‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 394 sur 494 · CHAPITRE CXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXI

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Comment le duc priiit A ciier (Unog g«nlll1 Liégeois SToicot U

Cestuy recommencbement de laguerrsfl Liégeois , qui tant avoient esté battus et calamités, fut empris de male-heure et de nialvais sort pour eux , combien que iU le cuidèrent tout autre. Et peu certes fit pour eux, mes ung très doloreux exploit, qui oncques leur en donna le conseil ne le hardement de iemprendre ; car, pour avoir esté battus et navrés, ils en entreront en dure mort elen perpétuelle pei-dition. El ainsi va-il aux gcux fols en propre et mulvais conse

[4M71 CnnONIQUE DES DUCS DE

(]iii ciiîdent vengier leur honte , et ils accroissent leurducîl. Et desjàparavant la mort du duc I Philippe , nonobstant lotis traîliés Faits entre I If eteux de la ruynedeDinunt, et que leurs I <Mi3(;es, leurs plus nobles du pays', estoient F M la main du duc , pour les pooîr faire mok rir quand ils recominenceroient aulcunc f Iiosc âe novel , si avoieni-ils prins toutefois depuis

un gentilhomme nommé (1) et

l'avoient esté quérir dedans le pays de Lncembnrirg. là où il csioit allé demorer pour refun'e; et ne s'esloit volu mesler de leur malice. Si l'estoient allé (juerre à force , et lui imputèrent trayson, disnns qu'il avoit estéconire eulx en favorisant au duc ; et le mirent en torture et le tourmentèrent piteusement ; et enfin tontes-fois le décollèrent. Mes bonne eipasce y avoit entre deux. Et ne le firent point tant que le duc Philippe vesqnit : car sans remède , s'ils eussent eu nuls osiages et aussi bons que les meilleurs , si les eust-il tous fait niorir par revenRC , ne tout le monde ne les cust sceu sauver. Et combien qu'ils te firent morir après le trespas dudict duc et du nouvel règne de cestuy, si le firent-ils, avecques aultre inconvénient plus grand encore , comme de ceste ville de Huy. Par quoi du moindre cas ne fut pas esmeute la guerre contre eux , fors du tout ensemble ; et esloil bien l'iniencion du duc de venjjier la mort du povre gentilhomme par une dure amêre ver(;e : aussi fit-il. Si n'en estoient point toutefois les ostages sans peur , mes eussent volu esire morts pour en avoii- passé la peine. Et se d'aventure on voloil demander se Liégeois, après avoir tant sentu et cogneu la puissance de la maison de Bourgoigne, ont resmeut ceste guerre de propre orgueil ou à incitation d'autrui, il loist voirement liien respondrc à b quesiion , veu que le vrai apparanl y est que, de l'une ou de l'autre manière et par l'une des deux voies , elle a esté recommencée , et peut-esire par toutes les deux : car fondamental orgueil y a esté toujours en toutes leurs emprises . et të^ière oreille ploiant à aullrui conseil , dont l'espérance leur a esté vaine. Or faul-il sçavoir, et aullrc pan en tous leurs affaires en ai-je toucliié assez, que

(1) Lncune dmii le

BOURGOGNE.— III' TAUT. 4flî»

seulement de|la peur et vieille haine que Lié- {[çoîs ont portée de tout temps à ceste maison de Bourgoigne , qui seule lenrpooitfuire oppression , de tout temps aussi et tout anciennement ont quis et requis le roi de France à estre leur protecteur. De temps en temps, comme à leur seul refuge ont hanté U royale court, et là ont eu mis en main tous leurs afl'aircs. Meismes au coutvnnemeut du roy Loys , entrant dans Paris la première fois, furent devers ly pour avoir k'ur sauve-garde renouvelée ; laquelle ils obtinrent envers tous et contre tous , sans nulle exception . ne duc de Bourgoigne ne duc de Bourbon, qui tous deux a voient question à eux, celi de Bourgogne pour son neveu l'évesque, à qui ils estoient rebelles , et le duc de Bourbon pour ce que l'évesque esioit son frère, à qui il devolt favoriser en lui portant aide. Si en fu rent Liégeois orgueilleux durement et moins acoutans au duc de Bourgogne ; lequel toutefois en parla hautement au roy dedens Paris, et comme en son lieu est escrit. El fui la première chose dont il se percheut que le roy recognoissoit mal son service; et y eut de grandes paroles : que ung roy de France voloit porter ung grand tas de malvais orgueilleux vilains, pleins de desrai^ons el de mulvaises œuvres, contre son propre sang, les plus grans de son throne , et encore en mulvaise cause. Toutefois , ce qui eâtoit fait de- Dioru fait , et ne fut aulremcril à celle heuro< Mais cely de Bourgoigne disoil bien qu'il u'jt avoit protection ne sauve-gurde , pourc|uoi il feist ne luissast ung Poitevin. Quand il se sentiroil de leur orgueil, ils se sentiruicnt aussi de son conrroux, si amèrement que James sauve-garde ne venroit à temps |iour les rcscourre. El les meismes mots il les dist au roy ; et depuis réalement il les miiit it elTeci , tout ainsi qu'il les uvoit prononciés; et leur monslra fier visaige , et les cliaslia de poignant dure verge , et tout l'euviron d'eux ; ei parquoi tous- jours allèrent ei envoyèrent devers le roy pour remède, quioncqucs autres chose n'en fist que donner paroles et leilrea qui les envoyèrent et boulèrent en fol cui iïier,et sur lesquelles ils pcrsévérèrenl en leurerreurel en leur mal vaise apprise, et laiil que quatre voyages va sont eiisiëvis sur eoix.

