CHAPITRE LXXXVI
Comme le duc doncques eust faict ses doléances Je son lils et des gens d'emprés ly, en justifiant cculx dont le dicl son fils s'estoit dolu il eulx , tourna sa parole vers les esias de ses pays, pai' espeoial teuU qui avoient esté en Anvers, et leur dist : " Vous aulcuos de mes subgGcts et liabitans et manans de pluiseui's de mes villes et pays , vous avez esté en Anvers, au mand de mon fils, qui n'a pooir ne auctorilé de ïous mander, tant que je vivray, ne vous de vous iraîrc vers ly sansmon confjié. Tputesvoies vous y estes alléj dont je me donne merveilles , car point ne le devez, et ue vous appartient ainsi faire.'Si en suis moins content de vous. Ivt si mon fîls vous a donné à entendre chose contre vérité, que je mo doye punir de vous ei \ous abandonner sans bonne et profitable prévision, et vous mettre en main î» vous non .'iRfp-eablo , ce que oncques ue peoaay, ne debvez avoir peur pounant ne deJIiance en moy <]uc ainsy je le face ; car, jiisques icy je vous
ay esté prince léal cl certain, sans vnus avoir oncques failly en riens à mon pooir. Dont moins encoires aujourd'hui et à mon derrain, aveucqnes l'intencion que j'ay du saint voyage accomplir, le devroie et vouldroie faire ; aies suys résolu , à l'aide de Dieu , de vous lessier et commettre en si bonne et salutaire main que en devrez estre contents, et que à l'enirciencmenl de voslre félicité et paix vous devra souilir, combien que à grand dur et à îjiief me vient ceste manière de faire que mon fils tient envers moy , et en quoy ma conscience , à cause de mon prochain voya;>e, est fort chargée. Ça.' mes bons amis et subjects, vous vous retournerez en vos ostels cliascuns ; et cy après , quand je vous remanderay, vous retournerez devers moy à plus grand compagnye . se bcsoing fait. Et à tant je vous donne congié , en la garde de Rostre Seigneur. •■