CHAPITRE CXXXI
Comment le dac Charles fist responce absolue aaconnettaUe ne soi vueiliant désister de ion emprise.
^ A ces mots, le ducrespondit : « Beaucon- . tÎD, je vous ai bien oy et entendu; et àbrief respondrai sur tout. £t en tant qu'il touche : le feit des Liégois , je vous ai dit une fois . qu'il en est fait et conclu. Et ne^aut ne prèsdieor ne sermoneur pour me venir rompre en ce propos; ains eulx tous et cent aultres y romproient meismes leurs testes , premier que en finer. Que se demande le roy, de me requerre que je les laisse en paix? et que ne les contraint-il , et leur fasse défense que enlx-meismes ne me travaillent ! Yeult-il que je les supporte et espargne , et eulx ils me vouront faire oultrage! Que leur ai-je demandé quand ils sont venus assiéger Huy, et la prendre, et mettre à sacqueman? Je ne les ai pas quis ne fait travaillier, ne riens esmeu contre eulx de novel ; mes eulx sont venus en mondespit prendre ung gentilhomme en mon pays de Lucembourg, et Tout mis en torture piteusement. Et depuis à tort à mort, et sans cause. Et d'abondant , pour me cuidier espoenter en mon entrée , pensons tout avoir d'avantage , sont venus prendre ceste ville*, tendans, ce me doute bien, à plus grand fin, et laquelle ils ront quise; et sçai bien à qui et à qui. Pour toutes conclusions, beau cousin : à qui il desplalt, si le tourne comme il Tentend ; mes je morrai en Tenlreprise, ou je les aray au fouet de leur extrême perdicion et ruyne , ne jamès joie n'arai en cuer jusques je m'en verrai ven{;ié. N'y a ne roy ne empereur pour qui j'en face aultre chose. »
Le connestable toutes fois ,• quelque chose
qu'il eust dit devant, si sravoii-il bien com-
• ment ce duc on foroii ; ol poriant (ornabeau-
cop de ses propres paroles à risées, et
meismes en fit rire le duc qui pour Dieu n'eust
fait en ce cas pour le roy ne que pour le soudan ; aussi la presse n'estoit pas raisonnable ; mes si séoit-il bien au connestable de remonstrer les dangiers qui peuvent cheoir ea guerre , et lesquels nul prince , tant soit grand ne puissant ne fort, ne peut avoir en ses mains pour dire : « De ceci ou de cela je suis asr seur, et ne m'avenra point. »