‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 135 sur 494 · CHAPITRE XVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIL

Oimilirnt le rciy m son oiilrée en Paris et quelle «nfonrianclie il avoil en sa coinpaiffoie.

Vu c<'si ;issr>ml)1ernr'ni ne roniparu pas le dur fi Oi'lf'Mris ; si n*i:ii Ciy nulle nicniion. Main pfHir :il) v/jht la inalirn!, df reiitn-o du roy a saiii'-l (/i<ln' s(* roniineurlia à tenir

Tordro t'iriUTè{;luuicm d'ttllcri cl furent mis

d'Estampes , avecques leur capitaine qui Ie$ roenoit; après , les archiers du comte deCharolois avecques leur capitaine ; et tierchement les archiers du duc de Bourgoiogne, cent en nombre tout d*une livrée et bien empoint , que messire Jehan bastard de Bentr^ menoit comme leur capitaine. Et furent ordonnés deux nobles chevaliers et bien empoint , messire de Crièvequeur et le seigneur de Humbercourt , de chevaulchier entre les archiers du duc de Bourgoingne et du comte son fils , et ainsi le firent. Mais lesdicts archiers passés sieuvyrent deux à deux ou trois à trois pluiseurs nobles , tant de France que deBourgoîngne, et bien richement arrengiés, qui firent desevrement des archiers du roy et du duc. Et yceulx passés , qui estoient en grand nombre , sienvoient ceux qui estoient de la garde du roy, en nombre de cent à quatre vingt , bien cmpoint seloncq leurs estas , tous armés de brigandine atout Parcq et la trousse, et sallades en teste bien garnies.

Après la garde sienvirent trompettes etcla* ronssans sonner, héraulx, poursuivaos etroys d^annes. Et en sieulte , en approucbant le roy, sieuvoit la multitude des prinches et des haulx barrons par ordre , chascun seloncq la sorte que désiroit pour deviser ; entre lesquels ne faidt mectre aultre distinction , fors que à peine le moindre d'eulx sembloit estre ung empereur. En ceste chevaucliie alloit le marescal de Bourgoingne «ntre le marescal de France et Tadmiral , comme par anchien deu et apperlenir. Et se les deux marescliaulx y eussent esté en personne , sy eust-il obtenu cely meismes ordre et lieux comme le tiers avecques eulx par égal; dont plus n'en a , ne puelt avoir en tout le royalmc. Et liiy en escheut si bien tantost après, que, assez contredisans les marescaux de France pour ce que leur sembloit cas nouvel, il fcit jugement en Paris comme marescal entre deux Franchois qui se doubtoient d'ung Aiiglois pour l'avoir prisonnier ; et fut U'iiue la sfînlonce ajuste et à bonne, sans apfK'l et sans rcfrye à aultres, vculsissenl les niihres marescaux ou non. Mnt maintenant rap|>roeliemeiit du roy, devant qui sonnuient qua:iro ironjpelles j et yceux passes, sieuvy-

[14«!i CHRONIQUE DES DUCS DE

rent deux escoyers , dont Fnng portoit ung mantiel ,'ordoiiné pour le roy, et Faultre ung chappean de bièvre fourré d'ermines sieuvoit ces deux gargasalles , tenant le Heu du grand escuyer, et portant la royale espée en escharpe. Et après ly , et tout le plus prochain du roy par devant, estoit Joachim Roault portant Tarmette royale , couronne et tymbre de fleurs de lys d*or bien riches. Et prochainement, entre le roy etledict Joachim, avoit ung coursier mené en main , tout couvert de Iteurs de lys d*or comme les armes de France et semées ; là où prestement sieuvy le roy, couvert d'uug pale que portoient syx Parisiens vestus de satin cramoysy. Et estoit le roy vestu d'une robe de damas blanche , chargiée de fringes et de fil d'or au desoubs de la chainture, monté sur une haguenée blanche haussée de damas blanc à fringes de meismes; et à l'environ de ly tout à Tenthour, alloient de pied ceux de la petitte garde , embastonnés de leurs bouges et aultres bastons defTensables. Et prestement et prochain du roy à la queuve , sieuvy le duc de Bourgoingne atout ses pages en son riche arroy. Pareillement fist le duc deBourbonàlasenestre main du duc , qui pareillement avoit ses pages derrière ly. Et nuls aultres synon le comte de Cbarolois , le quel , pour la presse et boutterie des grands seigneurs sieuvans sans ordre et sans règle , se contint tout le derrière, sans quérir ordre ne reng. Et tant y avoit de tumulte et de presse de peuple parmy ces rues là oii ceste fin vint , que nuln'^y sçavoit mettre devise qui fcust séant deseure. Sy ne fault ignorer toutesvoies que les processions y vindrent à toutes chérémonies et révérences congrues, sinon ceux deTUniversite et du collège de Nostre-Damme , auxquels le roy avoit mandé de Fattendre à Nostre-Damme là où il descendroit. Et en effect descendy,luy venu jusques là, et y alla faire son oroison ; et le bienviegnèrent ceux de Tuniversité avecques ceux du collège assez brief ; et luy remonté à cheval, s'en alla descendre au palais, là où estoit appresté le soupper pour ly et pour les prinches ses pers et barons , qui tous y eurent chambres et logis pour celle nuy t , voir les hauls et grands prindies.

BOURGOGNE- ~ I'* PART, Ui

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