CHAPITRE XLII
Des hoinbles remerchiniens que fit le duc des belles paroUes et offres que le roy luy disoit.
Quand ces parolles furent dictes , pensez le duc , qui n'esloit point arrogant comme vùeillant à luy attribuer tel los, ains et plustost soy réputant indigiie de telle honneur , posé encore qu'il y peust avoir cause , sage ment s'excusa de telle loenge. Et voyant la grandeur du cas , que coste à coste le roy le voùloit faire nommer aveticques ly en touttes orations et recommandes , humblement remerchia le roy , soy réputant indigne de tout, disant : qu'en quoy qu'il avoit faict au temps passé ne présentement, il estoit tenu ; et estoit peu de chose envers Tappertenir de sa haultesse; mais lui desplaisoit bien que mieulx n'avoit peu faire , et que son bon voulloir ne povoit tourner à si grant fruict à ly et à sa couronne, comme il avoit bon désir; et que pourtant il lui pleust prendre en gré Thum* ble service qu'il lui avoit faict et volu faire, en toutte parfonde léaulté et vray coraige. Sur quoy le roy, qui bel langaigier estoit et de soubtil sens , se recouvra de belles parolles , luy remettant en face tousjours comme il estoit tenu à ly et nou à aultre , et que pour tant ne le porroit jamais assez honnorer ne guerdonner , ne remerchier ; mais lui pria qu'il voulsist prendre en gré son bon voloir
envers ly et son souvenir, perpétuel, et le
ClROnOE CHASTELUIN.
iiMil h ly , ciir <l(^ ly hum! hinn il Uuio'a tout.
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oollOijOH do Ptti i« . fawanl luonlioii expresse
oi loiiuo O(jallo du rt^y oi do monsoîgneur
do lUuu (jiumuo uouuiuvinoui , ol sans auliro :
«|uo \\\\\\ lo uioudo cowxouisi à U^ |H\H"essloH
\\\\\ M* \loU\oii I'aiiv |HMir oul\ doux, aûirt
H«o >>«ou.vo{janlaul lo s;\Uu doco reauliwe,
ï«^» x^vuImM ewnx^iottir ou ;iuH^ur ei en Umne
IIUM\ eusiUuUlo . ri U\* NAW\*T tous doux de
iw^>^l ivjuU wwUiiiido ^K^ ïeurs do>oics ora-
li^\Hx VI xN^^^l.^x ,>m^^ d lui unionné, ainsi
tVll d lA^^ ly ^ ^^ H^ »^^"^^ ^^ solennelle
A ^Vn'A ^VVW Iow ait esté à loenge et ^,\V,v v^ VW**^ »"^ déprians à salut.
* \\'^S V kWHl*>"win après que le roy avoît M^V \4^Vk^l*>' d'Artois devers son oncle, L^ \^ ^>^***y de Paris, par ung quartier >^^ W U*flois. Et le convoya le duc avcuc- ^Wi^ l^mllo sa chevalerie. Lequel après avoir l^^^u^i nrins, par commandement du roy nul uo lo voult souffrir aller avaiit, retourna iill p^ivU ( et de là en avant disposa de son re> llmilf iiiiiisi devers ses marches, là où il estoit ih^ln^ lioaucop. Dont, quand ce vint au jour ih^ MiU parlement , ceulx de la ville de Paris , Xi'm iirands et les notables , ceulx de la loy cl uul avoient radministration publique de iim* lo roy vindrent devers ly , luy faire imHWutation de la ville , la mettant en sa main , V^i lia oommandisc et en son obéyssancc cl ser \U*o loutie , tellement et par égal comme au IVV «uns quelconque différent. Dont, posé orc ^uc l** ^^y ^^"'' **^'*^'^ commandé de le faire ^Jiuav, si le faisoienlils de propprc nuiurelle ^jlIbcUun que avoient envers ly, et vouloicnt
maintenir durable , comme au prince de h Kîrre après le roy à qui plus se tenoient tenus et que plus volontiers serviroient. Doneques quand Parisiens avoient faict cesta offre et que le duc les avoit remerchié ainsy qu'il appertenoit, vindrent ceulx de Tuniversité faire une proposition devant lui en franchois, en laquelle, par lesgloireset exaltations qu'ils luy donnoient et par les causations multiformes des loenges que le proposant lui jugoit apperlenir, son cuer qui si vertueux estoit, comme je Tai cuidié , se devoit plustost esvergonder que e^oyr ; car, posé que amour leur fist dire et tenir en termes et que expérience de ses mérites leur estoit vray fondement et les thirast ad ce faire « la grandeur de ses vertus luy devoil conseillier à fuir rexlrémité de la gloire, (Kir paour en soy meismes de non le valoir ; car souveraine peifection en homme de vertu , si est non cuidier estre digae de los. Quand donc ce los y vient et la verta y est grande , la réputation qu'on faict de soy meismes est pétille. Si ne fault pas que bomoie enquière cy après pour sçavoir quel los ne quels tiltres ce proposant de par T université donna ad ce duc de fiourgongne , ne quelles allégations ne preuves il ramenoit en compte pour venir à sa conclusion; car parles mettre ycy, il sembleroit que ce se feist pour lousjours le solemnisier et grandir comme Taigle du monde. Mais sans ce que je meisme récitte les mots , ils les baillèrent si hault et si glorieux et si prouvés et fondés en mérites précédentes , ce disoient , qu'à murtel homme plus ne tant à paine ne s'en est faict ne dit en Paris depuis que Tuniversité y est assise , ne en Romme depuis que César y obtint le premier empire. Dont cy après en temps advenir, lors que soubs la merchy du créateur je gyray en terre pourry, et seront mes livres en diverses mains et nations muliipiiyés, dont plusieurs à Tadventure pourront avoir envie envers la famé et maison de ce duc longuement mort aussi , ou à dur porteront et vouldront croire la gloire deccst liomnie, impulantàmoy seul la faveur et Texallalion flatcresse cy et ailleurs. Quand ad ce vlcuidia , je supplie doneques à lous nés et à naistre que de ce ne mt» donnent charge ne accusemont, mais se piegnent au roy meismes de présent^ le roy Loys, qui
ainsi l'a faici gloriiïyer , meismes à son couronnement , par œuvre et par fuict ; se prengaent aux baults prélats du royalme et des collèges qui ainsi de proppre însiruction d'ame l'ont faict et volu faire en sa conjoyssancfl ; s'en prengent à ceulx du parlement et de l'université , le fondement de la foy cfarestieBoe, et qui riens ne decreie ne ne fait sans cause et sans gravité, et qui riens ne faict fruste ne en vain. Or' se prcngnent à eulx i et viengne ou vivant ou mort qui les redargaë de non deue œuvre j se prengnent aussi à tous les sains pers de Romme depuis le pappe Martin jusques à puis, et à tous les collèges des cardinaulx et aultres princlies et rois de la terre, qui tous l'ont bonnoré, grandy et fjmé sur les vîvans hommes, et donné gloire et exaltation plus pur merveilles que par possible à croire. Et se tels sont dignes qu'on sdjouste foy ù leurs fais , on me descharge doncqties de faveur nouée et de parcialle œuvre, qui autretant eusse foîct et feroye du Soudan, s'en luy estoient les mérîtles ; car ce ne m'est poiat tant de ly ne de sa gloire, qu'il ne me soit trop plus de mon honneur proppre, qui pend licitement en voir déclairer et dire ou par constraincte (1). . .^ .