‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 260 sur 494 · CHAPITRE LXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIX

Commenl les estai et nobles ilii pnjs vindreni en An- Ten , adjotlrnés de par te cinule de Cliarolois.

Or estoii Tenu le troisième de janvier ; et I le comte de Charolois, pour estre à sa journée, esloit venu en Anvers; et pareillement multitude des notables et des bonnes villes et des estas des divers pays, pour obéir au dict comte. Si convindrent tous eulx ensemble eu l'abaye de Saint-Micliiel ; et là venus firent la révérence au jeusne prince qui les merchia de leur venue ; et par la bouce de maistre Gérard Voyri docteur en lois, leur fit dire la cause pourquoi les avoil requis de venir vers ly. Et commencliant au duc son père, fit remonstrer le maltalent qu'il avoil envers ly , tout indigné , et ne sçavoit pouiquoi , si non que ce il fist en faveur du seigneur de Croy et des siens, qui le liéoint et le brouilloient envers ly jaie désefloér? manière ,

et dont t<: donimuei doit luy c&lvtefii.

Et en confirmacian de cecy, se dulut ù eulx : comment voix couroil par toutes terres que le duc son père en^ordonnani de son voyage, que faire debvoit en Turquie , devoit Icssier les pays et seignories de declià la mw en la main du roy et en la gouvernance du seigneur de Cimay dessoubs ly , et les pays de Hollande et Zcllande en la main du roy Eduurd d'Angleterre. Vx par cesie voie, luy qui estoit son seul unicque fils et son vray beritier, demorroit par dechà , tout despourveu et estrauge de ses pays gl subgecis do son père , comme ung bastard. Et cecy imputoit-il au seigneur de Croy.et aux siens , qui oncques ne cessèrent il luy pourchasser dommage et mescbief et porter pointe conire ly, tout en despit, comme pareil à pareil. Si s'en dokiit i Dieu et aux humnies, quand foftune letir souffixiit porter tel orgueil contre ly , rt encore à leur grand tort et iionte , qui esloient fais et eslevés en lu maison du père dont ils cuolendoient en la ruyne du fils. Et fil dire plusieurs choses loucbuni ceslo doléance de ceux de Croy , et de quoy uuUrefois a esté faicte narracion par divers articles; et les quels, si véritables esloient, tournoientàgrand cliarge du dict de Croy ; et se non véritables , ce lui debvoit bien estre granddoulcur en cuer de les tolérer sans cause. Mes ne fait à croire que ung tel prince , qui porloit grâce de vérité autant que nul de son temps, eusL jamès volu ne osé mettre avant en publicque si grandes charges comme cesles sur nul chevalier, tant fcust grand ne povre , sans en avoir eu plaine et soullisanie informacion de la vérilé, et toute enquise et aitainie , combien qu'en tant qu'il en est venu devant moy je le remets tout à Bien , et m'en tais au plus courloisemeni que je puis, jusques à plus en apprendre.

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