CHAPITRE LXXXVIII
Articles de la composition du marchié deMeaulxarec
le roy d*ÂDgletcrre.
Premièrement : que le dixième de may seroit d(';livré et rendu le marchié de Meaulx en la main des roys de France et d'Angleterre, et avec ce seroicnt rendus et délivrés en la
(d) 142i ancien style et 1422 nouTewiftjle.
volonté desdites roys messire Loys Gast,le bastard de Vaurus, Denys de Vaurus, Jehan de Rouvères , Tromageon , Bernard de Merveille , et ung qui avoit buciné du cornet tout au long du siège en dérision du roy anglois ; et seroient tous iceulx mis en justice , laquelle leur seroit administrée. Dem demoureroient en la voulenté desdicts roys Guichart de Sisay , Pierron de Luppel, maistre Robert de Gerammes , Philippe de Gamaches et Jehan d'Aunay, jusques qu'ils auroient faict rendre ou rendu toutes les places et fortresses que tenoient au royaulme; mab après la rendicion ils auroient leurs vies sauvées. Aem^ si avec lesdicts assiégiés se trouvoient d'aventure aulcuns Anglois , Gallois, Hirbndois , Escocbois|ou aultres qui eussent tenu aultresfois leparty du roy d'Angleterre, pareillement demoureroient à la volenté desdicts roys. Semblablement tous aultres gens d'armes, bourgois , marchans et habitans de la ville demoureroient en la volenté desdicts roys , réservé que les biens auroient sauves; et demoureroit le comte de Conversan quicte de sa finance envers Pierron de Luppel, et de ce luibailleroit ledict Pierron quictance vaillable pour à tous jours mais , sans lui en demander riens.
En oultre, pendant les huict jours que les assiégiés devront rendre la, ville , mectront et feront mectre tous leurs biens meubles en lieu certain et seur, et iceulx tous baiUier par in ventoire aux commis desdicts roys , sans en iceulx faire ne souffrir faire fraulde ne empirement, par quelconque manière que ce soit. Comprins aussi que tous les biens et estoremens de l'église , avec les relicques , seront mises en lieu saulf , et d'iceulx baillié inventoire comme des aultres. liem et devront restituer quictes et délivrés , tous les prisonniers estans en leur obéissance et dé-* tenement , tant en Meaulx comme es aultrçs places et fortresses à eulx obéissans, et le;s quicteront de leur foy, et ne souJDTriront que homme de quelque estât ou condicion qu'il soit , prisonnier ou aultre , soit envoyé ne transporté hors dudict marchié ; et paieilleme^t ~ * (rier, si ne soit
ce I deux roys
f 'tontes
GEORGE CHASTELLAÏN.
ces choses / et afin de les entretenir sans fraulde et sans enfrainte , cent des plus notables des . assiégiés bailleront leurs lettres scellées de leurs sceaux ou signées de leurs mains , de bien et léaulment entretenir tout ce que par forme de traictié est déclairé cy dessus ; et demeureront', de ces cent scellans et signans , les vingt-quatre en ostaige soubs la main des deux roys , jusques à tant que le contenu du traictié sera consommé et paraccomply. Et seront ces vingt-quatre prîns et esleus au nombre des cent , tels qu'il plaira auxdicts roys et aux traicteurs de ceste matière. Et parmy tant, et par Taccord et aggréeinent des deulx parties , de ce jour en avant jusques au jour que devront vuidier, les assiégiés cesseront toutes guerres, violences et voyes de fait entre ceulx de dedens et ceulx de dehors. Et duroit le terme que dévoient vuidier jusques au dixiesme de !may. Lequel venu, ils firent ouverture au roy leur ennemy et à son ost, c'est à dire aux commis de par luy. Lesquels , avec leur entrée , prestement saisirent et envoyèrent en main seure ceulx que leur roy avoit réservé pour eslre prisonniers et d'avoir à sa volenté , dont les ungs furent envoyés à Rouan, aullres en AngleteiTe et aultres à Paris , pour les traictier par justice. Si furent trouvés dedens ledict marchié de Meaulx gens de guerre de sept ù buict cens hommes en tout , dont le bastard de Vaurus estoit chief. Lequel bastard le roy anglois tantost le fit exécuter et lui fit copper la teste , et fit pendre le corps à ung arbre nommé Tarbre de Vaurus ; et portoit Tarbre celluy nom par ce que ledict bastard avoit au temps passé et par longue espace fait pendre audict arbre pluiseurs Anglois et Bourgoîngnons. Si en print maintenant le roy anglois vengance pour tout le temps passé. Et en signe encoire de plus grand confusion de sa personne , fit mectre Testendart du dict bastard au sommet de Tarbre , et sur le fer d'icelluy la leste de son maistre qui souloit le porter. Messire Denis Gast , Denis de Vaurus, maistre Jehan de Rouvres , et celluy qui avoit sonné le cornet par desrision du roy, furent décollés es halles de Paris, leurs îosios mises sur fusls de lances, et les corps junclrs au nlbet de Monlfaulcon. Et toutes
ces choses , et ce que le roy anglois avoit séjourné par aucun temps dedens ladicte ville pour soy aiser et refiaire , fit réédiffier et portes et murailles , et tout ce qui avoit esté mal mis à cause du siège ; et puis s'en party'et print son chemin vers Paris , là où on attendoit la royne d'Angleterre retournant en France après la gesine de son fil^ nouveau né.