‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 248 sur 494 · CHAPITRE LXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIV

Comment arrivèrent ^ Lille deux ambasiuideurs d*Ane- Icmaigne pour le mariage de la maisaée fille de Bourbon.

Et du roesme costé d'Allemagne arrivèrent à Lille encore deulx aultres ambassadeurs , l'un de par le riche duc de Bavière et l'aultre de par le comte de Wirtembergh. Et ignorans Fungde l'aultre chascun quelle chose il pourchassoit , vindreut pour une meisme fin , à la quelle tous deulx tendoicnt, chascun pour ly; c'estoit pour la maisnée Margarite , niepce du duc , pour l'avoir en mariage ; car chascun des deulx princes allemans avoit fils de compétent éage pour elle ; aussi estoit de convenable éage pour leurs enfans , et de maison fort couvoiiiée. Le duc prist moult à gré leur requeste; et conmie raison l'ordonnoit, mercia moult les deux princes de l'amour à ly monstrée; et les contenta de telles responses, que leur venir les mist en bon appaisement de retour. Et si l'ottroy n y estoit tout parfait, comme bien à deulx ne la pooiton promettre , si estoient les délayemeps si honorables et de raison colorées, que, en rapport faire aux renvoyeurs , povoienl estre acceptables et prins en gré ; car estoit la maisnée de toutes; et si en avoit encore à marier une aultre devant elle , et la quelle il convenoit pourveoir ; et avoit le duc maintenant tant à entendre à son voyage , que à nulle riens n'avoit soing que à îcellfiy affaire.

En ceste fille d) trésor 9 pom^^jix

GEORGE CHASTELUIN.

qui en' ce fost espargnc. De quoy pluiseors | s'il se parsieuveroit à sa journée en personne

se dolurent ; car ne furent leurs navires estimées ni prisées que à leur grand perte. Aulcuns Bretons s'emblèrent par nuyt, et s'en allèrent sans retour. Si firent aullres d'autre nacion pour longuesse de temps; car de ceulx l)eaucoup qui les avoient barguignes et retenus ne recepvoient pomt d'argent , pour ce que cbascun encore tenoit son argent clos et devers ly, par peur ou par espoir de rompture. Car ne se fondoient point tant fort en la bonne volenté du duc , que encore ne imaginassent que rompture n'y peus^ entrevenir , par quoy tout demourast darrière ; car véoient beaucop de difficultés bien grandes , et de divers lieux , apparoir. Et la première et souveraine si estoit la discorde entre le père et le fils , dont la matère povoit estre produiseresse de moult d'aultres inconvéniens craindibles. £t par ainsi je dis : combien que les seigneurs en ceste premièi*e frescheur se préavisoient d'une chose et d'aultre , ne le firent pas encore en parfait pour les causes alléguées , et fors par manière comme à demy.

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