CHAPITRE CXYII
Conime»! le roj Loys Knoil ce qui se faisoil à I» ré- j cepiion riu duc , el tontnicni il eiloil marri île l'allidncc d'Anglelerru
le r.)y par delà les marches de
GEORGE CHASTELUIN.
Tounioe , et savoit et oolt tout ce qui se faisoU par-dechà , et de Gand et de Malioes et du tout . et du grand avoir et trésor que ce jeusnc duc ici avoit trouvé par le trespas de son père, et comment Gaad , après luffeose faite , s'e»lott rendue à iy et à merci, et tout l'elTectde ce mariage couclu , ensemble et du chevalier du comte de Nevers pris ; car avoît gens qui lotit lui mandoieut et rapportoient ; et meismes afoit les Liégeois devers ly tous les jours procurans sa delTense el sa prolection encontre son envaye. Si faitàpenser qu'entre toutes autres choses du monde, ce qui plus lui desplaisoit , c'estoît ce mariage ; et non sans cause : car, à voir dire , il y peodoit uug souverain péril pour ly et pour tout son roysMime , quand oncques il n'a esiê permis ne souffert , ne loisible aussi à aucun prince de dessoubs la couronne prendre alliance es Angleterre , pour peur de la conséquence et des périls-, et là où cestui, par puissance et par non ascouter , ce sambleioit , à nulluy , print et quist alliance , bon gré maulgré , pour soi poiter et tenir loide. Et certes je dis biea alors: que le cas fesoit à plaindre, que ainsi le coavenoit f^ire , ei que le plus noble et le plus digne membre de France esioit compuls de soi tant estordre , comme de soi allier >ux perpétuels ennemis de sa parentèle. Dont, et se le roy en avoit dueil, non merveilles, quand moi-meisiaes je le plaignoie et doloie pour la fin Fulure. Xoutesfois et au roy et aux hommes le convenoit porter , fut bel, fut laid, Car encontre puissance qui ne se peult répugner, n'a point de loi qiù y puist servir. Le roy toutles-fuis , et « bon titre, machina toutes les voies depuis , si comme vous orres, pour rompre ce mariage, et en l'entendement seul pour le grief qu'il y seotoît pour le temps à venir. Mes ce fut trop tard : ly meismes , comme j'ai dict , n'a guires en avoit esté cause ; et à cause de ly et par ses faits et paroles qui ainsi se portoient, cestuy Charles , maulgré lui quasi et par ung despil , print l'alliance laquelle il eust quise et prise en France, qui l'eust volu traiter par bel et le recognoistre. Mes le temps pririoit ainsi alors, et Dieu souiïroit it deux jcusnes fiers princes et puissans tous deux user de sa volenlé et t)« s«8 meurs en propre franc arbilro , et
lesquels souvent en commun affaire csioient incompatibles ; l'ung voloit l'ung, et l'autre voloil l'autre , et tout par inconvénient de peu d'amour et de peu de raison etdemalvaise tnaJsnie, qui n'oseouqui ne veut ung prince corrigier ne reprendre en son fourvoy -, ains lui coDseille chose de mesclûeF et de honte , et le boute eo folle œuvre tout otilire. L'entende clià et M qui peult , mes les rois el les princes ont des passionssouventetdes vices en euix, lesquels, s'ils les voloient rompre , en ensievant I estai , le monde et eux vivroieni en pai& le povre peuple i leur exemple.
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CHAPITIVE CXVHI.
Conuuenl li^gvmt linilrenl suléger Ho; qu'il ne coiilribuoil Kui MUIei.
Encorre estoit le duc Charles en Brusselles, et estoit le mois d'aousi l'an soixante-sept , quand nouvelles lui vindrent que ceux de Liège estoienl partis deliursde leur ville, à bannières levées et à giand all'usieraeut d'engins et d'artillerie pour assiéger lu ville de Iluy, laquelle se teuoit et s'esloit toujours tenue pour févesque encontre la cité. El pour coste cause, et pour ce qu'elle s'estoit toujours utïintenue ferme et friinche aud'ict évrsque , le duc Philippe l'avoil lousjours uiïrancie de toutes amendes et réparaciou que le pays de Liège devoit faire à ly eli l'évesque son neveu, sans riens y compMÎr ne contribuer. ^^^H
Or estoient les amendes grandes et ^^^| mérables que le pays devoit porter alort^^^ satisfaire au duc Philippe ; et avoivnl ceux ià la cité baillé leurs plus grands et les plus notables de leur ville en ostage , juwfu'ati parfait du traitié et de ce qu'il portoit; et dont jà , pour faire le pi-emier paiement qui fut porté en Brusselles, Liégeois «voient esté consirainis et si pivs pris que de ^re une partie de leur paiement de vasselle , et des chaintur^s et menuelés de leurs femcMak, Dont quand ce vint, et que ire ]e» n regarder leur ^rvilude , el que ceux i estoienl et vivoicnt francs et ix leur p non volans en rien couiribuer k leur d et perte, priodreot nue aigre :
CHRONIQUE DES DUCS DE BOUBGOGNE.— III* PâHT
contre euU -, et comme geag capiteux et pleins de fureur, jurùreat , par le sang que Dieu spita ! ils y coatribueroieat bon gi-c maugré , et les iroient courir sus. tt de fuit y allèrent et assiégèi-ent la ville et l'évesque dedaaa i et fremèreiit leur siège bien eipuissammeat, et t'y tîndreot grand pièce.
Dont, quand le duc le sceut, avecques ce qu'il avoit des autres atfairesasNeïsuraïaînB, pi parla-il à dur ceslui; et lui sambloit bien que c'estoit ung cas d'ouliraige fait tout à propos pour lui donner des affaires ung sur auUre. Mes à tout il pourverroit, ce disoit , en temps et lieu , et s'en clioviroit bien , comme il fti mortellement et glorieusemeut. Ce vousupperra bien cy-aprcs, là où à ceste cause il disposera de son armée sur Liège , par tel elturi que la ruyne est ensievie depuis perpétuelle , ce qui fuit à plaindre.