GEORGE CHASTELLAW;

tes plus grands de la terre , en cinq ans.

Le premier, (|iie fiailecomie de Churuloîa, mninienaiit devenu duc, ix son retour deCoiiflans , là où il les compressa telement, et les miat en telle peur que ils renoncèreDt àloulcs sauves-gardes , protections , alliances, promesses, obligations scellées et jurées, et quelconques elles pooient estre fuites au roy ou de If receues ; et tncismcs rendoient et re»liiuoient tout ce que avoient de lellriage du roy louchant ce ; et prindrent le duc de fiourgo|ipae comme duc de Biabant, leur perpétuel nvoé , à somme de florins par an de tribut et de rente ; promirent de eux maintenir paisiblesdésormùsetderechevoirleuréïesque paisible, et de donner deux ou trois cens mille HorinsdeRin pourréparaeionctamende : toute laquelle chose , silost toulefois que le voyage fut rompu , ils roinpii'ent aussi ; et recoururent devers le roy plaintis et dolens, et aussi près de mal faire twunne janiès ; qui arrière trouvèrent confort de paroles teles que paravant , el promesse de les assister ; dont oncques lontefois ne tinèrent ne ne vindrent à reflèct, jft soît ce qu'il y en eust des grandes apprestances laites , et (joe l'on dtsoit que grnnde puissance de Franchois les venoit secourir; mes oncques n'y sont venus ; ets'ilsonteEtéen chemin si sont-ils retournés.

Le second voyage si fut, quand le duc Philippe y ails, et son fils avec [y, mettre le siège ù Dînant; latjnelle de ce voyage fut mise ù ruine et exlermioalion , l'an soixantesix ; et de quelle ruine Liégeois furent si esperdus «n la cité et partout le pays, que tous cuidoienl venir au meismes de Dioant, esvanoiiye. Et en cesie peur , arrière seconde fois renonchièrenl au roy et à toutes ses faveurs , M se offrirent encore en plas grand servitude qne devant, et en plui grande réparacion faire-, et les prist le cotnie de (Aarolois an nom de son père en nombre de Tîngt on de vingt-six mille en ung troppenu k mercy sans les combattre , là où toutefois les arcliiers esloient jà descendus i pied et prests pour envuïr. Mes le comte, obéissant à meixi et à pilé du povre fol peuple, qui eust esté dévoré, ce lut sambloit, et parce que anlcsns )es plus notables de la cité gisoieiit en terre b S^iNUi d«vant ly, prians pgur eia ettiituns :

- 0 noble prince , il vous plaise il re povre Iroppeau de brebis , qui est là devant vous et qui est en vos mains dévoré, lui donner vuslre merci et miséricorde ; ils ne scèvent qu'ils sont ne de quoi ils se présument: el pour la stiocte digne mort de Dieu I veuillez en avoir compassion ■; si vous dis bien que le comte en ccstui destroil, esioit en dur parti pour bien en savoir faire et laissier par conseil; loiitesfois il les laissa et les espargoa ceste nuit par le conseil du comte de Saioct- Pol, connostable de Franco caria nuit esiuil sur mains , et le comte u'nvoil nullo irtillcrîfl emprès ly. Secondement, et sur toutes autres, la cause poiirqum il les laissa le plus, c'estoit que le malin il leur avoit donné et accordé le jour franc pour eux reiraire-, par quoi, se maintenant il les eust envidiî , il eust failli en sa parole et en sa promesse. Hès eux-meismes toutesfois ils faillirent, car ils s'en debvoicni retourner tout le droit chemin, et eux au contraire viodrent logicr tout au plus près de ly , en ung fort villaige , comme pour dire '- ■' ^ous vecy >i . Si se dospila le comte de Cliarolois durement de sa parole du malin , laquelle toutes-fois n'osoll enfreindre ; et se cructHo de quoi il les falloil laisser aller sans combattre et de quoi il ne seroit jamès après sans regret. Aussi ne fusl-il ; car b ribaudaille meismes , aussîtost qu'ils furent en leur ville, s'en mocquèrent et dirent qu'il ne les avoit osé combattre. I.e duc Phibppe aussi, qui à ceste heure csioit en Bouvines , s'en crucifia ù l'autre lez , de quoi son lils les avoil laissiés aller saufs; et eust volu pour ung grand avoir qu'il y eusi esté ; car le voyage esioit sieu , et y estoii en personne , mes non audicL lieu. Et nonobstant louies-fois ceste seconde humiliation faite, et qui estoit à feu et â sang, et merci priée et dounée , et à renonciation du roy et de tout le monde , quand cesie seconde armée arrière a esté rompue, et que l'on cuidoil estre paisible uvecques eux, et avoient builliés leurs nslages en grand nombre, les plus nobles du pays et les plus enfans de bien , si recoururent-ils preslemeut arrière au roy par messages ei ambassades ; et lequel, toujours en la forme que devant, les entretint et paya â tel fruit comme les auU'et fois , sans leiu' ioaant garant.

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