CHAPITRE XXXV
Comnipnt ■ regret l'auleur t»\t menlion en son escript du luesus (ludict tcigneur de Nevcrs.
A Brand pilié et regret loulevoîes je contourne ma plume en cesle matère et à parler en charge d'uDg si liauU et noble prince, vaillant chevalier , cbief de guerre , clletjuel par ses liaulx et renommés fais avoil esié esleu à l'ordre du Toison-d'Or , comme ung perle de chevaliers entre les autres, et au dcrrain, ce que je plains, et qui esioîl près de viel éage , est allé effacer et noircir tout ce que fil oncques de bien, et muer sa clére renommée en obscure, en cas encore et encontre ceux dont premier devoit avoir porté la mort que de le souffrir à ung autre. Si m'est bien dur certes et amer en cuer , quand les conséquences encore de son vice avenu me contraignent que je umplie la] malère par son propre pourclias , quand ly meismes , sciammenl et tout de gré , donne matère de parler contre ly ; car quand lout cler est el sceu qu'il a pris l'cslonge de la maison son esleveresse, a pris escueil ailleurs en ses vieux jours , el par forme d'énemislé non desservie, fault l3ien dire donc , que ce il a fait à cause et à racine d'un d'aulcun.
Et qu'il convient ou qu'il ait mesFail en la maison , ou qu'on lui a mesfait, quelle de l'ung des deux n'a faute ' De mesfait à lui, oncques n'en ot poinl , fors honneur , el toute prestance d'amour sur tous autres , tant du fils comme du père; et si avant, qu'en France n'avoit prince du sang mieux entretenu que ly, lant en dons de terre etdes biens comme de son estai entretenu mieux que aullre. Et jusqu'à ce jour que l'accusation vint contre ly , le comte de Cliarolois ne se ttoit en homme qui vesquit, autant qu'en sa personne. Si appert clérement doncqucs, de mesfail n'y avoil point devers ly, ne du père ne du lils, quand te père mcismes , pour lui garder son honneur, pristargu el indigoacion contre son liU pour ly..luy impulanl que ce il metiuil avant par malvaises gens , àlorlet sans cause; et laquelle porlance de ce comte encontre ly,
devint depuis matère du plus malvais funs qui oncques avoil esté entre le fîls et le père, jù-soil ce que le père , en la parfin , trouva son fils véritable; et lui despleut bien da tant, pour son propre honneur ; car trop lui estoit près l'autre. Au regard du mesPait de ly, cela appert par la matore en quoi nous sommes, el de quoi la déclaration a esté faite , là où elle seuil ; et appert encore que sans lui avoir donné congié de sa maison, il en a pris l'eslonge ; s'est esti'angîé de ly meismes ; n'est volu venir à l'umilité ne à la voie d'amende; a quis parti aultre part pour se vengier; pour soi fortifier en sa triste cause a perdu la pension et les bienfaits de celui qui oncques ne la rompit à homme sans l'avoir forfaiie , ne qui oncques ne chassa homme d'en arrière de ly . se à sa propre coulpe non, ei encore à tard el envis. Se doncques ce prince, père - famille léal et ferme , a gardé el observé à toujours ceste constance envers ses petits serviteurs , chevaliers et escuyers et gens de tous offices, par plus forte raison la doil avoir gardée et parmaiotenue envers sou cousin-germain, fils de son oncle , et fils à celte meismes femme de son oncle laquelle il avoil eu espousée. El n'est vraysemblable , ne ne fait à croire, que se la cause y ensl esté si grande el si patente comme elle y estoit uiiainle , jamis envers si grand homme, el qui lui estoit de sang et de norriture , ne se feusl moDSiré variable pour lui couper la broce en ses vieux jours. Vous en orrez des aullres conles cy après ; et là où la matère d'elle meismes , sa je ne me fains , me sera occasion d'en parler, conslroint.