CHAPITRE XI
Coummil le ragr Ion fist poUicr que noU de son rajaulme ne coomiiioicaswot arec les Aaglob du parti da roy Edonait , sur groœ paîne.
ModU se firent de choses et s'entreprindrent en ce temps ci de diverses pièces et propos; et se donna le roy g^rand soin, ce sembloit , des affaires de son réaime pour en tout pourveoir et disposer à sa guise, estudiant en paix et en guerre comment il useroît avec ses voisins; et souverainement visoitan profit, comment argent porroit traire de ses subgects. Touttesvoies ne menoit point d*estat ni ne portoit nulles grandes charges nulle part, moins que nuls de ses devanciers rois. De guerre n^avoit h hullny, fors tant seullement (que lui meismes s*en bailla an roy Éduart , an quel il fit crier et publier 5 son de trompe par tout son réaime toimitié mortelle , et que nuls, sur paine de mort, de ceux do son réaime communicassent ne en marchandise ne aultrement avec les Ânglois du parti du dict Éduart. Et de qnoy toutesvoies lesdicts Anglois depuis et assez tost s*en vengèrent , et en portèrent grand dommaige en son réalme; car vindrent descendre en Flsle de Reis à puissance , et icelle touttè pillèrent et robèrent, pardespit qne le roy avoit dèffendu que nul ne leur livRist ne ^ins , ne vivres , ne marchandises pouf argent. Sî lfe« prindrent et emportèrent sans consts h cesté fois ; et remontans en mer, bien à six vingt voiles et douze mille combattans, vaucrèrent longnement çà et là entonr les ports de Normandie et de Guyenne , pour aviser s'il n'y povoit avoir nulle part prouHit, on an moins pour donner JFréeur aux Franchois. Et congnoissant que point ne dbrmoient , et qu*cn eulx avoit force et hardement pour leur donner à penser , touttesvoies Franchois se tindrent sur leurs gjardes ; et fil le roy garder tous les ports de Normandie et Guyenne ; car avoit encore son armée preste , dont nnl ne savoit de son cmprinse quel chose en voulolt faire , si non , cmmne f ai dict . ane Voix couroit , qne deiceiNlré fb> ^h«
ta Angleterre. El le J
ce : et pensant qu>mî ^n fut délibéré , pour meismes en prendre l'onnenr devers ly, manda an roy lui dire et stgnifKer : qne point ne faisoit l.»es<'in de tant sov Ira veillier comme de le venir quérir si loing , car lui meismeS le vîendrwt visiter en son propre rovalme et en prandroii la paine pour eulx deuTC. Sî en rit le roy Loys ; et dit qu'il fust le très bien venu ; et quand ce seroit , il seroît recen aux us et coustumes. Si en prisa moult le courage du jeusne roy Eduart ; mes disoit bien qne le faict ne lui seroit point Si légief que la parole.
En ceste meisme saison et tout en un temps, fut dict que le roy fit annoblir par cryée tons ceux qui vouUIroient marchander bn son réaume , et leur accorda privilège de noble homme ; et pareillement octroya et doikrta grâce h tous nobles de user de marchandise, sans préjudice de leur nom et de leur ipstnt. Et ce fit , ce semble , à canse de pins grand gain et d*acquest de deniers , à qtioy tant veilloit curieusement que mémoire n'estoit dt jamès semblable de devant ly, ne qui tatH visast à en faire amas , sans qu*on pereiRUSt à quelle fin ne pourquoy, sinon que son convoite estoit là assis. Ne donnoit riens, dcspcndoit encore moins, prcnoit à tous lez, ou par imposte nouvels ou par retrencbcmcns sur oBices ; et h tous ceux qui vivaient et manoient sous luy fit sentir sa main redon dante et à peu sa douiccur. En lieu oii hantoit , y fiiisoit petit séjour ; peu se looit-on de ia demeure ne de ses gens ; reslon(*e estoit jplus désirée que son nppro<'her ; et pen y avoit d*amour ne de doulr;eur en sa hantise , mes des peurs beaucoup et des donbtes pour cculx qui avoiont des bieris et qui avoient esté officiers , ou estoinnt , de perdre ce qu1ls avoient. Y avoit grand servitude è estrë avec ses gens , et à les recepvôir petit àcqucst , et grand labeur mal ptiyé , et mal recongncn son hoste , et multitude de chiens et oiseaulx gastans Thonneste mesnage des bonnes gens , sans oser dire mot ; et sembloit que cliicnnerie estoit des logis. En ce temps le souverain lionne-.:»' , ei renseignement de royalle court, estoli, que court devoit esirc plus parée de chiens pour ^<leduit
qiie d'hommes pour vertu; et en exemple de
sso
GEORGE CHASTELLAIN
ce , et que le roy avoît toute son affection là assise', fit deffendre partout que nul si hardi , meismes en ses propres terres, chassast ni au gi*os ni au menu sans sa grâce et confié , sur paine de pugnicion corporelle. Dont pour ceste cause et pour aultres , et telles manières de faire non jamès veues, il fit les cuers froids contre ly, et acquist peu de grâce de ses subgects nobles et non nobles, et moins aussi des princes de son sang , aux quels tous il donna une restraincte.
Envers ce temps ci , qui estoit en apust , le comte de Cbarolois s'en estoit retourné en Hollande , pour avoir respouse de ce qu'aultrefois avoit demandé pour et au nom de son père, touchant une nouvelle ayde. Le quel venu à La Haye, les estats vindrent devers ly, et lui accordèrent quarante mille livres d*or à payer en deux ans. Du quel offre et accord le comte se tint content, et le noncha à son père à Bruxelles ; et lui se tint esbattant au pays une espace , tout ennuyé et plain d'abhomination de ce Jehan Toustain et de son cas, qui lui faisoit fuyr la court de son père,