CHAPITRE XXY
Comment le seigneur de Croy répliqua sur le proposement dudict évesque' de Toumay.
Le seigneur de Croy répliqua sur ce et dist : « Comment déa , monseigneur de Tournay , Fentendez-vous ? Ne pesez-vous auUrement cestui affaire qu'en ce parti que vous touciez, qui y allez d'un oeil tant seulement» là où il en besoingne bien douze? Volez-vous que ce que monseigneur fait et a fait à intention de porter fruit et effect , et à dévotion telle que Dieu cognoit » et qui n'est pas sans grand mise et coust, voise voluntàirement perdre et mettre à Fabandon sans utilité nulle? Comment déa! vous voiez et oyez que nulle des nations ne s'appreste ne ne met sus ; ne du pape ne du duc de Milan il n'est nouvelles ; meismes dit-on que le pape est mort. Se le pape et les nations out promis aulcunes choses sur quoi monseigneur présent s'est fié, et s'est monseigneur mis en devoir, seloncq le temps , et par un commencement de parfaire après, et puis les dessus dits faillent et ne mettent riens à effect, convient-il pourtant que monseigneur , sur leur faire qui est congneu , boute oultre ce qui ne portera point d'effect, fors que honte et blasme , et que tout voluntàirement et sciamment il envoie perdre ses gçns , battre l'eaue et le vent, et se miner d'argent et de chevance, pour un néant. Par Dieu ! sauve Tonneur des disans, il ne sied point à feire ainsy. L'honneur de monseigneur est bien aultre«* ment de grand poix; et puisque la chose est venue ainsi , il s'en est assez acquitté , d'en avoir autant fait. Et voudroie que mains, puisque aultrement ne va. Tout à temps vient -on à despendre, et à perdre trop tost. Mon avis est : que monseigneur doit rcmander ses gens , monseigneur le bastard et les autres, et iessier Dieu convenir du surplus. Se le pape est mort , peult-estre que cely qui venra après sera d'ung aultre avis, et convenra faire d*une aultre manière ; et se-