de Strasbourg auprès de cet em-

' Frugmentum historicum Crstisii, pag. 85 : « Anno Domini 1179 factum e»l • concilium magnum sub Alexandre papa , in quo fuerunl quingenti episcopi et - abbales , aliique religiosi innumerabiles ; in quo Bremensis archiepiscopu» , <« Rodolphus argentinensis, Ludovicus Basiliensis et Metensis episcopi deponuntur. •

' Kœnig»hoven, in Chronico, cap. 4, pag. 243; Wimphelingue , de Epi*. Argent., pag. 52; Guilltman, pag. 246; Kleinlawel , Strasburgische Chronick, pag. 25 , etc.

' C'est ce même Bertold , ou Bertram , qui , en 1 ! 80 , fut élu évèque de MeU, qui mourut le i6 avril 1212, et qui fut, sur oe siège, un des prélats les plus accomplis et un des plus sages politiques de son siècle. Voyei doin Calmet, Hist. de Lorraine, tom. 2, pag. 600, et l'Histoire générale de Met*, tom. 2, pag. 3U0. 4 Chronicon Metense, apud Calmet. tom. I. preuves, pag. lxxx, 1 Apud Baronium, 'Annal, errleswsl , tom. M, /x»o.918, elMansi, tom. «. pag. 235 ét 286.

• Apud Acheri, Spicilegii, tom. 6, pag. 665

DE STRASBOURG. — LIVRE DIXIÈME. i69

pereur, contribua peut-être aussi au jugement d'Alexandre» qui contraignit ce prélat d'abandonner son évôché. C/est ainsi que fut éteint le schisme par la soumission de Frédéric. Mais la déposition des évéques de Strasbourg et de Basle entraîna avec elle beaucoup de désordres en Alsace, et dans leurs diocèses. Tous ceux qui avaient reçu les ordres de ces deux prélats , furent déclarés déchus de leurs fonctions et de leurs ministères '. Plusieurs églises se virent sans pasteurs, et on vit les abbayes dans la triste nécessité de recourir à des prêtres étrangers , et de faire ordonner les jeunes religieux pour suppléer à ceux qui furent dégradés.

• Chronicon Novienlei.se. \ 3* : - Alexander conciliura indixit , in quo prorsu» - «>mne», qui a «on.plicibus premissi scismatici (antipapœ) réopérant ordines, « degradari constituit. Inter quos omne» hujus tn-masterii (Ebersheimensis) fratre»,

. prœler pauros juvenes , dépositions penam incurrerunl Duo juvenc». immo

. adolescentes, sacerdocii gradum conscendere de nécessitait eompellunlur, quia . nonnisi per mendicatas personas, qui *acerdociu.n non demerueranl , roensa • Domini polerat administrer!. »

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