CHAPITRE LXXXVII
Quand cenl\ des estas des ^divers pays , conceureni et avoient conceu en eulx la contradiction du père au (ils, et que le parler des deuls pendoit en drois contraires l'ung à l'aullre , ensemble aussi que le duc estoîl mal content de eulx de quoy ils avoient esté à la prière de son fils en Anvers, et tout pour bien faire , durement se lrou> èrenl perplex. E boutans leurs lestes ensemble, nobles et ecclésiastiques conclurent' de eulx rassembler ensemble le demain après pour ung avis de bien faire au convenable et h l'honnestc; car véoient les choses en grand dangier et en disposition de grand mal avenir , ce disoieni, se Dieu n'y pourvéoit par grâce, plus que par sens d'homme. Si couvindrenl les dessus dits estas le merquedi après , qui fust on/iesme de janvier , en la maison de la ville à Bruges ; et là conihirent deux choses. L'une si estoit, pour la peur qu'ils avoient d'avoir offensé le duc^par estre :dl6 en Anvers sans sou ccngié , de faire leur excasation devers ly. Et l'aultrc point, si ^
CnnONlQUE DES DUCS DE BOURGOGNE.— 11= PART.
esiuîl, pourcGqu'ilscraignoieat Qraii Js pciils et grands maulx qai [KiiirroicDt sourdre à cause de cosle discorde enlre le père et le li.'s , et de quoy les mesctiiers et les ruines toutes tourneroient eu eul\ , conclurent de eu\\ mettre en tout assay et devoir envers ly, tant par liumLles prières comme par dêre remonstrance : qiie il voulsîst et qu'il liiy pleust à mîtiRuer son courroux envers son fils et le capter es benivolence pour riionneur de Dieu et de leur salut: car eulx tous , et meismes tous les pays, avoient le dict son fîls en {{Ti'icc et merveilleuse dileciion ; et ne leur sambtoit pas, sauve le bault re^ne du père, que s'ils avoient esté bien gouvernés et gardés de la main du père , encore l'espéfoient estre aussi bien en temps avenir, et que le fiU, en leur procurant salut , n'abaisseroit en rieus la gloire de son père en son règne. Dont pour ce qu'il leur convenoit avoir advocal envers le duc , pour impétrer grâce et temps de pooir avoir accès devers ly pour eslre !oys, prièrent àTcvesque de Tournay qu'il lui pleust estre moyen pour leur Impétrer cestc audience. Le quel en a<'cepta voleniiers la charge , et l'obtint devers le duc pour les oyT.le joesdi après, ù uxiis licurcs de vespies , douxiesme du dict mois.