CHAPITRE XXIV
Comment la rcmoiistrance que Gsl révesqiie de Toumay fust reprinse assez aigrement.
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reprendre beaucoup ledict évesque, lequel trop au précis et à Testroit , sans regarder aux circonstances ne au faisable de la cbose , alloit trop droit et avant, et ne regardoit pas i ce que les humains proposemens en bien le représentent devant Dieu en la nature de lenr bonne affection , et que Dieu ne veult p» obligier Thomme oultre ce qui est de sa puissance , et de fruit en ce qu'il empi*end. Et pourtant , comme les assistans en ce conseil congneurent que c'estoit trop aigrement allé en besongne de donner cest avis par telle manière, et qu'il y avoit beaucoup d'argumens à rencontre , ^ plus salutaires que le sien , le reprindrent , et lui imputèrent légierté en son opinion mal digérée et préjudiciable , disans en couvert les aucuns : que c' estoit ung prestre qui ne sçavoit à combien montoit tel cas ne telle affaire de nobles gens, et que pour ce qu'il avoit toujours manié ceste matère en divers voyages et conventions, à Tordonnance du duc , et mesmement en la saison d'iver passée, devant nostre sainct père, là où il avoit obligié, ly et messire Symon de Lalaing, le duc assez légièrement et à leur grand charge, contre le possible du faire, maintenant arrière le voloit faire continuer tousjours plus et plus avant en foUie, là où il meisme congnoissoit que tout ce qu'on en faisoit estoit en vain et sans exploit , et que uullui ne s'employoit ne ne disposoit au samblable, ne pape ne aultre. £t pourtant le blasmèrent plusieurs, que ly , qui estoit chief de conseil , proférast ces mots si aigus sans autrement difficulter la chose. Mes certes, le bon prélat, de ce me fie-je bien, y alla à h bonne foi et à la preudommie devant ly, mes non à la parfondcsse de la besoigne y laquelle demandoit bien gravité. Et pour ce dit-on que ces grans théologiens et ces gens dévoU qui riens ne savent des affaires du monde , ne sont experts des humaines convenabletés , ne par assay ne autrement ; ne sont communément point profitables à royaux consaux ne en affaires de princes , pour ce que leur spéculation et leur jugement gisent tout là haut en Tair, et n'ont point de pies sur quoy ils reposent en terre , certes , parce qu'ils n'y ont ^ ^ . eu point de vocation ne de pratique , ne ma-
De cest avis donne amsy, se fit noter et J niauce de publique nécessité, avec^ues qui
[1464] CHUONIQUE des ducs de BOURGOGNE.—IIP part. 32»
toute divine loi et eacript dispensent et ront vieux consaulx alors et nouveaux de con ploient. traire nature. »