‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 393 sur 494 · CHAPITRE CXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXX

Comment les Liégeois »iiwJrent assiéger Hiiy, el comment le duc luy enioja moiMeigneiir <le Boussul.

Or estoit l'évesque de Liège assiégé dedans sa ville de Huy en grand dangier. N'avoit que les gens de son liostet pour soi defiendre , et aulcuDs nobles du pays de Liège qui lenoient son parti ; laifuelle chose n' estoit ne ne poott encontre la puissance qui estoit devant ly , quinze ou seize mille liommes , avecques ce que bien grande seurté n'avoît-îl point au peuple de dedans, qui tirent tous l'un à l'autre ; et doubloit fort qu'il ne lui en peust venii' dangier. Si envoya battant ferranl devers le duc , lui signifier son dangier, el le destroit où Liégeois le lenoietit ; et lui pi'ia pour Dieu qu'il lui pleust remédier, ains lost que tard, et y pourveoir tellement que la ville ne ly ne clieussenien dan;;ier des ennemis ; car sans secours de gens , et bientost , ne porroîent maintenir la ville , ne leurs personnes garantir de leurs mains. Comme toutes fois l'évesque envoya vers le duc,iireure d'alors le logis des Liégeois n'eiitoit encore que de l'ung costé de la rivière'; et pooient de l'autre lez ceux de dedens saillir deliors, et recevoir gens et secours à leur bon.

Or estoit le seigneur de BoussutàMalioes ; et vint au mand du duc avec nombre de gens d'armes , comme a esté dict dessus. Si lui ordonna le duc d'aller, avec ce que avoit de {jens, à Huy, au secours de son aepveu l'évesque , et pour dire à ceux :)ui estoient là lugiég devant la ville . de par ly , que ils se reiraissenl et s'en rallusseol en leur ville paisiblement et sans faire oppression fi ceux de Huy, ou si non ly-meisnies il y venniitsi fort, prochaine ment et à l'aide de Dieu, que leur retour, quand ils le cuideroient Faire, cur seroit de grand uvcwiui'e. Si y allu le

seigneur de Boussul, gentil chevalier, »vtcques ses gens; el envoya le duc avecques \f messire Philippe de Poitiers avecques sesrf«« aussi; messire Jehau d'Aimeries aussi, chevalier, seigneur de Lens , avecques {jransfiTBiu aussi qu'il avoit, et plusieurs vaillans nobln bommes de Iluinaut, jusques au nombre tle quatre cens combattans, que ungs que aullres, et tous sous le seigneur de Boussut i lequd arrivé à Huy . fut grandement bien vîegnié el conjouy de l'évesque. Et fïsi ledict seigneur son message à ceux de Liège, là logiés , qui peu accODtèrent à ses paroles , mes dirent en effect : que le duc de Bourgotgne u'avoit que faire de leur demander riens, car eux oe demandoieul riens à ly ne ii leur évesque ; et ce qu'ils esloient là venus si n'esloit-ce qu'encontre ceux de Huy tant seulement, et encontre le corps de la ville qui estait en leur chastellenie ; et dévoient les inltabilans d'icelle consortir , ce disoient , et contribuer avecques la cité en tous cousts, frès et dommages, hontes et perles qu'elle avoit portées ; dont , pour ce (|ue lesdicis de Huy s'en voloient exempter et tenir à frans , par faveur du duc et de l'évesque , ils esloient venus là pour les y constraindre par force; et n'en partïroieiit jamès taut qu'ils les ;iuroient en leur pooir: mes au duc ne à leur évesque ne demandoient riens. Ce estoit leur couleur; et de fait, par ung leur messagier le signifièrent ainsi au duc , lui estant à Malines , pensans de le rappaisier par paroles qui peu leur servireat.

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