CHAPITRE XIII
Du service mortaaire du duc dernier mort , céléliré eu réglise de Saiuct-Vaast et du seriiiQO tout cr^stiui de maistre Pierre Flore.
Cestui premier affaire expédié dedans Arras , le nouveau duc des Bourgoingnons , poiv s'acquitter en devoir de conçcienee , fist faire le service du père très solempnel dedans Téglise de Sainct-Vaast. Et y furent, sans les seigneurs séculiers qui ne chéoient en nombre : les évesques de Cambray, d'Amiens, de Tbérouane , de Tournay et d* Arras , avec grand nombre de prélats autres , et sbbés des pais de Flandres , d'Artois et des pals autour jusques au compte^ de vingt et quatre crosses, dont cely d'Amiens chants la messe ; et messire Jehan de Luxembourg, ensemble messire Jacques de Harcourt fiii^ soient le deul avec leiur maistre en longs manteaulx propres à leur estât. Et vindreni tout loings derrière luy, conune raison le donnoit bien. Des cerimonies ne fault point parler ne des magnificences qui y estoient ) car à présumer fiiict que tout y estoit biem ordonné et bien assouvy , à la valeur et haultesse des personnes , Tung vif, l'autre mort. Mais l'offrande passée , ung frère prescheur, maistre en théologie , nommé maistre Pierre Flore , inquisiteur de la foy en la province de Rains, fist ung sermon notable devant toute la seigneurie, priïocea, prélsts, no* blés et autres , par lequel , eu toute ardeur d'esperit, il sembloit contendre à vouloir descn-horter ung et chascun do prendre aucune vengance du mort, ains persuadoit el conseilloit que on la remeist à Dieu tout puissant qui scet rendre et vengier toutes offenses
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GEOBGE CnASTEI.lAIN
OÙ etqnand luy plaîst,' non'pas à l'oppéiit des hommes, mais plus amèrement beaucop que à leur appétit. Si remonslroit aussi : que Toyede justice est la plus riporeuse et la plus espnvenlable attente des meffaicleurs, et que nulle Yen[>ance n'est si hoDuourable eldest grand los que celle qui y est quise. Parquoy luy, qui cstoîl tinç cliief de justice en erestiennoté, et meismcscnceroyaulmcrunddes principaux piliers, luy meismes devoit justice renforcyer et aydier, e[ , là oii viguer et vertu luy fauldroient, la sccourirsoubs espèce d'équité, el non de fureur vindicative par puissance convertye eo œuvre non deue ; car i qui seul est la provision des félicilés et doulceurs des bommcs, ù luy senlaussi doit esire la cognoissancc de leurs rumeurs et torts-faits, ensemble pour les pugnir.
Tellesct si faites raisons mistbcaucop avant, comme manifesteurde vérité, qui ne doitestre celée en chayère , meismes , d'ung excellent clerc , eu^tellc compaijjnye et en tel liault et pondéreux cas , dont tant de maulx povoieut naistre ou de biens parfaire ou laissier. Si s'en acquitoit devant les liommes , ce ly sembloit, comme il en vouloit respoudre devant Dieu. Feist qui peust ou laissast qui voulsist , à luy eatoit de conseillier, et à autre d'exécuter à son plaisir. Plusieurs toulesvoîes des nobles hommes là eslans se troublèrent de cestuy sermon, et, plus obéissans à folle opinion que à sain jugement, se tindrent mal contens du prescheur, cuiduns qu'il fust favorable aux acteurs, et que faveur plus fust cause d'un tel des-cn-boriementque révérence de l'bonneur divin ; mais non fut voir, comme il paru bien SCS excuses autre part, là où il s'cu piist CB bon devoir.