BOURGOGNE— III' PART
porter et rap|Wjrtei' ce ylorioux corps sainQt , tous UiA ans au lieu dessus dicl. Maintenant une multitude du rcspuille et de garchoonuille tnalvaise le portent , crians et buans , cban— tons et baléaos. et faisans cent mille dérisions, et ivres tous.Ët comme ils y vont es grand multitude et en grande» coliories , tous en pourpoints sans robbe pour estre plus légiers.Buntious, ou la plupart, armés d'auberjons ; portent cbapelines de fer et espées et brutiuemarls , et font des oullraiges beau-r coup pur où ils passent , comme tous deslië* J et desehainés ; et est , ce samble à voir , topt 1 Â eux pour le jour , sous l'ombre du corps. " Toutes-fois par cousidujatioa du mal et du dangier qui cy se pooit occulter en tems à venir, le duc Plûlippe, après la bataille de Gavre y misl loy tt règlement , et establit ea Gand, par perpétuel édict, que jamès cestes geu8-cy qui porEoient et dévoient porter ce glorieux corps sainct , fer ne basion ne porleroicni, ne porter ne poroient sur eulx , ne auberjon ne rieas, ullin de éviter toute esclandre et toutmeschief en multitude d« leloK m gens quand ils se irouvem ensamble , et daii|d les dangiei:s soniforl à craindre. Dont , cumuM,! ceste ordonnance avoit esté mise sus par 1 duc Philippe , et jïi bien observée par l'e^aGfi:! de treize uns que bien s'estoieiil portés b|I doucement, maioteuaut u ceste derraine annéa^ M quand ce nouveau duc les devuil venir viailcTf I s'avi&érent d'une nouvelle couverte malicetl et Ui où ils ae dévoient porter point d'ui bcrjon de fer , faignaos vouloir obéit user d'iofractioD , avoient fait faire et getierj eu mole une multitude d'auberjons de plong 1 de ducaserie, aŒn de les porter, par euscigop J du temps passe , sur leurs manches , peasas( que cela seroît tourné il jeu et agas , là i ' culx avuicnt aultre enicudement tout ii certes;(^
CDiPITRE XCVIII.
Conimenl le iliic Chnrles séjoama ii Deiiue dcax nui({ nitouJaiit que Im Gantoii cuswtil Bppretlt ai tr*e.
Cl' vint le jour que ce jeusne duc Cliarlea parlisl de Bruges à tout le gi-and trésor qu'ï^ avoil trouvé au uespas de son père; ci venanl 1
GEORGE CHASTELLAIN
en leurs maisons /disans*:a J'en ay , j*en ay » ; et par desrision , se vantoient d'en avoir les enseignes. Gomme doncques ils eurent ainsi exploitié par doloreux commenchement , et e^péroient bien tantost avoir sieute et adhé* reufie, avant que puissance pust- venir contre eux pour y résister, crièrent entre eulx : Staf 9kk! siaf et crièrent alarme. Et soubdainement, en tous les carrefours prochains, le peuple s'esmeut , et alors tout ce qui avoit le corrage mutin, et ce qui s'estoit tenu en recèle, de peur de la justice, prestement tout courut aux armes ; et comme se bannières fus* sent^venues toutes novelles par f aérie , tout vint au marcbié à bannières levées, en nombre de divers mestiers, aulcuns qui, de tout temps , ont esté naturellement mutins , et les premiers au mal foire ; et venoient crians à horrible voix : « Tuez , tuez , tous ces paillars machefains , ces larrons desroubbeurs de Dieu et du monde! Où sont-ils ? Allons les querre et tuer en leurs maisons, si que maie tuison s'en puisse foire, et qui tant ont vescus à nostre piteux dommage.»