CHAPITRE CXVI
Gomment nne 'partie do peuple gantois attendoient h réception du dac Charles , lesquels nuKunèrent secrètement nne eomnocloo.
En gruges doocques estoit la consultation tele comme vous avez oye , et estoit le duc en bonne volenté envers son peuple de Gand. Mes en Gand y avoit une toutte aultre cousultacion secrette aussi, et par avis précogitée , et laquelle cestes gens qui estoient à Bruges devers le duc ignoroient. Car, comme le peuple savoit bien et créoit de certain que infailliblement le duc venroît prochainement en Gand faire son entrée et prendre possession du pays, pourgettoit aussi en son entendement et en malice , que maintenant il seroit heure toutte propre poiu* faire et pour donner confusion à ses gouverneurs et à ceux qui desroboient et Hevoient , ce disoient, les impitoyables cueilloites (Jui sur le peuple CQuroient, encontre Dieu et raison, et en contraire de tout droit; car le prince avoit esté piéça payé ^ ce disoit le peuple , et toutte la ville relevée à deux fois double du dommage qu*elle en avoit receu. Et combien que je nomme le peuple en générsd, toutte la généralité du peuple touttes-fois a*estoit point d*une secte ne d'ung propos en malice , ne eo secrète emprise, fors tant seulement en une commune doléance très bien des cneilloiies qui couroient égualement sur ung et sur auUre , et par quoy de commune playechascua pooit faire commune plainte. Mes fault entendre que, comme en ung tel monde de gens qu'il y a en Gand il y en a de divers corages et de divers propos , les ungs bons et les aultres maulvais , certes auleuns particuliers , et en grand compétent nombre , malvais , vileins et fiers rebelles meutins, avoient conspiré cnsamble secrètement pour] faire une levée bien estrange à rentrée de ce duc , tendans à venir à leurs fins, principalement pour meure jus ceste cueilloite p.v maistrisc, et pour mettre à confusion les oueilleurs d'icellc; pensans'et arguans entre eux que leur nouveau prince le duc s'y con-
scûiiroit par force , el n'y $v»roU œ^ttre
;j4«7] CHRONIQUE DES DUCS DE
remède (jiiand il Its vorroit osmeus. Si disoit l'on, en sievarit ce, et comme depuis ii fut trouvi:-, que Mcrcitemont et on couvert ils Rvoient fait fiiire nouvelles bauîéres , et Ips twtoiein macées jusqaes sn jour de ' leur liret car les banières génâralcmeut leur •voient été toifuespar la paix de Gavre;; et ne jpooient nulles avoir désornjfss , sur peine de IDort et de paix eurrainle. Si s'en estuient-ijs ^aînteoant avanciés (outes-fois , et présumés %attrageusement d'en faire faire des nouvelles, et pour prendre leur rallîenicnt dessoubs elles , quand ils auruieni mis uvanl et mouslié feur oultr;uge.