‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 259 sur 494 · CHAPITRE LXXYll · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXYll

LiègeoU vinilronl h Bruges pmu l» <]iie«lian d'entre vuU cl ile leur Éie»iue. .

De ce pouppos se convient taire nng petit pour enlrelaiclcr UUR chapitre touclianl Liégeois, riai venus esloient en Bruges à jonr osiif^né , pour la question d'entre euls et de leiir évesque; dont le duc, ([ui lousjours ou- \rûil do sens et de longue traicie premier qtio venir à extrême rigueur , tendait à vuydier par Ijon moyen , et par le plus sain bout ; à quoy touiesvoies, par lu dureté de leur nature , ne pooit atteindre ne en tirer espoir, si non par voye de rigueur. El en eft'eet , Liégeois \emi8 à liruBes , là On leur remonstra le (îrand tort, la rébellion, l'injure et le crime de Ic/e-majealé en leur seigneur spirituel et temporel, que i'ail et maintenu avoient jù long temps contre ly et en sa personne en faisant insurrection contre ly par puissance, infractions en sa seigneurie par volonli? brutale , i-epulsioDS par manasccs en son corps , suljstraciian de ses remes et revenus pecuniolles , sans ly loissier ung dealer. Avoit mis le sien eu drjuïe main» séquestres, par manière de baille (1) , dont vivre le convenoit par emprunt et en aultiui merci , comme ung prince de qui on se jouoil et moquoit , et de qui, ne pour ly,ne (tour le saint père, ne pour parent no ami , ne pour droit , ne pour tort, n'aconloicnl, ce sambloil, ne n'en l'aisoient pois. Ains coiilinuêrcnt de plus en plus en leur faulse mauWuise erreur et rfljcUion; |diî quoi, k brîef dire, leur fut dit {(ue le duc linablement eetoil mary , et que se retourner no voloient :i recongnoistre leur ton et de enlx romeltre i\ la voie de raison , le duc dosonnès ne les purteroit plus, mes les y meltroit et les y feroit venir par la voie que longuement avoient quise sur ly ù leur maleur et mala santé, lit leur l'ut dict et remonsti'é lors, et le duc présent entendoit : comment on véoii bien par de cbù la cause ijui ù ce les movoit et la quelto les teooit en cesi abus.

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Une si cstoii, par ce qu'ils se fondoientet lenoieni tiers du roy , le quel les avoit pris ea sa protection envers tous et contre tous. Une aultre sy estoil , purce qu'ils sentoient le duc procliainement devoir partir des pays de dccbà pour aller en son voyage de la croisée , et que de làà Taveniure ne reiourneroit jaroès ; si avoit tant à faire maintenant et à penser et à entendre ailleurs touelianl ce voyage, que leur fuit cl le fait de leur évesque luy seroit comme riens , et le mettroit desormès en non clialoii-. Ceci esioit la conjecture qui esioit contre euU, et qui tenoit réallemeut de Tefl'ectaussi.El pour ce leur reust-elleremonslrée, disant; qu'on la congnoisBoit bien, mùsqu'envain se t'ondoicnt dessus . et s'en trouveroicnt decous. F.tniesnies le duc, qui là esioit, prist la parole et dist ; « Je sais bien que vous aultres du paya de Liège persévéroi en vosir* orgueil encontre mon nepveu vostro seigneur et prince , et tendee à luy faire du pis que poez , comme maulvnis , desloyal et rebelle peuple que vous estes i mes comme vous poet veoir , >'ous poez savoir aussi que encore na me suis eslongié de vous, mes suis icy tout ù lienro cl à point pour vengier mon nepveu du tort que luy tenci. Si ne douUez point que, quelconque déldiéracion que j'aye t'aide d'aller sur les ennemis de Dieu , les Xurcqs , et que nostre saint père m'en presse et semond, et que oliligié me suis par promesse comme devant toute riens du monde , gai'dci que je ne vieugne sur vous , et que TOUS ne soyez les Turcs et la Turquie là où j'adresserai mou voyage; car aussi bien estes vous une l'aulse maulvaise généraciuu , rebelle à Dieu et à sainctc église, et là où mon voyage sera aussi bien employé que sur les Inlidèles. »

CnAPITRE LXXVIII.

Commciii Liégcoi* «'imodàrôreiil mig peu cii leur orgnvlt , mèx relourluTeiil <le nuutcDc en leur ta-' ricu»ci4.

De ce» mots s'espoeutèrent durement Liégeois, et prindrent reiraicte. El voyans que c'estoit acertes et de sens conclu cequc le duc leur avoit dict , cotnoicQcèrcui de là eu avaui ii

CHRONIQUE DES DUCS DE BOURGOGNE. —If PART.

peser leur mescliiefetàeuixamodérer en leur i wgueil i et tellement que ledict leur (.>vcsque temprement après se transporta en Liûge , y

' fiist receu et recongneu paisible seigneur , et j demora une espace, jusques environ \-ingt jours après, que Lif'tgeois commencbèrent arrière de nouvel pour aulcuus poiuu, le chas- Bëreut dehors furieusement en péril de son corps , et tendans à mettre fin en l'estrif par puissance , se mirent es cbamps, à bannières desployées, cinquante en nombre , firent une course eu ung coing du Brabant à cause d'ung pré que disoient appartenir et disoient estre de la terre de Liège, etBiabenchoas leconlraire.

' Si fust ceste course celée au duc 'par autcun temps ; et laboroit son conseil d'estaindre la cliose par sens et par y envoier vers eulx , afin que plus grand mal n'en advenist. Mes enfin convint que le duc le sceut , car ne se voloient Liégeois meure ù raison. Et non obstanl que le duc le porta à dur , toulcsvoies encore en

' dissimula-il pourcelle fois pour ung meilleur, car n'avoit regard qu'à son sainci voyage, et de cely fuioit toutes romptures et en)peschemens.

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