‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 191 sur 494 · BOURGOGNE.— II* PART · texte numérisé non relu

BOURGOGNE.— II* PART

:t tant plus et plus y avoit pvivaulté. La n; aistié du cas loutesvoies lui lit abbomrncr ' l'homme et l'ignorer. Si confisqua tout devers ' ly ce qu'avoit et le mist à sa table. El furent aulcuns qui conseillèrent au comte de demaii' der au père la confiscation, qui monioit à un grosavoir: mes le comte respondit quejamés □e le demanderoil ^ et ne lui en chailloit ; car ne vouloit nuls biens d'ung traiiitre. Si en , furent camus les conseilleurs, mes aultres lidèrent ruer qui y faillirent, car le duc les tint devers ly. Si furent tous visités les cotl'rcs et sellés , et mis le tout par inventaire ce qui y estoit. Entre aultres choses fut trouvé ung plat d'or, garni de rices pierreries, en ung de ses cofl'res , lequel au grand bancquet que Bt le duc k Paris, fut abscons et estors , es disolt-on. Et le lenoil-on à jierdu ; et l'uvoit ce Jclian Toustain subtilement celé et emblé soubs l'umbrc de sa crédencc, pensant que janiès ne lui devoil eslre imputé , comme | ne fut , lui vivant ; ains l'impuioii-on à tarre- , chiu f.iit en une lele multitude, du costé des 1 l'raiicLois ; et n'en estoit plus mémoire, jà-soit' j il que de ntouit grand pris fust. Dont niaiiUs* riant , quand le duc le trouva , perceut bien | que point n'avoit esté si léat comme l'avoit | tenu ; et jugea bien en ly meîsmes que, là od | une si grand mauvalslié se couvroit , comme ] Irayson , se povoit bien couvrir aussi le vice de lai'cLiu , et aultres maléfices. Et prestement avec ccste attaincte lui alla souvenir, et conta comment, passé an et jour, il avoit perdu dncq mille escusviels en ung sachet, de quoy i jamés n'avoil voulu faire mencion de peur 1 d'avoir le tort dcvei-s ly par souppeçon non [ juste , combien que nul n'en porloit la clef I que le dict Jehan ; le quel , pour la multitude 1 d'aultres dennters et bagues , qu'il avoit en sa main, et qu'on l'avoit jamèsniliaincidesléal,, ne l'osa imputer à luy; ains l'imputa it luy j propre,'comme le po voir avoir mesmes aloué^ I et l'avoir après oublié ; jà-soit ce qu'au vray 1 savoir, le contraire tout argué et conclu,! fut jugié et imputé très desléal et mau-'J vais homme périlleux. Et fut dommage avoif T esté si près d'ung tel prince ni en telle cré^.! dence.

GEORGE GHASTEtLlm.

Page 1