‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 112 sur 494 · CHAPITRE XCIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIV

Comment le daulphin fit assiéger Cosne-sur-Loire.

Gomme le roy anglois doncques laboura au lez de deçà Saine, pareillement le daulphin, qui se tenoit de delà Loire , laboura aussi sur le costé de Bourgoingne , et submist à son obéissance la Charité-sur-Loire , en Taquelle il tint forte et grosse garnison , à rencontre du duc son adversaire, qui pour ce temps là aussi se tint en son pays de Bourgoingne pour résister aux entreprinses d*icelay et de ses gens ; et meismes ftisoît guerre m<^elle à icelluy daulphin par tontes voies et manières es qadleit 3 le pènsoit à Uesdiier, comme en vue maik,liiêé qÊ'euok eeste là il n y atoit'^ ^ "" «i^ lédiet daul-

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DUC PHILIPPE

tira envers Sancerre , au quel lieu il se tint bonne espace en sa personne , et ses gens envoya assiégier la ville de Cosne-sur-Loire ; lesquels ainsi le firent.^Et en eflect tant firent, que par menasses que par faict , les assiégiés dedens ladicte ville promirent de rendre la place en la main du daulphin à certain jour, par condicion que si le duc de Bourgoingne, leur maistrc^et prince, ne se trouvoit en place pour combatre le daulphiu et pour les délivrer de la main d'icelluy , ils rendroient ladicte ville en la main dudict daulphin , et si d*aventure il s'y trouvoit appresté à la bataille, ils attendroient la part de la fortune avecq luy jusques au finement ; et ce en dedens le dix-septiesme jour d'aousl prochain. Si en acceptèrent Tofire les daulphinois, pensans que le duc de Bourgoingne en si brief terme ne les secourroitpoint , et encoires que avoient avec eulx le daulphin. Mais voullant estre asseurs des promectans , demandèrent ostages , et les assiégiés les baillèrent volentiers, comme qui certainement espéroient de non faillir au secours. Et y avoit aucuns dedens , bien gens de bien , qui assez congnoissoient leur duc, et que à luy ne tiendroit nullement que la bataille n'y fust présentée , car c'esioit la chose en terre que plus il demandoit, et dont il eust faict moins de reffus. Dont, incontinent les nouvelles venues jusques à luy, que Gosne s'estoit rendue sur ung tel sy, envoya devers son adversaire le daulphin promectre et asseurer pour certain que la bataille luy seroit présentée dedens ledict jour, et que luymeismes personnellement s'y trouveroit à l'entour de tonte sa puissance, luy requérant pareillement que d^aussi grand cuer et volonté il s'y voulsist trouver en personne , comme de grand vouloir il luy certiffioit que en luy n'y auroit fsiulte. Si promit pareillement ledict daulphin , et le certiffia au hérault de le foire ainsi ; et sur ce chacun se meist en point et se disposa à la journée.

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