CHAPITRE LXIII
Gomment, durant le séjour que le duc Gt à ITesdin, il y eut rcprésentacion de sept couromics.
Fut trouve lors que, durant le séjour du duc en Ilesdin, y avoit rcprésentacion devers ly de sept corronnes de divers réaulmes; dont la. première si esioit du roy de France, qui y csloit en pcTSf^niie ; la seconde du roy (l'Aîijjhîtene Eduard dont Tambassade y csloit soleinpnclli'i la tierclie si osioit de la royne Marie , ui**»'^ ''u roy Loys, pour le voyage de
Turquie; la quarte si estoit pour le roy d^Airagon pour avoir secours contre Barselonne; la quinte si estoit pour le roy de Norweghe et de Dennemarche pour les armes dubastardde Bourgoingne; la sixiesme si estoit la royne mesmes d'Angleterre pour elle et pour son mary, comme pour refuge desesperable , et dont fin tyra fructueuse ; et la derrenière si fut de par Vempereur, dont la péticion n'estoît encore sceue. Et par aînsy, comme j*ay dict , les (sais des sept coronnes se controuvèrent tous en ung assemblemeut de ville et soubs si grandes matères comme leur faict porta. Et avecquesce que les affaires et les accidens de la maison esio'ient grands alors , comme assez en est touché , ne povoit doncques que le soing n*y fut grand , avec le costé du duc et de son conseil , pour satisfaire à tout ; et présumoit bien faire , comme bon faict à croire. Le duc doncques venu à Lille , là oyt l'ambassade de lempereur \ et luy donna audience à part à peu d'assistans. Et combien que la matère de sa chose se tenoit close , toutesfois en feut révélé et sceu : que il demandoit la fille du comte de Charolois, seule héritière de tou-« tes les terres et seigneuries du duc, pour ' le fils de Tempereur en mariage ; et tendoit à raliiance du duc et de sa maison par ce moyen. De quoy le duc, qui estoit sage et bien avisé en tout, et savoit faire et dire selon le poix des matères^qui àly venoient, remercia haultement Tempereur de Thonneur à ly offerte et de sa bonne affection envers ly, disant : que le dict son fils et sa venue estoit digne de plus grand chose que de sa fille ; mes pour Teure du présent, la dicte sa fille estoit encore jeunette , et soubs é^ge longuement, et n'estoit en point de maryer,ny d'en tenir paroUe. Sy prioit que il pleust à Tempereur soy tenir à content , jusques son éago seroît venu plus avant ; et que pendant beaucoup de long temps qui courroit entre denlx, avant qu'elle oust éage compétent à ce , d'nng costé et d'aiillrc on auroitboau loisir de parler de ceste nialère ou d'en taire. Et n'estoit preseiit'Mncnl , ce disoit , avisé ne conseillé d'en vouloir tenir parlement avocques nvis , pour ce que ses afl'aires pendoient soubs variableté de temps , dont ne povoit traire
venir, et par le quoi bout ni par quelle voye tout se pourroit conduire eu bien; fit calculer la somme que monteroît son armée par an , tant en gens d'armes que en artillerie ; se conseilla sur la fuinicion , et comment, el du pris , et comment de lui , et par quelles mains; el de quels gens feroit ses capitaines , el les ducieurs de son ost par mer et par terre ; et regarda aux parcmens de sdri corps , dont prince en terre n avoit semblables i>our soy monstrer; et les quels maintenant tendoit à desployer; car les avoît gardés pour ccstuy voyage comme pour fiii de sa gloire , comme en riches tentes et pavillons sans pâfaulx pour lors, riclies couvertes et bàrnachures de cbevaulx , estorcmens de corps de meismes pour fait de guerre , qui valloient ranclions de rois cl princes , ce les quels enleudoit porter maintenant aVcc ly. Et de tout ce qui faisoit à imaginer et penser en ung si très hault et podereux affaire comme cestuy , il se disposa à en prendre conseil et sain avis aveucqucs ses plus sages, et à eu faire partie par leur sens, partie aussi par propre vertu , et en effect jusques au parfait de Teuvre; i ar li tous ses désirs lendoient, et plus beaucoup que à moult d'aiiltres d'emprès ly , qui mieux aimassent le contraire.