‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 262 sur 494 · CHAPITRE LXXXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXL

Comment les estas se paroffrirent'au comte de faire toos debvoirs ^envers son père k ce qu'il le recueillist en grAce.

' De ceste doléance du comte et des manières de son parler prindrcnt pitié les convenus devant ly ; et-perplcx en la matère , pour ce qu'elle touchoit père et fils dont l'amour leur estoit égale envers tous les deux, furent entrepris à y respondre ù point. Et craignôient le trop adhérer au fils pour la malè grâce du père , et de trop tenir faveur envers le père en povre contentement du fils. Firent dire toutesvoies par une commune bouce : que moult leur grevoil et desplaisoit le différend qui estoit entre son père et ly, et que se la faculté estoit en culx de y pooir remédier par prières et par toutes paines et poursuites possibles à homme , ils y voidroient labourer , comme raison le donnoit ; car en culx en lournoit le meschief , et le dangier par y continuer longuement; et en lenr amour et concorde ensemble pendoieni leur sa-

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lut et félicité à trestous , et ce que attendoient de bien et de joye en ce monde. Si leur séoit bied , ce disoient , de volentiers mettre peine à ce que cestes difficultés feussent vuydées entre son père et ly , et que le père le recueillist en grâce et en dilection paternelle , comme son seul enfant, par abjection de son ire. Mes comme ils sentoient le père noble et tout bem'gne de corage , plain de vertu et de haults sens, et pareillement le fils plein des grâces de ce monde et de haulte recommandation, ne se pooient deffier , ce disoient, que , par la grâce de Dieu, tout ne venist à bien et à bon rappaisement , et que nature et noble vertu ne les rejolgnist ensemble par amour deue-, en quoy, pour autant qu'en eulx en porroit estre possible de y solliciter ne parer , ils se paroffroient et s'y oblîgeoient |de léal voloir. Et au regard de prendre aultre , ne homme estrange gouverneur , sur ce ne devoit avoir doubte ; car , comme bien^sçavoient et fermement créoient que le père ne le daîgneroit faire et qu'envisle pourposeroit, envis aussi y vouldroientils condescendre ne eulx y consentir , pour morir en la défense. Si fut le comte tant aise de ceste response que plus ne pot. Et luy sambloit bien que la faveur qu'il trouva au peuple de son père , par tous pays et par toutes villes Juy estoit fondement assez pour édifier dessus, et pour non estre foulé en, temps avenir de ses ennemis conspirateurs contre ly, à desloyale cause. Si les remercya de leur bonne responce, et requist de continuacion tousjoiu^s en mieulx.

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